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Thursday, October 29, 2026

CINEMANIA (4 au 15 novembre, 2026) dévoile une 32e édition foisonnante, entre grandes signatures du cinéma francophone et nouvelles voix de la création

Festival de films CINEMANIA
 

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Du 4 au 15 novembre 2026, le Festival de films CINEMANIA investira Montréal avec 138 films, 16 séries et 173 invités internationaux. Pour sa 32e édition, le rendez-vous incontournable du cinéma francophone élargit encore ses horizons, avec la Belgique comme pays à l’honneur, la Martinique à l’honneur régional et le lancement des Journées de la série francophone.

Le Festival de films CINEMANIA a dévoilé la programmation complète de sa 32e édition, qui se tiendra à Montréal du 4 au 15 novembre 2026. Avec 138 films, 16 séries et la présence annoncée de 173 invités internationaux, cette nouvelle édition promet une célébration ambitieuse de la création audiovisuelle francophone, réunissant cinéastes, comédiens, producteurs et passionnés autour d’œuvres singulières et de rencontres privilégiées. Plus de la moitié des séances seront accompagnées par des artistes ou des membres des équipes créatives, confirmant la volonté du festival de favoriser le dialogue entre les œuvres et le public.

Grande nouveauté cette année, les Journées de la série francophone feront leur entrée du 2 au 15 novembre, en prélude aux festivités cinématographiques. Cette initiative, consacrée à un secteur en pleine effervescence, réunira 16 séries québécoises, canadiennes et internationales au fil de 12 séances, ainsi que des rencontres avec plusieurs figures de l’industrie. La programmation sera déployée dans différents lieux culturels montréalais, dont le Monument-National, le Cinéma du Musée, la Cinémathèque québécoise, le Cinéma Beaubien, le Théâtre Outremont et la Place des Arts.

Deux films phares pour ouvrir et refermer le festival

Le coup d’envoi sera donné le mercredi 4 novembre au Monument-National avec PARADIS, premier long métrage de Jérémy Comte, réalisateur notamment connu pour son court métrage Fauve. Présenté en première mondiale à la Berlinale en février dernier, le film met en parallèle les trajectoires de deux adolescents, Kojo, au Ghana, et Tony, au Québec, confrontés à des questionnements familiaux et identitaires. Porté par Joey Boivin-Desmeules, Daniel Atsu Hukporti et Evelyne de la Chenelière, ce récit intime ouvrira la compétition Films du Québec en présence de l’équipe du film.

La clôture aura lieu le samedi 14 novembre avec DE LA COMÉDIE-FRANÇAISE, premier long métrage de Bertrand Usclat et Martin Darondeau, récompensé au Festival de l’Alpe d’Huez. Pauline Clément, Laurent Stocker et Julien Frison y incarnent des versions décalées d’eux-mêmes dans les coulisses d’une représentation théâtrale menacée par une succession d’imprévus. L’actrice principale et scénariste Pauline Clément accompagnera cette soirée de clôture, présentée en association avec Air Canada.

VILLENEUVE : L’ASCENSION D’UNE LÉGENDE

Autre rendez-vous majeur, le gala du lundi 9 novembre mettra en lumière VILLENEUVE : L’ASCENSION D’UNE LÉGENDE, réalisé par Yan Lanouette Turgeon et scénarisé par Daniel Roby et Guillaume Lonergan. Rémi Goulet prête ses traits à Gilles Villeneuve dans ce récit consacré aux débuts du pilote québécois et à son ambition de conquérir le monde de la course automobile. Présentée par Crave et coprésentée avec le Festival de cinéma international en Abitibi-Témiscamingue, la projection se déroulera au Théâtre Maisonneuve de la Place des Arts en présence de l’équipe.

Parmi les autres galas, VIGILANTE, d’Olivier Pairoux, abordera les dérives d’un justicier numérique dans un thriller porté par Eddy de Pretto, tandis que LES RAYONS ET LES OMBRES, de Xavier Giannoli, proposera une plongée dans les ambiguïtés de la collaboration pendant la Seconde Guerre mondiale, avec Jean Dujardin.

