Wednesday, July 22, 2026

LES JARDINS GAMELIN Du 28 mai au 13 septembre 2026

 

Le groupe MARZOS sur la scène des Jardins Gamelin, 2026 © JALQ Photography

Montréal, le 21 juillet 2026 - Depuis 12 saisons, les Jardins Gamelin font rayonner la relève musicale d’ici en lui offrant une vitrine unique au cœur du Quartier des spectacles. Grâce au soutien du Conseil des arts et des lettres du Québec, la programmation de cette édition poursuit cet engagement en mettant de l'avant des artistes locaux et émergents de tous genres. 

 





© Nikamo Production

 

TDH – Concerts à Gamelin, 2 août à 19 h

Tommylee Dauphinais Howard (TDH) est un artiste montréalais aux racines jamaïcaines et innues de Mashteuiatsh. Sa musique fusionne reggae québécois, folk, indie pop et rock dans une démarche portée par l’espoir, la résilience et l’identité.  Il prépare actuellement un nouvel album en français inspiré de son héritage et de son parcours.

Pourquoi on l’aime :

TDH, c’est l’énergie de la jeunesse dans sa forme la plus pure. Ses mélodies accrocheuses nous font automatiquement danser. Impossible de rester assis durant ses performances !



© Hugo Labrecque

 

Emma Beko – Concerts à Gamelin, 14 août, 20 h 30

Artiste montréalaise née à Budapest, Emma Beko crée un univers cinématographique où se rencontrent hip-hop, ambient et poésie contemporaine. Ancienne membre du duo Heartstreets, elle poursuit un parcours solo salué pour son authenticité. Avec son album Cicada, elle explore la mémoire, la vulnérabilité et la connexion humaine à travers des paysages sonores immersifs.

Pourquoi on l’aime : 

Sa musique touche à un sentiment nostalgique, mais nous captive dans le moment présent. Elle a une vulnérabilité 100% assumée qui est inspirante. On apprécie aussi son travail d’exploration musical.




© Charline Clavier

 

Erika Hagen – Concerts à Gamelin, 21 août à 20 h 30

Erika Hagen est le projet musical de l’artiste multidisciplinaire Érika Hagen-Veilleux. Entre indie rock, folk et garage, ses chansons allient irrévérence, tendresse et poésie du quotidien. Lauréate de la troisième bourse Karim-Ouellet, elle présente sur scène un univers vibrant où se rencontrent musique, écriture et mouvement.

Pourquoi on l’aime :

Tantôt fougueuse, tantôt introspective, toujours un brin espiègle. On aime ses textes poétiques qui se mêlent parfaitement à une ambiance grunge.




© Qauffee

 

Irdens Exantus – Concerts à Gamelin, 28 août à 20 h 30

Comédien et artiste multidisciplinaire, Irdens Exantus s’est illustré en terminant deuxième aux Francouvertes 2026. Son projet musical navigue entre trap soul, rap, pop et R&B, porté par des textes sensibles et une interprétation marquante. Sur scène, il déploie un univers à la fois mélancolique et lumineux où chant et rap se répondent naturellement.

Pourquoi on l’aime : 

Il livre ses textes d’émancipation avec une fougue mêlée à tout un éventail d’émotions. Sa musique est immersive et enveloppante, autant dans la musicalité que dans les histoires très personnelles qui se déroulent dans un paysage connu, notre chère Montréal.




© Charlotte Rainville

 

Héron – Concerts à Gamelin, 4 septembre, 20 h 30

Héron est le projet néo-folklorique de l’auteur-compositeur Henri Kinkead. À travers des chansons folks lumineuses, il revisite le patrimoine musical québécois avec une perspective queer et contemporaine. Finaliste des Francouvertes 2023, il propose des textes poétiques et des mélodies inspirées des paysages du Québec. 

Pourquoi on l’aime : 

Des textes réfléchis qui donnent l’impression d’être des contes par leur beauté et leur poésie, mais qui sont très proches de nos préoccupations quotidiennes.


