Wednesday, April 2, 2025

HOLA FRIDA @ Cinéma du Musée + Cinéma Beaubien • débute le 4 avril 2025

Bande AnnonceCinéma Beaubien - Cinéma du Musée

ENGLISH translation app left - movie available in English

"Hola Frida" : un voyage lumineux au cœur de l’enfance d’une icône

"Hola Frida", ce long-métrage d'animation délicatement soigné, invite les jeunes spectateurs à pénétrer dans l’univers unique et coloré de Frida Kahlo, bien avant qu'elle ne devienne la légendaire artiste que l’on connaît. Adapté de l’album jeunesse Frida, c’est moi, ce film nous plonge dans l’enfance de la petite Frida, une fillette déjà bouillonnante d'imagination et de curiosité, habitant la vibrante ville de Coyoacán au Mexique.

Ce qui frappe dès les premières images, c’est la beauté visuelle de ce film. Les graphismes soignés, aux teintes chatoyantes, immergent le spectateur dans une atmosphère onirique où l’imaginaire de Frida prend vie. L'animation, légère et fluide, accompagne avec douceur l'éveil de la jeune fille à la vie, tout en abordant les épreuves qui la marqueront, de la poliomyélite à l’accident tragique du bus. Ces événements douloureux sont traités avec une subtilité qui permet aux enfants de comprendre l’idée de résilience sans s’enliser dans la gravité. L’épreuve devient le catalyseur d’une créativité débridée, qui mènera Frida à la peinture, un moyen pour elle de surmonter ses blessures, tant physiques que psychologiques.

Mais au-delà de la tragédie, c’est la joie de vivre de Frida qui éclate à l’écran. Son monde est un lieu de découvertes, où les rires partagés avec sa sœur Cristina et la complicité avec ses parents – notamment son père, un photographe aux rêves fragiles – apportent une touche de tendresse. Les séquences de la Casa Azul, la maison bleue, sont particulièrement émouvantes, témoignant de l’amour et de la chaleur familiale qui ont forgé l'artiste.

Bien que quelques passages puissent paraître un peu convenus, le film parvient à toucher son public, en offrant une approche ludique et pertinente de cette figure emblématique. Un film tendre, à la fois éducatif et inspirant, pour initier les plus jeunes à la puissance de l’imaginaire et à l'idée de persévérance, tout en rendant hommage à l’un des plus grands talents du XXe siècle.

Réalisation de Karine Veezina et André Kadi ; textes de Sophie Faucher et illustrations de Cara Carmina

LENA GHIO   

THE SPOILS @ Cinéma du Musée • 06 + 08 + 10 / 04 / 2025

Director Jamie Kastner and Executive Director of the Max Stern Foundation Clarence Epstein presenting their insightful documentary. TRAILER
PHOTO © LENA GHIO 2025

FRANÇAIS app de traduction à gauche. Le film est diffusé avec sous tritre en français

Portrait of the Artist's Children (1830)
by Wilhelm von Schadow

Uncovering the Legacy of Max Stern: Art, Exile, and the Battle for Restitution

The story of Max Stern is a deeply moving chapter in the history of art, tragedy, and resilience. A Jewish art dealer from Düsseldorf, Stern’s life was irrevocably altered by the horrors of Nazi Germany and the destruction it wrought on the Jewish people and their cultural heritage. In the early years of World War II, Stern was forced to flee his home country, leaving behind his family’s esteemed art gallery, Galerie Stern, and a significant collection of artworks. This tragic exile set in motion a journey that would span decades, leading to the eventual recovery of some of the stolen treasures and the creation of the Max Stern Art Restitution Project.