DANS GAZA

Une programmation ouverte sur le monde

La compétition internationale Visages de la Francophonie réunira dix longs métrages explorant les réalités politiques, sociales et humaines de différents territoires. Parmi les œuvres sélectionnées figurent À VOIX BASSE de Leyla Bouzid, CONGO BOY de Rafiki Fariala, MARIE-MADELEINE de Gessica Généus et UNE FEMME D’AUJOURD’HUI de Robert Guédiguian. Plusieurs cinéastes accompagneront leur film, donnant au public l’occasion de prolonger les projections par des échanges.

La compétition Films du Québec présentera huit longs métrages, dont PARADIS, VILLENEUVE : L’ASCENSION D’UNE LÉGENDE, CINQUIÈME ACTE d’Ayana O’Shun, IDLING de Théodore Ushev et LABRADOR – AUTOPSIE DU SILENCE de Rodrigue Jean. La sélection documentaire, composée de dix films, abordera notamment la guerre à Gaza dans DANS GAZA, les théories conspirationnistes dans DE SOUCHE, le vieillissement dans VIVRE ENCORE et le dialogue entre musique et nature dans LA BALEINE ET LE MUSICIEN.

Les cinéphiles retrouveront également plusieurs sections thématiques consacrées aux œuvres incontournables de l’année, aux premiers films et aux nouveaux talents, aux grands destins et à la comédie. Parmi les titres attendus figurent LES BRAVES de Lukas Dhont, MÉMOIRE DE FILLE de Judith Godrèche, CHANGER L’EAU DES FLEURS de Jean-Pierre Jeunet et NI VUE, NI CONNUE de Marc Fitoussi. Le jeune public ne sera pas en reste grâce à la section Un vent de jeunesse, qui proposera notamment les films d’animation IN WAVES, JULIÁN et CARMEN, L’OISEAU REBELLE.

IN WAVES

La Belgique et la Martinique à l’honneur

Après la Suisse, la France et le Maroc, CINEMANIA consacrera cette année son volet international à la Belgique francophone. Dix-sept longs métrages de fiction, quatre courts métrages, trois documentaires et une série témoigneront de la diversité d’un cinéma reconnu pour son regard social, son humour et son ouverture aux coproductions internationales. Parmi les œuvres présentées figurent LE FAUX SOIR, LES BARONNES, LES BRAVES et HEYSEL 85. Une importante délégation belge est attendue à Montréal, notamment Son Excellence Élisabeth Degryse, ministre-présidente de la Fédération Wallonie-Bruxelles et de la Communauté française de Belgique.

La Martinique bénéficiera également d’une place privilégiée avec un panorama de six films, dont les documentaires CHALVET, LA CONQUÊTE DE LA DIGNITÉ de Camille Mauduech et AU PIED DU MUR de Lucie Margueritte et Stève Siracuse. Une séance de courts métrages intitulée Récits martiniquais au format court complétera ce regard sur une cinématographie encore trop peu exposée. CINEMANIA Pro accueillera par ailleurs des discussions sur les tournages, la coproduction et la circulation des œuvres dans la Caraïbe francophone.

Des rencontres exceptionnelles et un hommage aux artistes

Au-delà des projections, le festival multipliera les événements spéciaux. Thierry Frémaux, délégué général du Festival de Cannes et directeur de l’Institut Lumière, commentera une sélection de films restaurés des frères Lumière le 10 novembre au Monument-National. Jean-Pierre Jeunet fera l’objet d’une rétrospective comprenant LA CITÉ DES ENFANTS PERDUS et LE FABULEUX DESTIN D’AMÉLIE POULAIN, accompagnée d’une classe de maître le 5 novembre à la Cinémathèque québécoise.