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LES JARDINS GAMELIN

Du 28 mai au 13 septembre 2026
Place Émilie-Gamelin, Quartier des spectacles  

Ouverts tous les jours 

Dimanche : de midi à 20 h

Lundi au mercredi : de midi à 22 h

Jeudi au samedi : de midi à 23 h

Toutes les activités sont gratuites  
Découvrez la programmation : jardinsgamelin.com

SUIVEZ LES JARDINS GAMELIN !  

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instagram.com/gamelin.qds
#jardinsgamelin 

MIGS 2026 • 10-11 Nov 2026 • MONTREAL

 

ENGLISH BELOW

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Tuesday, July 21, 2026

FANTASIA FESTIVAL 2026 2e semaine • 2nd week

FANTASIA FESTIVAL
 ENGLISH FOLLOWS

LA 30e ÉDITION DE FANTASIA SE POURSUIT JUSQU’AU 2 AOÛT

                          

LES FILMS ET ÉVÉNEMENTS PHARES DE LA DEUXIÈME SEMAINE

La 30e édition du Festival international de films Fantasia se poursuit cette semaine et jusqu’au 2 août avec notamment avec la première mondiale du film SOMEONE’S DAUGHTER (v.f. SANS TÉMOIN) de la réalisatrice montréalaise Wiebke von Carolsfeld mettant en vedette Pascale Bussières et François Arnaud, le mardi 21 juillet à 18h30 à l’Auditorium des diplômés de SGWU de Concordia. 

UNE SOIRÉE AVEC DON HERTZFELDMardi 21 juillet à 17h30

Le cinéaste d’animation américain Don Hertzfeldt fêtera ses 50 ans cet été et pour célébrer cet anniversaire, Fantasia lui offre une rétrospective d’une partie de son œuvre abondante. 20 ans d’animation névrosée où règne l’humour tragicomique et absurde de l’un des plus importants créateurs de cinéma d’animation. Pour l’occasion réalisateur recevra également le prix Indie Maverick lors de cette soirée.

SOMEONES DAUGHTER (vf SANS TÉMOIN) de Wiebke von Carolsfeld – Mardi 21 juillet à 18h30
Une avocate de la défense (Pascale Bussières) est abandonnée en forêt avec un homme (François Arnaud) qu’elle a défendu avec succès des années auparavant, alors qu’il était accusé d'agressions sexuelles.
Tapis rouge: Mardi 21 juillet à 17h45 au Théâtre Hall de l’Université Concordia (1455 Boul de Maisonneuve Ouest). Avec la réalisatrice Wiebke von Carolsfeld, l’actrice Pascale Bussières ainsi que de nombreuses personnalités du milieu artistique parmi lesquelles Marie-Claude Barrette, Simon Boulerice, Ima, Tom-Eliot Girard, James Hyndman, Joselito Michaud, Noah Parker, Yanick Truesdale, Marianne Verville, etc… 

LOS VAMPIRES – de Craig Mitchell - Mardi 21 juillet à 21h15
Dans le Hollywood de 1930, un acteur espagnol Henry Ian Cusick, LOST) joue dans la version hispanophone d'un film de vampire. Il est forcé d'imiter son confrère anglophone, et une rivalité se développe entre eux. Un compte-rendu romancé et fantasmagorique de la production du DRACULA de George Melford, sorti en 1931.
En présence du réalisateur Craig Mitchell et de l’actrice Carol Abney

FERINE – de Andrea Corsini – Jeudi 23 juillet à 18h30
Une collectionneuse d’art est submergée par des instincts violents à la suite d’une tragédie. FERINE marque un retour au cinéma d’horreur italien provocateur et stylisé, absent des écrans depuis des années.
En présence du réalisateur Andrea Corsini

GROTESQQQUE – de Atsushi Nishigori – Vendredi 24 juillet à 18h35
Extraterrestres, gyarus, vampires... Les filles passent une soirée GROTESQQQUE. Une fusion pop audacieuse d’imagerie et de sonorités qui crée un monde unique.
En présence du réalisateur Atsushi Nishigori