A new film chronicles Stern’s story, focusing particularly on the attempts to recover the artworks looted by the Nazis from his gallery. One of the most poignant moments in the film is the 2018 exhibition in honor of Max Stern at the Düsseldorf City Museum. Initially scheduled to open in 2018, the exhibition faced a three-year delay due to ongoing discussions over the restitution of looted works. This delay highlights the contentious nature of these restitutions, which have sparked fierce debates. In the film, there are moments that reveal a shocking contempt for the Canadian experts involved in the restitution project, raising questions about the cultural and political sensitivities surrounding the return of stolen art. The deep reluctance displayed by some German experts to fully acknowledge the extent of the Nazi thefts further complicates the situation.

One of the central pieces in the film is the painting Portrait of the Artist's Children (1830) by Wilhelm von Schadow. The painting, owned by the Düsseldorf Museum, was part of Stern’s original collection, which was seized by the Nazis in 1937. Through archival film clips, viewers get a glimpse into the nightmare of the period, showing the trauma inflicted not just on Jewish families but also on the cultural legacy of Europe. The painting’s recovery is a testament to the painstaking efforts made by the Max Stern Art Restitution Project, which has been working tirelessly since 2002 to locate and return stolen artworks to their rightful owners or their descendants.

Max Stern's efforts to reclaim his lost collection began in earnest after the war. He was in contact with notable figures, including Canadian Prime Minister Lester B. Pearson, in a bid to retrieve 22 of his paintings. However, Stern's larger collection, which had been forcibly auctioned off by the Nazis, seemed almost impossible to recover. Despite international interest in the restitution of looted artworks, the legal and bureaucratic hurdles often made the process feel insurmountable. Stern, who had kept the Dominion Gallery in Montreal open after his death in 1987, had hoped to recover at least part of his collection, but his death preceded any significant progress.

It wasn’t until 1999, however, that investigators began to piece together Stern's full story. They discovered his connection to Düsseldorf's Galerie Stern and his efforts to regain control of his collection, which had been stolen by the Nazis. Since then, the Max Stern Art Restitution Project, supported by institutions like Concordia University, McGill University, and the Hebrew University of Jerusalem, has worked to identify and return works of art stolen from Stern’s gallery. So far, over 200 paintings have been identified as missing, and more than 30 have been recovered.

The work of the Max Stern Art Restitution Project continues to this day, with the goal of not only returning stolen art but also reinvesting the proceeds of recovered works to support further restitution efforts. 

• The screening of the film on April 6th, followed by a discussion with Director Jamie Kastner, Clarence Epstein of the Max Stern Foundation, and Stéphane Aquin of the Montreal Museum of Fine Arts, offers a powerful reminder of the importance of confronting history. The journey to recover Stern’s legacy is a long and difficult one, but it stands as a testament to the enduring power of art and the necessity of justice in the face of historical wrongs. TICKETS

LENA GHIO   

Max Stern in Germany, c. 1925 • BIOGRAPHY

Friday, March 28, 2025

FIFA 43 en ligne • du 21 mars au 30 mars 2025 • P. 3

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Le film de Nathalie Masduraud et Valérie Urrea, qui retrace le voyage de Simone de Beauvoir aux États-Unis, nous plonge dans une réflexion profonde sur l'héritage de Le Deuxième Sexe. Publié en 1949, cet ouvrage révolutionnaire a secoué les fondements de la société patriarcale en dénonçant la domination masculine et en prônant l'émancipation des femmes. Ce film, à la fois voyage initiatique et exploration intellectuelle, nous invite à revisiter les origines de la pensée féministe contemporaine, tout en interrogeant la pertinence et les limites de l'œuvre de Simone de Beauvoir aujourd'hui.

Simone de Beauvoir, lors de son séjour aux États-Unis en 1947, découvre un monde qui exacerbe les inégalités de genre : l'oppression des femmes, la rigidité des normes sociales et la brutalité d'un Sud ségrégationniste. Ce parcours, fait de rencontres et d'observations, nourrit la rédaction de son essai monumental. "On ne naît pas femme, on le devient" : cette phrase, devenue une référence incontestée, a permis de déconstruire les rôles sociaux imposés aux femmes et a ouvert la voie à des théories modernes telles que celles du genre ou de l'écoféminisme.

