The Force at work / La Force en action

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Wednesday, May 3, 2017

MONTRÉAL / PERSPECTIVE AUTOCHTONE • Yves Sioui Durand -Page 2

Photo © Lena Ghio, 2017 
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À Montréal, une ville qui est très riche en créativité, il me semble, quelquefois, que les institutions culturelles semblent plus motivées à exprimer ce que l'argent peut procurer comme produit culturel plutôt qu'au sens profond du mot culture. Prenons par exemple la définition d'Edgar Morin : La culture, c’est ce qui relie les savoirs et les féconde. À mon avis, Montréal est faible en ce sens surtout si on pense à la production foisonnante des artistes autochtones qui tentent de rétablir un grand peuple qui a subi des injustices et des crimes indescriptibles. 

Je continue le brilliant récit d' Yves Sioui Duranddirecteur artistique d’Ondinnok et récipiendaire du Prix du gouverneur général pour les arts du spectacle 2017 dans la catégorie théâtre:
Hochelaga 

« Ceux qui étaient de la fameuse bourgade d'Hochelaga, ou leurs ancêtres à l'époque de Jacques Cartier, venaient possiblement d'une des nations iroquoienne qui est devenue membre de la confédération Huronne-Wendat par la suite. Ils auraient migré vers l'Ontario, ils seraient venu rejoindre la confédération Huronne-Wendat. On les appelle les Arendaronons, voilà. De toute façon ce sont des iroquoiens qui sont là mais l'île est partagée en deux. Tout le nord de l'île appartient aux Anishnaabe, Algonquins, qui sont sur le territoire qui vient jusqu'au centre de l'île donc la Rivière des Prairies, la Rivière des Mille Îles, c'est complètement un territoire Algonguin alors que le fleuve, le bas du fleuve, à partir de la montagne on pourrait dire, du centre de l'île pour aller vers le sud, c'est le territoire Iroquoien, et à l'époque de Champlain c'est vraiment les Kanienkehakas, les Mohawks, qui sont les gardiens de la porte de l'est de la confédération Iroquoise, la confédération Haudenosaunee, et eux viennent  par la Rivière Richelieu qui était la Rivière des Iroquois avant qu'elle soit Richelieu, et contrôlait ce territoire. Dans leur souvenance, c'était un territoire qui leur appartenait. Donc ils venaient là, parce que Montréal à l'époque n'a pas de barrage sur les rivières qui se jettent dans le fleuve et c'est le lieu des grandes grandes frayères de poissons. Il y a énormément de poissons autour des îles de Montréal. C'est un lieu qui est chaud. Le maïs pousse bien. Donc beaucoup de peuples viennent se partager les ressources qui sont sur l'île de Montréal. Par exemple nous avons un site archéologique, Pointe-du-Buisson près de l'entrée du fleuve dans le lac Saint-Louis qui constitue une opération continue depuis cinq mille ans déjà.

On arrive à la fondation de Montréal. 1608 c'est Québec qui est le siège de la Nouvelle France. C'est-à-dire que Champlain en tant que Gouverneur militaire contrôle l'entrée du fleuve et la traite des fourrures avec ses alliés et avec les Hurons qui vont devenir les alliés le plus à l'ouest de la Nouvelle France et qui constitue  une nation iroquoienne semi- sédentaire qui  cultive le maïs, assez populeuse qu'à l'époque on parle de 30 à 40 mille personnes. Et qui vont emmener une quantité de fourrures qui est assez impressionnante. On peut dire que Tadoussac était le lieu premier où il y avait une grande production de pelleteries, de fourrures qui venaient par le réseau du lac Saint-Jean, avec toutes les rivières autour qui montaient jusqu'au Cris Tandis que les Hurons eux ont accès à tous les peuples Algonquins qui sont au Nord du lac Huron et du lac Supérieur et lac Nipissing et tout ça. Donc ils emmènent chaque année de 200 à 300 canoes de fourrures qui descendent à Québec. Quand on parle de profits, la quantité de fourrures qui sort, dans ces années-là, on parle de 1620 jusqu'à 1642, dans la grosse période de production sortie de la traite. Donc la fondation de Montréal n'est pas désintéressée. Trois-Rivières était aussi un poste secondaire. Donc Tadoussac, Québec, Trois-Rivières et Montréal qui se fait fonder en 1642 parce qu'il y a des intérêts.