HOT SPOT – de Agnieszka Smoczynka – Vendredi 24 juillet à 21h30 
Dans une société futuriste où l’I.A. contrôle tout, un meurtre fait l’objet d’une enquête. Un film de science-fiction provocateur de la réalisatrice de THE LURE et FUGUE, mettant en vedette Andrzej Konopka, Noomi Rapace et Reika Kirishima.
En présence de la réalisatrice Agnieszka Smoczynka

DRAG – de Raviv Ullman et Greg Yagolnitzer – Samedi 25 juillet à 16h00
Dans cette hilarante comédie noire produite par Danny DeVito, deux sœurs (Lizzy Caplan et Lucy DeVito) se retrouvent coincées dans une maison isolée lorsque l'une d'elles se fait mal au dos lors d'un cambriolage et que le propriétaire (John Stamos!) revient à l'improviste.
En présence des réalisateurs Raviv Ullman et Greg Yagolnitzer


THE LAST TEMPTATION OF BECKY – de Jenn Wexler – samedi 25 juillet à 21h30
Becky Hooper (Lulu Wilson) est de retour, et cette fois-ci, elle fait partie de la CIA! Accrochez-vous bien et regardez-la réduire le Quatrième Reich en bouillie! Mettant également en vedette Neil Patrick Harris.
En présence de la réalisatrice Jenn Wexler et de l’actrice Lulu Wilson

CLASSE DE MAÎTRE DE LOUISE PORTAL – Dimanche 26 juillet à 16h00
Une discussion sans filtre et un événement unique avec une des plus grandes dames de notre star système québécois.

La 30e édition du Festival international de films Fantasia est présentée par MELS en collaboration avec l’Université Concordia et rendue possible grâce au soutien financier de Téléfilm Canada, de la Société de développement des entreprises culturelles (SODEC), du ministère du Tourisme, du ministère des Affaires municipales et de l’Habitation, de la Ville de Montréal, du Conseil des arts de Montréal, de Tourisme Montréal et de la Guilde canadienne des réalisateurs (GCR).

 

Le festival tient à remercier tous ses partenaires privés, les amis de l’événement, ainsi que les fournisseurs officiels, les salles et tous les cinéastes participants, les agents de vente et les distributeurs pour leur soutien inestimable.

 

Pour plus d’informations et la liste complète des titres annoncés aujourd’hui, visitez www.fantasiafestival.com

 

-30-

 ENGLISH

FANTASIA’S 30TH EDITION RUNS THROUGH AUGUST 2ND 

SECOND WEEK’S LANDMARK FILMS AND EVENTS

The 30th edition of the Fantasia International Film Festival continues with the world premiere of SOMEONE’S DAUGHTER presented by director Wiebke von Carolsfeld and star Pascale Bussière, the film also stars actor François Arnaud (HEATED RIVALRY) at Concordia University’s SGW Alumni Auditorium, alongside numerous industry guests. 

AN EVENING WITH DON HERTZFELDT – Tuesday July 21, 5:30 PM
Don Hertzfeldt turns 50 this summer, and to mark the occasion, a retrospective showcasing a selection of his extensive body of work. Twenty years of neurotic animation, set in a world dominated by the tragicomic and absurd humour of one of the most important figures in the world of animation. For the occasion, the director will also receive Fantasia’s Indie Maverick Award.

SOMEONE’S DAUGHTER – Dir. Wiebke von Carolsfeld – Tuesday July 21, 6:30 PM
Years after defending Paul (François Arnaud, Heated Rivalry) against rape allegations, lawyer Sam (Pascale Bussières) is kidnapped with him by the victim’s father and stranded in the wilderness, forcing her to confront buried truths, justice and survival.
Red Carpet : Tuesday July 21 – 5:45 PM Concordia University Hall Theater (1455 Boul de Maisonneuve Ouest. With Wiebke von Carolsfeld and actress Pascale Bussières.