Le festival présentera aussi SCHTROUMPFMANIA, une exposition gratuite consacrée à Peyo et à ses célèbres personnages, ainsi qu’un ciné-concert autour du documentaire EUROPE : LA BATAILLE DES SIÈGES. Une rencontre réunissant Jean Dujardin et Marc Labrèche autour de la comédie au cinéma figure également parmi les temps forts.

Côté distinctions, le CINEMANIA d’honneur 2026 sera remis au comédien québécois Théodore Pellerin, tandis que Sandrine Kiberlain recevra le Prix du rayonnement artistique. Les compétitions seront évaluées par des jurys réunissant des personnalités du cinéma québécois et international, parmi lesquelles Karin Viard et Marc Labrèche, coprésidents du jury Visages de la Francophonie.

Enfin, CINEMANIA Pro reviendra pour une cinquième édition, du 9 au 13 novembre, afin de favoriser les échanges entre professionnels, cinéastes émergents et passionnés. Les deux grandes soirées consacrées aux courts métrages, les 6 et 12 novembre, compléteront cette programmation foisonnante.

Avec cette 32e édition, CINEMANIA confirme sa place de carrefour essentiel du cinéma francophone, où les œuvres dialoguent avec les cultures, les générations et les réalités du monde. Pendant près de deux semaines, Montréal deviendra ainsi un lieu privilégié de découverte, de réflexion et de célébration du septième art.

INFOS CINEMANIA

LENA GHIO   

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MIGS 2026 is coming FAST! ( 10-11 November 2026 )

MIGS INFO

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Level Up Your Business: MIGS 2026 Brings the Global Games Industry to Montréal

With 50%+ year-over-year attendance growth, more than $57 million in reported deal flow, world-class speakers, and MeetToMatch business networking, the Montréal International Game Summit is ready to power up the next level of the gaming industry.

The games industry never stands still. New technologies are rewriting the rules, indie studios are punching above their weight, established franchises are expanding into global entertainment powerhouses, and publishers, investors, developers, and brands are searching for the next big opportunity. In an industry where innovation moves at lightning speed, the right connection can change everything.

That is where the Montréal International Game Summit (MIGS) comes in.

Returning to Montréal's Grand Quay on November 10–11, 2026, MIGS is ready to bring the global games industry together for two action-packed days of networking, knowledge sharing, deal-making, and fresh perspectives on the future of interactive entertainment.

Canada's largest and longest-running B2B video game industry event is more than a place to talk shop. It's where ambitious studios meet potential publishing partners, service providers connect with development teams, investors discover new opportunities, and industry leaders explore what's next for the business of games.

And if last year's numbers are anything to go by, the momentum is only getting stronger.



The Industry Is Leveling Up—and MIGS Is Growing With It

MIGS made a serious power move in 2025, welcoming more than 1,750 attendees, up from 1,100 in 2024. That's growth of nearly 60% in just one year, with more than 650 companies represented across 29 countries. International attendance topped 250, and 59% of attendees held management-level positions or above.

The business impact was just as exciting: last year's MIGS community reported more than $57 million in deal flow.

These aren't just impressive stats. They're a snapshot of an industry actively building relationships, exploring new markets, and turning conversations into commercial opportunities.

Hosted by La Guilde du jeu vidéo du Québec and produced by XP Gaming, MIGS creates a powerful meeting point between Montréal's thriving game development ecosystem, the broader North American market, and the international companies looking to break into new territories.

Whether you're an indie developer chasing your publishing breakthrough, an established studio looking for your next co-development partner, or a business leader scouting emerging markets, MIGS puts the people, ideas, and opportunities you need within reach.


MeetToMatch Is Open: Time to Build Your Next Big Connection

Great games are built by great teams. Great businesses are built on great relationships.

That's why MeetToMatch is now open for VIP and Business Pass holders. Your MeetToMatch invitation should be waiting in your inbox, giving you the green light to start booking meetings ahead of MIGS 2026.

Don't leave your networking to chance. Get your calendar ready, identify the publishers and partners you want to meet, and start turning your event goals into a game plan.