Cependant, le film ne se contente pas d'explorer l'impact de cette pensée. Il offre également une analyse critique de l'œuvre, en mettant en lumière les points aveugles du Deuxième Sexe grâce aux réflexions de théoriciennes féministes contemporaines comme Judith Butler et Silvia Federici. Celles-ci questionnent les limites de l'approche de Beauvoir, notamment son rapport à la race et à la classe, tout en reconnaissant la force de ses propositions pour transformer les relations de pouvoir entre les sexes.

Ainsi, ce road-trip aux États-Unis devient un lieu de réflexion sur l'évolution des droits des femmes, tout en rappelant l'urgence de continuer à défendre et étendre les acquis face à un contexte politique qui tend à effacer les progrès obtenus. Un film essentiel pour comprendre la pertinence actuelle des idées féministes.

EN SOUVENIR DE NADJA / FROSIA, UNE FEMME LIBRE AU GOULAG

Le film réalisé par Anne Georget nous plonge dans l’horreur du régime communiste du XXe siècle à travers le regard poignant de Frosia, une femme qui a survécu aux terribles goulags de Sibérie. Adaptée du témoignage d’Euphrosinia Kersnovskaïa, une survivante des persécutions staliniennes, cette œuvre se distingue par son audace narrative : une animation documentaire où des dessins émouvants donnent vie à l’histoire de cette héroïne. À travers ses croquis, Frosia nous livre une vision intime de sa souffrance, mais aussi de sa résilience inouïe.

L’histoire de Frosia débute en 1940, dans la Bessarabie, une région de l’Europe de l’Est, alors sous domination soviétique. Propriétaire terrienne, elle voit sa vie basculer avec l’invasion de l’URSS et la répression qui s’ensuit. Condamnée à 18 ans de déportation au cœur des goulags, elle doit faire face à une existence marquée par la douleur, l’humiliation et la privation. Pourtant, dans ce lieu d’inhumanité, sa force intérieure et sa volonté de survivre vont lui permettre de s’accrocher à la vie. À 33 ans, elle parvient à s'évader et, plus tard, à témoigner de son expérience, par le biais d’un art qui devient pour elle une forme de résistance et de mémoire.

Le film d’Anne Georget va au-delà de la simple restitution historique ; il explore l’art de l’animation documentaire, un choix judicieux pour transmettre l’émotion brute du récit de Frosia. En animant ses dessins, l’œuvre offre une immersion visuelle profonde, où la souffrance de cette femme se mêle à une humanité profonde. À travers cette œuvre, le spectateur est non seulement témoin d’un récit de souffrance, mais aussi de courage et de lumière dans l’obscurité.

LENA GHIO   

Wednesday, March 26, 2025

PLURAL 2025 • 11 avril au 13 avril 2025 • Grand Quai du Port de Montréal !

Images gracieuseté de l'AGAC
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Plural au Grand Quai du Port de Montréal. Du 11 au 13 avril prochain, l'événement incontournable des arts visuels ! Cette année, nous célébrons un jalon majeur : les 40 ans de la foire annuelle qui, au fil des décennies, s’est imposée comme un carrefour essentiel de rencontres et de découvertes. Depuis ses débuts, Plural a su tisser des liens entre les artistes, les galéristes, les directeurs de musée et les collectionneurs, créant un espace unique de dialogue et de partage autour de la passion pour l'art. 
Au premier étage du Grand Quai, le public pourra explorer les kiosques de 37 galeries commerciales mettant de l'avant le meilleur de l'art contemporain canadien :
Art Mûr (Montréal)
Blouin Division (Montréal/Toronto
Bradley Ertaskiran (Montréal)
Chiguer art contemporain (Montréal/Québec)
Christie Contemporary (Toronto)
Clint Roenisch (Toronto)
COOPER COLE (Toronto)
Daniel Faria Gallery (Toronto)
de Montigny Contemporary (Ottawa)
Duran Contemporain (Montréal)
Eli Kerr (Montréal)
ELLEPHANT (Montréal)
Equinox Gallery (Vancouver)
Feheley Fine Arts (Toronto)
Franz Kaka (Toronto)
Galerie C.O.A (Montréal)
Galerie Hugues Charbonneau (Montréal)
Galerie Nicolas Robert  (Montréal/Toronto)
 