LOS VAMPIRES – Dir. Craig Mitchell - Tuesday July 21, 9:15 PM
In 1930 Hollywood, a Spanish actor (Henry Ian Cusick) is cast in the night shoot of a vampire film, forced to imitate the English-speaking star (Thomas Kretschmann) who performs the role by day. Rivalry deepens and a series of murders emerge. A fantastical fictionalized account of the making of George Melford’s Spanish DRACULA (1931).
Director Craig Mitchell and cast member Carol Abney in attendance

FERINE – Dir. Andrea Corsini – Thursday July 23, 6:50 PM 
Carolyn Bracken (ODDITY) astonishes as an art collector who becomes overwhelmed by primal, violent instincts following a sudden tragedy. FERINE marks a return to a provocative and breathtakingly stylish form of Italian horror cinema that has been absent from the screen for years, awash in emotion and transgression.
Director Andrea Corsini in attendance

GROTESQQQUE – Dir. Atsushi Nishigori – Friday July 24, 6:35 PM
Aliens, gyarus (gals), vampires… the girls race through a GROTESQQQUE night. A pop and edgy fusion of imagery and sound creates their unique world pulsing at the seams.
Director Atsushi Nishigori in attendance

HOT SPOT – Dir. Agnieszka Smoczynka - Friday July 24, 9:30 PM
A private eye investigates a murder case in a future society ruled by sentient A.I. in this provocative sci-fi/thriller fever dream from the director of THE LURE and FUGUE, starring Andrzej Konopka, Noomi Rapace and Reika Kirishima.
Director Agnieszka Smoczynka in attendance

DRAG – Dir. Raviv Ullman and Greg Yagolnitzer - Saturday July 25, 4:00 PM
Two sisters (Lizzy Caplan and Lucy DeVito) find themselves trapped in a remote house when one of them throws her back out during a robbery attempt and the owner (John Stamos!) unexpectedly returns in this very funny and twisted dark comedy from producer Danny DeVito.
Directors Raviv Ullman and Greg Yagolnitzer in attendance

THE LAST TEMPTATION OF BECKY – Dir. Jenn Wexler – Saturday July 25, 9:30 PM
Becky Hooper (Lulu Wilson) is back, and this time she’s in the CIA! Strap in and watch as she aims to crush the Fourth Reich into a bloody pulp! Also starring Neil Patrick Harris.
Director Jenn Wexler and cast member Lulu Wilson in attendance

MASTERCLASS : LOUISE PORTAL – Sunday July 26, 4:00 PM
An unfiltered discussion and a unique event with one of the greatest ladies of Quebec’s star system.

The 30th edition of the Fantasia International Film Festival will take place in Montréal from July 16th through August 2nd, 2026. It is presented by MELS in collaboration with Concordia University and made possible by the financial support of Telefilm Canada, the Sociétéì de développement des entreprises culturelles (SODEC), the Ministère du Tourisme, the Ministère des Affaires municipales et de l’Habitation, the city of Montréal, the Conseil des arts de Montréal, and Tourisme Montréal.

 

For the complete list of titles, visit www.fantasiafestival.com

Monday, July 20, 2026

FANTASIA FESTIVAL 2026 • JIM QUEEN

FANTASIA FESTIVAL 30

JIM QUEEN 

ENGLISH translation app above

Il y a quelque chose de délicieusement subversif dans un film qui traite l’hétérosexualité non pas comme une norme sociale incontestée, mais comme une contagion absurde. Le postulat ressemble à une immense blague — un virus qui transforme les hommes gays en hétérosexuels — mais Jim Queen, premier long métrage d’animation de Marco Nguyen et Nicolas Athané, comprend que la meilleure satire commence là où la respectabilité s’arrête. Sous ses couleurs pastel, sa bande-son électronique survitaminée et son déluge de blagues salaces se cache l’une des réflexions les plus fines de l’année sur l’identité queer, la communauté, le culte du corps et la résilience.