Looking for a publishing deal? Need an external development partner to help bring your next project across the finish line? Exploring investment, technology partnerships, distribution, or international expansion? The right meeting could unlock a new level of growth.

MIGS brings the ecosystem together. MeetToMatch helps you make the most of it.

Your next big opportunity could be one meeting away.

The Business of Games Has Entered a New Era

The modern games business extends far beyond development and distribution. Today's studios and publishers operate in a connected ecosystem shaped by intellectual property, technology, external development, investment, audience engagement, and cross-industry collaboration. A successful game can become a franchise. A passionate community can become a powerful commercial engine. A specialized service provider can help a studio scale faster. And a smart partnership can open doors to entirely new audiences.

MIGS 2026 puts this evolving ecosystem front and centre.

The EXDEV Hub gives external development and co-development companies a dedicated space on the show floor, bringing specialized partners closer to the studios and publishers that need their expertise. The Business Show floor and Business Lounge create room for meaningful conversations, strategic introductions, and the kind of face-to-face connections that can move projects forward. Meanwhile, the Indie Zone and Indie Pitch shine a spotlight on independent creators, connecting fresh ideas and bold creative visions with publishing, investment, and industry support. Because whether you're building a blockbuster, developing a breakout indie hit, or powering the technology behind the next generation of games, there's a place for you in the ecosystem.

Mobile, AI, and the Next Wave of Innovation

What's the next big shift in gaming? How will developers capture attention in an increasingly crowded market? And where will emerging technologies create real business value? MIGS 2026 is bringing these questions to the stage.

The new PG Connects Stage, presented by Pocket Gamer, dedicates a full day to mobile gaming and AI, exploring two forces reshaping how games are created, discovered, monetized, and experienced. From evolving player expectations to new approaches to production and business development, the conversation is about more than chasing trends. It's about understanding where the market is heading and finding practical ways to turn innovation into opportunity.

Big Ideas, Legendary Franchises, and Lessons From the Front Lines

MIGS 2026 also delivers a program packed with insights from studios and creators who know what it takes to build games that resonate around the world. IO Interactive will reveal how its global studio strategy shaped 007 First Light, offering a closer look at the thinking behind bringing an iconic entertainment property into a new gaming experience.

Ghost Ship Games will share lessons from growing Deep Rock Galactic into a global franchise, exploring the journey from a successful game to a lasting presence in players' lives.

Meanwhile, Montréal-based Studio Paralives will unpack the seven-year journey behind Paralives, which sold more than 1.1 million copies in its first two months. It's a compelling look at the dedication, creative vision, and development challenges involved in bringing an ambitious independent project to market. Speakers from Epic Games Store, Behaviour Interactive, Kitfox Games, 11 bit studios, and more will add their perspectives to the conversation. From studio strategy and financing to publishing, market validation, international expansion, and independent development, MIGS is bringing real-world experience to the table.


PGW Business by CMS: Where Gaming Meets the Bigger Business Picture

The business of gaming is expanding—and the opportunities are bigger than ever.

PGW Business by CMS returns October 22–23, bringing publishers, investors, and industry leaders together for two days of high-level networking and strategic dialogue about gaming's evolution into a full-fledged business platform.

This year's program explores four defining themes: 2026: Market Reset, Beyond the Game, Attention to Action, and The Fan Economy.

Together, these themes tackle the forces shaping the industry's next chapter, from financing and intellectual property value to brand partnerships, audience engagement, and new business opportunities across the gaming landscape. It's a conversation about unlocking more value from games, building stronger connections with fans, and discovering how interactive entertainment can create opportunities across industries. With more than $57 million in reported deal flow at last year's MIGS, the potential for meaningful business connections is clear. For companies looking to expand their networks, rethink their strategies, or explore what's next, the opportunity is too big to ignore.

Montréal Is Calling. Are You Ready to Play?