Galerie Robert Poulin (Montréal)
Galerie Robertson Arès (Montréal)
Galerie Simon Blais (Montréal)
Galeries Roger Bellemare et Christian Lambert (Montréal)
Macaulay + Co. (Vancouver)
McBride Contemporain (Montréal)
Pangée (Montréal)
Patel Brown (Montréal/Toronto)
Patrick Mikhail Gallery (Montréal)
Paul Petro Contemporary Art (Toronto)
Pierre-François Ouellette art contemporain (Montréal)
Slate Fine Art (Regina)
Stephen Bulger Gallery (Toronto)
The Blue Building (Halifax)
TIAN Contemporain (Montréal)
United Contemporary (Toronto)
Wishbone (Montréal)
Yves Laroche Galerie d’art (Montréal)
Zalucky Contemporary (Toronto)
Au deuxième étage, au Pavillon, 7 espaces projet seront investis par des galeries émergentes ou alternatives, chacune présentant le travail d'un·e ou deux artistes :
Atelier-Galerie A. Piroir (Montréal)
Ceremonial / Art (Vancouver)
Collection Art Volte (Montréal)
La Guilde (Montréal)
Plataforma ArtBase (Montréal)
Projet commun (Montréal)
two seven two (Toronto)
Les exposants participants, originaires de sept villes canadiennes, ont été choisis pour leur travail remarquable et leur apport significatif au secteur, représentant le meilleur de l'art contemporain au pays. Le comité de sélection chargé d'évaluer les candidatures était composé des trois professionnelles du milieu des arts visuels : Jessica Bradley (commissaire indépendante et consultante) Florence-Agathe Dubé-Moreau (commissaire indépendante) et Anne-Marie St-Jean Aubre (conservatrice de l'art québécois et canadien contemporain, Musée des beaux-arts de Montréal).

L'AGAC est heureuse d'accueillir pour la première fois les galeries COOPER COLE(Toronto), de Montigny Contemporary (Ottawa) et Wishbone (Montréal), ainsi que les espaces projet Ceremonial / Art (Vancouver), La Guilde (Montréal) et two seven two(Toronto).
Célébrez l’ouverture de la foire Plural lors de notre prestigieuse soirée VIP, organisée au bénéfice de la Fondation AGAC ! Cet événement unique vous permet d'accéder aux œuvres en primeur et de profiter de l'ambiance festive en compagnie des galeristes, des artistes, des collectionneurs et des professionnels du milieu culturel et des affaires.

La billetterie régulière de la foire ouvrira au courant du mois de février. 
Heures d'ouverture

Vendredi 11 avril : 12h - 21h
Samedi 12 avril : 11h - 19h
Dimanche 13 avril : 11h - 18h
Emplacement

Grand Quai du Port de Montréal
200 rue de la Commune O.
Montreal, H2Y 4B2

LE FIFA 43 • PALMARÈS


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• Prix du meilleur court-métrage The Story of Ne Kuko - Festus Toll  

• Mention spéciale Door of No Return - Suzanne Smith & Sylvia Solf  

• Prix du meilleur essai Soundtrack to a Coup d'Etat - Johan Grimonprez  

• Prix du meilleur portrait Michel Gondry Do It Yourself - François Nemeta   

• Prix du jury The Tirana Conspiracy - Manfredi Lucibello  

• Grand Prix Balomania - Sissel Morell-Dargis  

• Prix du meilleur court-métrage canadien ElleX / ElleY - Valeria Galluccio  

• Prix de la meilleure oeuvre canadienne L’Avenir - Emmanuel Schwartz  

• Mention Spéciale So Surreal: Behind the Masks - Neil Diamond & Joanne Robertson 