Pendant longtemps, le cinéma queer s’est vu imposer une mission de représentation. Il devait expliquer, éduquer, rassurer les publics hétérosexuels avant même d’avoir le droit de les divertir. Jim Queen balaie cette attente dès les premières minutes. Le film est résolument gay, non seulement par son sujet, mais aussi par son rythme, son humour et sa sensibilité. Il ne traduit jamais ses références ni ne cherche à adoucir ses provocations. Il suppose simplement que le public suivra.

Cette assurance est profondément libératrice.

Jim Perfect est un influenceur parisien au corps sculpté dont le physique constitue à la fois le métier, la religion et le capital social. Des millions d’abonnés idolâtrent ses abdominaux jusqu’au jour où ceux-ci commencent mystérieusement à disparaître. Le diagnostic tombe : il est atteint de l’Hétérose, un virus dont les symptômes incluent une passion naissante pour le football, une perte d’intérêt pour son apparence… et un désir hétérosexuel.


L’idée est irrésistiblement drôle, non parce qu’elle ridiculise l’hétérosexualité, mais parce qu’elle inverse des décennies d’imaginaire culturel. Combien d’œuvres ont présenté l’homosexualité comme une menace ou une contamination? Ici, l’hétérosexualité devient l’apocalypse. La plaisanterie fonctionne parce que l’Histoire lui donne tout son poids.

Mais le film est bien trop intelligent pour s’en tenir à ce simple renversement.

Le virus dépouille progressivement Jim non seulement de ses muscles, mais aussi de l’identité qu’il avait transformée en marchandise. Ses abonnés disparaissent aussi vite que sa tablette de chocolat. Dans l’économie féroce des réseaux sociaux, sa valeur n’a jamais reposé sur sa personnalité, mais sur son image. L’Hétérose devient alors une métaphore inspirée du vieillissement, de l’obsolescence et de l’impossible perfection exigée par la culture des influenceurs.

La cible satirique la plus mordante n’est d’ailleurs pas la politique conservatrice — même si elle reçoit sa part de flèches — mais le culte du corps au sein de la culture gay masculine. Le numéro musical d’ouverture, où des hommes aux muscles improbables célèbrent protéines, stéroïdes et perfection esthétique comme une liturgie, est hilarant précisément parce qu’il pousse à l’extrême une réalité déjà omniprésente sur Instagram.

Jim est vaniteux, ridicule, parfois insupportable, mais jamais méprisable. Alex Ramires lui prête suffisamment de fragilité pour faire de chaque abdominal perdu une véritable crise existentielle. Son narcissisme amuse autant qu’il attriste, parce qu’il révèle une confusion profonde entre apparence et identité.

À ses côtés, Lucien apporte la dimension émotionnelle du récit. Timide, encore dans le placard et secrètement amoureux de Jim, il semble d’abord sortir d’une comédie romantique classique. Pourtant, son parcours gagne rapidement en profondeur. Sous la domination d’une mère réactionnaire, il incarne une autre réalité de l’expérience queer : l’épuisement de devoir constamment cacher qui l’on est. Son émancipation devient discrètement le cœur du film.

L’une des séquences les plus réussies détourne La Petite Sirène, transformant la chanson d’Ariel en une ode aux sextoys, aux désirs cachés et aux fantasmes adolescents. C’est absurde, irrévérencieux et pourtant profondément sincère dans sa manière d’évoquer la solitude du placard.

Cet équilibre irrigue tout le film.

Les gags fusent à un rythme impressionnant. Certains sont volontairement potaches, d’autres brillamment inventifs. La « Gaystapo », groupe extrémiste décidé à rendre leur « pureté » aux homosexuels contaminés, moque autant les thérapies de conversion que les dérives idéologiques au sein des communautés marginalisées. Les bears deviennent de véritables ours, les soirées chemsex, les drag queens, le cruising ou les fétichistes des baskets sont tous traités avec le même mélange d’affection et d’ironie.