The global games industry is evolving fast, and the companies that thrive will be the ones that keep connecting, collaborating, and adapting. MIGS 2026 is your chance to get in the room, meet the people shaping the industry, discover fresh ideas, and build relationships that last long after the show floor closes. Mark your calendar for November 10–11, 2026, at Grand Quay in Montréal. Explore the program, discover participating companies, and secure your pass at migs.biz.

Already registered with a VIP or Business Pass? Check your inbox for your MeetToMatch invitation and start booking meetings now. Bring your ambition, your big ideas, and your next-level business goals. Montréal is ready.

Two days. One global games community. Countless opportunities to level up.

See you at MIGS 2026!

INFO

LENA GHIO   

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Monday, October 26, 2026

Le Fantôme de l’Opéra d'Alexandre Castagnetti au cinéma maintenant

BANDE ANNONCE

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Dans cette relecture contemporaine du mythe de Gaston Leroux, Alexandre Castagnetti déplace le drame du chant vers la danse et fait de l’Opéra Garnier le théâtre d’une passion hantée. Mais si le spectacle trouve, dans ses ultimes minutes, une beauté presque miraculeuse, le film peine à donner une âme à ses ambitions.

Il existe des histoires que le temps ne parvient pas à désenchanter. Le Fantôme de l’Opéra est de celles-là. Depuis que Gaston Leroux a fait surgir, au début du XXe siècle, sa créature des entrailles de l’Opéra Garnier, le mythe n’a cessé de changer de visage, de voix et de corps, comme si aucune incarnation ne pouvait épuiser le mystère de cet homme condamné à vivre derrière un masque. Né d’un roman publié en volume en 1910, après une parution en feuilleton dans Le Gaulois, le récit puise autant dans les terreurs du fantastique que dans les secrets véritables de l’histoire parisienne : les incendies meurtriers des théâtres, les légendes entourant les profondeurs de l’Opéra et la fascination d’un public pour ce qui lui demeure inaccessible. Chez Leroux, le surnaturel n’est jamais tout à fait séparé du réel. Il en est la chambre obscure, le reflet déformé. C’est précisément cette ambiguïté, entre l’effroi et le désir, que la nouvelle adaptation d’Alexandre Castagnetti cherche à retrouver. Elle y parvient par intermittence, avant de se perdre dans ses propres illusions.

Dans cette version contemporaine, le chant cède la place à la danse. Anastasia Marescu, jeune femme qui rêve de faire carrière à Paris, intègre l’Opéra national de Paris et se voit attribuer un rôle dans Orpheus, une œuvre mystérieuse que l’on dit composée par le Fantôme. À mesure que la première approche, les accidents inexpliqués se multiplient et une attirance troublante se noue entre la danseuse et un pianiste énigmatique, tandis que la frontière entre l’expérience artistique et le cauchemar commence à se fissurer. Le déplacement du mythe vers le ballet possède, sur le papier, une réelle pertinence. La danse est un art de la disparition : le corps s’y consume dans l’effort, s’y discipline jusqu’à l’effacement et tente, dans la fugacité d’un geste, d’atteindre une forme d’éternité. Quel meilleur territoire pour un récit hanté par un être que le monde refuse de regarder ? Le problème n’est donc pas d’avoir modernisé Leroux, mais d’avoir parfois confondu modernité et déracinement.

Car le film semble vouloir conserver le prestige de la légende tout en se débarrassant de ce qui la rendait singulière. Là où le roman transformait l’architecture en organisme vivant, Castagnetti privilégie une imagerie léchée, volontiers publicitaire, qui donne aux surfaces une importance disproportionnée par rapport aux êtres. Les couloirs, les miroirs, les visages éclairés avec une précision presque cosmétique composent un univers séduisant, mais étrangement inerte. La photographie de Nicolas Bolduc, dont le travail devrait permettre de faire affleurer l’inquiétante étrangeté derrière la splendeur des lieux, se trouve trop souvent au service d’une beauté préfabriquée. Les images semblent attendre d’être admirées plutôt que de nous entraîner dans leur mystère. On pense à ces publicités de parfum où le désir est partout, sauf dans les personnages : une main effleure une surface, un regard s’attarde, une silhouette traverse un espace monumental, et le film espère que l’accumulation de signes produira l’émotion que le scénario peine à construire.