Vous pouvez voir certains de ces films en ligne jusqu'au 30 mars 2025 • ICI

LENA GHIO   

Sunday, March 23, 2025

FIFA 43 en ligne • du 21 mars au 30 mars 2025 • P. 2

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Welcome to Babel


"Welcome to Babylon" est un film profondément humain et visuellement saisissant, une exploration poignante de l'impact de la Chine de Mao sur la vie de deux artistes chinois émigrés en Australie. James Bradley nous plonge dans l’univers complexe de Jiawei Shen et de sa femme Lan Wang, deux figures artistiques exceptionnelles marquées par la Révolution culturelle et l'ère du communisme. À travers le prisme de leur relation et de la création de l’œuvre monumentale "Welcome to Babylon", le film devient une réflexion intime sur le pouvoir de l’art face à l’oppression et au traumatisme historique.

Ce qui frappe dès le début, c'est la manière dont Bradley met en lumière la résistance silencieuse de Jiawei et Lan, deux artistes dont le passé chinois demeure une ombre indélébile, même dans leur nouvelle vie en Australie. La scène des adolescents envoyés dans des contrées arides, forcés de travailler la terre, est d’une puissance visuelle marquante. On y voit la cruauté d’un régime qui transforme des vies entières en matières premières pour sa vision utopique, tandis que l’atrocité des exécutions publiques, comme celle de la place Tiananmen, résonne à travers le film. Cette mise en scène tragique n’est pas juste un portrait d’un passé lointain, mais une invitation à comprendre la brutalité du communisme au XXe siècle, une époque marquée par des dérives idéologiques aux conséquences dévastatrices.

L’ambition de Jiawei Shen de créer une peinture de 130 mètres carrés retraçant l’histoire du communisme est, au-delà de son aspect artistique, un acte de mémoire et de rédemption. Mais l’équilibre entre l’obsession de l’artiste et le soutien indéfectible de Lan, son épouse, est ce qui donne au film sa profondeur émotionnelle. Bradley filme cette quête avec une sensibilité rare, alternant entre humour surréaliste et moments de pure émotion.

Le film se distingue par sa narration plurielle, son montage intelligent, et une photographie d’une beauté glacée, magnifiquement orchestrée par Peter Coleman. La bande originale de Caitlin Yeo vient parfaire cette atmosphère, amplifiant le poids historique et la tension émotionnelle. "Welcome to Babylon" est une œuvre rare qui réussit à conjuguer histoire, art et drame intime, offrant au spectateur une expérience cinématographique inoubliable.

David Lynch, une énigme à Hollywood


Dans l'ombre des néons crépusculaires, là où le rêve se confond avec la réalité, l'œuvre de David Lynch se révèle comme une sphère mystérieuse et insondable, une invitation constante à la dérive. Stéphane Ghez, en fin connaisseur, s'aventure dans l'univers labyrinthique de ce maître du cinéma, et son documentaire devient une clé, sans jamais prétendre déverrouiller tout le mystère.

David Lynch, visionnaire sans compromis, a forgé une œuvre qui résiste à toute tentative d'analyse facile. De Eraserhead, où l'inconscient explose à la surface du réel, à Twin Peaks, cette série énigmatique qui redéfinit la frontière entre le quotidien et l'imaginaire, il a tracé un sillon audacieux à travers les abîmes de l'âme humaine. Le 21 janvier 2025, il s'éteint, laissant derrière lui une empreinte indélébile dans la culture cinématographique, comme un fantôme errant dans les ruelles de notre inconscient collectif.