Là on en arrive au pourquoi. Il faut s'intéresser à ce qui se passait en France dans à cette époque-là. On en arrive à comprendre comment le projet de Montréal s'est mis en place.  C'est-à-dire, il y a des intérêts commerciaux qui sont évidents. La fourrure en étant un parce que les Hurons qui descendent chaque année avec 200 canoes passent à travers les rivières. Soit qu'ils descendent les rapides de Lachine, soit
Jérôme Le Royer de la Dauversière
qu'ils vont prendre la Rivière Des Prairies parce qu'ils viennent par l'Outaouais et veulent éviter le Mohawks 
Kanienkehakas qui vont essayer de contrôler le trafic de la fourrure sur le fleuve Saint-Laurent parce qu'ils estiment être les gardiens de ce passage-là et de cette terre-là. Donc en 1642, ce qui arrive, un petit peu avant, il y a du monde en Europe, entre autre Jérôme Le Royer de La Dauversière, qui commence à penser à l'idée que ça serait bien qu'il y ait un poste à Montréal, sur l'île qui dame un peu le pion à Québec parce qu'à l'époque la Nouvelle France n'est pas quelque chose qui est consolidé. Il y a le gouvernement de Québec, il y a celui de Trois-Rivières, et il y aura celui de Montréal. Il y aura trois gouverneurs. Donc il y a une compétition pas seulement commerciale; il y a une compétition religieuse puisque  l'idée de Notre-Dame de Montréal, de Ville-Marie, va prendre forme autour de gens qui sont des religieux, qui baignent dans la religion, des gens qui sont capable de rentrer dans la sphère du grand cardinal qui gère toute l'économie de l'époque après les grands monopoles qui étaient accordés par le roi.

Richelieu qui devient un grand seigneur, à la fois militaire, à la fois commercial et religieux, gère les affaires du roi et va démanteler les monopoles pour établir la Compagnie des Cent-Associés.
Armand Jean du Plessis de Richelieu
dit Cardinal de Richelieu
Au sein de la Compagnie des Cent-Associés, Monsieur de la Dauversière va s'adresser à quelqu'un qui s'appèle Pierre Séguier, qui est un grand chancelier, et ils vont, à travers des personnes influentes, influencer Richelieu et obtenir, avec un curé qui s'appelle l'abbé Jean-Jacques Olier qui va devenir le fondateur des prêtres du Saint-Sulpice. Donc les Sulpiciens ont Chomedy de Maisoneuve comme gouverneur. Richelieu et les Cent-Associés vont monter une affaire pour fonder Ville-Marie sur l'île de Montréal et tout ça abriller dans la religion. L'idée principale c'est de convertir les sauvages, mais la réalité sous-jacente c'est de mettre un pied au Québec et établir un poste de traite, un contrôle à Montréal sur l'île de telle façon à ce qu'on intercepte le plus de fourrures possible et que le profit, parce que là en France il y a différents associés qui compétitionnent les uns avec les autres au sein des Cent-Associés pour aller chercher le plus grand profit possible. Le grand historien Denis Delâge  a écrit un livre qui s'appèle Le Pays Renversé et qui met en scène toute cette période. »

En prenant une bonne bière sur une belle terrasse Montréalaise durant l'été de ce 375e, ça vaut la peine de réfléchir à nos origines alors que des millions de dollars dépenser en "culture" n'évoquent pourtant pas notre vraie histoire. 

La suite bientôt...

PRINTEMPS AUTOCHTONE D'ART 3


Gauche Carla Hemlock et Babe Hemlock avec des détails de leur travail renversant. Photos © Lena Ghio, 2017
Tehatikonhsatatie : Pour celles et ceux qui nous suivront
Exposition de Babe Hemlock et Carla Hemlock
présentée durant le Printemps autochtone d’Art 3,
à la Maison de la culture Frontenac, du 26 avril au 3 juin 2017.

Je me suis rendue à la Maison de la Culture Frontenac pour le vernissage de l'exposition Tehatikonhsatatie : Pour celles et ceux qui nous suivront qui soulignait aussi l'ouverture officielle de PRINTEMPS AUTOCHTONE D'ART 3. L'acceuil était chaleureux et plusieurs artistes étaient présent. Mais parlons du magnifique travail de Babe Hemlock et Carla Hemlock!

Un couple qui travaille ensemble depuis plusieurs décennies, leur oeuvre est reconnu à grande échelle. J'ai pris beaucoup de photos pour tenter d'illustrer la minutie et l'excellence du travail entièrement fait à la main: broderie, perlage, peinture, et même des vidéos. L'exposition est gratuite et je vous promets le ravissement devant la brilliance du travail.


TIC ART TOC 8 @ ASHUKAN


En haut à gauche: Nadine Saint-Louis avec Jérôme Pruneau les deux éditeurs de la 8e édition; en haut à droite: Ka'nahsohon Kevin Deer qui fait les rituels appropriés pour la soirée; en bas à droite une jolie artiste qui m'a permis de la photographier.
Photos © Lena Ghio, 2017
Le lendemain du vernissage, je me suis rendue au lancement de la 8e édition de la revue TicArtTocà l'Espace Culturel Ashukan. C'était magique! Le soleil remplissait l'espace avec l'art et la musique des tambours. 

-LENA GHIO

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