Le scénario évite pourtant l’escalade permanente dans la provocation. L’humour graveleux cohabite avec les jeux de mots, les trouvailles visuelles et une satire politique remarquablement maîtrisée. Même les blagues les plus grossières donnent l’impression d’avoir été construites avec soin plutôt que lancées pour le simple plaisir de choquer.

Surtout, Jim Queen comprend que la satire fonctionne mieux lorsqu’elle n’épargne personne.

La masculinité hétérosexuelle est caricaturée à travers les pavillons de banlieue, l’obsession du sport et la répression émotionnelle. La culture gay reçoit un traitement tout aussi acéré, entre hiérarchies de beauté, exclusion, confiance performative et surveillance permanente du corps. Le film ne frappe jamais vers le bas; il expose les rituels absurdes que toutes les communautés finissent par inventer autour de leur identité.

On pourra regretter que les personnages lesbiens, bisexuels ou transgenres demeurent plus discrets. Le film reste clairement centré sur l’expérience gay masculine. Mais il ne prétend jamais parler au nom de toute la diversité LGBTQ+. Cette spécificité nourrit au contraire une satire plus précise, plus incarnée et souvent plus juste.


La plus belle surprise réside peut-être dans la manière dont le film aborde la fluidité sexuelle. À mesure que l’Hétérose transforme les désirs de Jim, sa relation avec son amie Nina évolue de façon inattendue. Plutôt que de présenter ce changement comme une trahison, le récit envisage avec une véritable générosité émotionnelle que l’identité puisse parfois être moins rigide que les communautés ne l’imaginent. La sexualité demeure essentielle, mais elle n’est jamais une prison.

Visuellement, l’animation privilégie les aplats de couleurs, les contours épais et les néons acidulés. L’esthétique évoque autant le roman graphique que l’illustration numérique et les dessins animés revisités par la culture des nuits queer. Les personnages ressemblent tous à des fantasmes déjà à moitié transformés en caricatures, ce qui renforce la portée satirique du récit.

La musique électronique de Kirosen participe pleinement à cette énergie. Elle ne se contente pas d’accompagner les images : elle transforme les séances de musculation en chorégraphies délirantes et les scènes de club en célébrations euphorisantes de l’existence queer.

Si la narration perd parfois un peu de sa cohésion au fil de sa structure épisodique, son rythme nerveux empêche ces flottements de véritablement peser. Plus important encore, Jim Queen rappelle que le rire possède une valeur politique.

À une époque où les droits LGBTQ+ continuent d’être attaqués dans de nombreux pays, Nguyen et Athané répondent à la panique morale par le camp, à la censure par l’absurde et à la haine par une joie insolente. Le film évoque le sida, les thérapies de conversion, l’homophobie et les discriminations sans jamais laisser ces blessures étouffer le plaisir ou l’irrévérence.

C’est sans doute sa plus grande réussite.

Jim Queen comprend que la résilience queer ne s’est jamais construite uniquement dans la lutte. Elle s’est aussi inventée sur les pistes de danse, dans les blagues obscènes, les costumes extravagants et un optimisme parfois déraisonnable. Toutes les plaisanteries ne font pas mouche, mais rares sont les films d’animation récents qui affichent une imagination aussi libre. Vulgaire sans être creux, sentimental sans sombrer dans le mièvre, politiquement engagé sans devenir moralisateur, Jim Queen rappelle que le camp n’est pas une fuite hors du réel. C’est une autre manière de lui faire face.

Et parfois, le plus puissant des actes de résistance consiste simplement à rire jusqu’à ce que le monde cesse d’être certain de ce qu’il considère comme normal.

Les créateurs.

Je prédis que la représentation du 2 août 2026 sera une fête à ne pas manquer!

REPRÉSENTATION: dim. 02 août 2026 • 21:30 • Auditorium des diplômés de la SGWU (Théâtre Hall)  BILLETS

LENA GHIO   

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