À travers ce portrait fascinant, Ghez scrute l'œuvre lynchienne avec une précision presque clinique. Il décode, mais n'explique jamais complètement. Chaque image, chaque silence, chaque frémissement dans l'œuvre de Lynch semble une invitation à s’aventurer plus loin dans cette jungle de rêves déformés et de réalités fragmentées. Mulholland Drive, ce chef-d'œuvre du XXIe siècle, incarne à lui seul cette quête sans fin de sens, où l’illusion devient vérité, et la vérité, illusion.

Lynch n’offre pas des réponses mais des fragments de réflexion, des éclats d’une réalité défigurée. Ghez n’offre pas une analyse, mais une immersion. Il nous plonge dans cet océan de mystère, là où chaque vague nous pousse un peu plus loin, sans jamais parvenir à nous rendre le rivage.

LENA GHIO   

Friday, March 21, 2025

FIFA 43 en ligne • du 21 mars au 30 mars 2025 • P.1

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Boys! Boys! Boys!



Si, comme moi, la vie vous a éloigné des projections en salle, réjouissons-nous : la plateforme en ligne du FIFA 43 est désormais accessible!

Dès que j'ai consulté le programme, j'ai été ébloui par la richesse des choix proposés. J'ai commencé mes visionnements avec le cout métrage Boys! Boys! Boys! de la réalisatrice autrichienne Dina Yanni.

On redécouvre le charme irrésistible d'Elvis Presley, qui a envoûté de nombreuses femmes et séduit tout autant d'hommes. Bien que ce ne fût pas explicitement exprimé, il était de notoriété publique que, avant la légalisation de l'homosexualité, de nombreux films dissimulaient des clins d'œil à une communauté qui vivait alors dans l'ombre. La communauté gay, vivant en marge, savait cependant reconnaître ces indices discrets d'Hollywood.

Le film offre des coupures de films captivantes.

Mon clip favori de la carrière d'Elvis Presley, Jailhouse Rock. Repérez le clin d'oeil!



The Sense of Tuning

La photo que j'ai prise de l'architecte Bijoy Jain
au CCA en 2014

The Sense of Tuning, un film d'Ila Bêka et Louise Lemoine, est un portrait vibratoire de l'architecte Bijoy Jain, qui transcende les frontières de la simple observation pour devenir une expérience immersive. À travers ce film, nous plongeons dans l'âme de Mumbai, une ville palpitante où l'énergie du chaos et la sérénité des rituels se rencontrent, offrant un terreau fertile à la créativité de Bijoy Jain.

Né en Inde, Jain utilise l'architecture pour tisser des liens intimes entre l'homme, la nature et l'espace. Il transforme des lieux confinés en havres de chaleur et de vie, où chaque matériau, chaque geste, est imprégné de sens. Le film nous invite dans les coulisses de son studio, où les artisans travaillent dans une harmonie silencieuse, et nous plonge dans des entrepôts de bois et de métal, témoins de l'alchimie créative de Studio Mumbai. Là, l'architecture devient une danse subtile entre l'esprit et la matière.

Bêka et Lemoine, par leur approche sensorielle, nous montrent comment Jain puise dans les ressources de Mumbai – son bruit, son rythme, son eau qui unit les citoyens – pour nourrir ses projets. Ce film est un hommage à une vision de l'architecture comme une rencontre avec l'essence même de l'environnement. Loin d'une représentation idéalisée, The Sense of Tuning capte la vérité de l'instant présent, où l'architecture se fait sensation, et où l’intuition devient le langage d’un geste créatif unique.

Ce portrait de Bijoy Jain est un témoignage poignant de la puissance de l'architecture en tant que dialogue entre l'homme, la nature et la ville, révélant ainsi une sensibilité qui touche l'essence même de l’espace et de la vie.

L'exposition dont il est sujet dans le film: Bijoy Jain / Studio Mumbai Breath of an Architect

 LENA GHIO