Cette difficulté se manifeste surtout dans la mise en scène. Les références au cinéma d’horreur italien, aux visions fiévreuses de Dario Argento et aux cauchemars domestiques de Roman Polanski paraissent affleurer sans se fondre dans une véritable pensée du cadre. Le problème n’est pas qu’un cinéaste regarde ailleurs ; toute adaptation est, d’une certaine manière, une conversation avec ses prédécesseurs. Encore faut-il que cette conversation aboutisse à une voix. Ici, les emprunts s’additionnent davantage qu’ils ne se transforment. Les rêves et les hallucinations, qui devraient déstabiliser notre perception de la réalité, ressemblent parfois à des exercices de style détachés de la progression dramatique. Le fantastique devient décoratif, l’angoisse une posture, et l’étrange perd peu à peu sa faculté essentielle : nous faire douter de ce que nous croyions savoir.

L’Opéra, pourtant, aurait dû être le grand personnage du film. Chez Leroux, le bâtiment est un labyrinthe social autant qu’un espace physique : au-dessus, les artistes, les mécènes et les privilégiés ; au-dessous, l’homme invisible qui tire les fils de leur existence. Cette géographie du pouvoir, de l’exclusion et du désir donne au mythe sa profondeur. Dans la version de Castagnetti, le prestige de l’institution demeure, mais son fonctionnement dramatique paraît parfois moins convaincant. Les répétitions, les accidents et l’approche de la première ne produisent pas toujours cette tension cumulative que le cadre théâtral appelle naturellement. La répétition des gestes, en particulier, finit par tourner à vide. Or, au ballet, répéter ne signifie pas simplement recommencer : c’est chercher une précision nouvelle, épuiser un mouvement pour en révéler la vérité cachée. Sans variation ni transformation perceptible, le geste perd sa nécessité et la répétition devient monotonie. Le film donne alors l’impression de reproduire les signes extérieurs du travail artistique sans toujours en faire sentir la violence intime.

Au centre de cet ensemble, Deva Cassel prête ses traits à Anastasia. Sa présence possède une photogénie indéniable, mais la caméra semble parfois davantage fascinée par son apparence que préoccupée par ce qui se joue derrière elle. Une jeune danseuse qui entre dans une institution aussi exigeante devrait être traversée de contradictions : l’ambition et la peur, le désir de plaire et la nécessité de s’affirmer, l’ivresse d’être choisie et la terreur de ne pas être à la hauteur. Le récit initiatique réclame cette métamorphose intérieure. Or Anastasia demeure trop souvent prisonnière d’une fonction narrative : être regardée, être désirée, être menacée. La question n’est pas de lui reprocher de ne pas être déjà l’interprète accomplie que son rôle exige, mais de regretter que le film ne lui offre pas toujours les moyens de devenir cette femme. Romain Duris, dans le rôle de James Figueras, appartient à ce monde d’ambiguïtés où le désir et le secret devraient se confondre ; Julien de Saint Jean, en Ernest Dupré, le Fantôme, hérite quant à lui d’une figure dont le pouvoir repose moins sur son apparence que sur la terreur et la fascination qu’elle suscite.

C’est ici que la modernisation révèle sa contradiction la plus profonde. Le Fantôme n’est pas seulement un homme mystérieux dont il faudrait découvrir l’identité ; il incarne la part inavouable de la création, cette blessure qui transforme le besoin d’être aimé en volonté de possession. Son amour pour Christine, chez Leroux, est indissociable de son exclusion du monde. Il veut être entendu, mais ne supporte pas d’être vu ; il désire la beauté tout en étant convaincu d’en être irrémédiablement exclu. En transposant cette tragédie dans l’univers de la danse contemporaine, le film disposait d’une occasion remarquable d’explorer le corps comme instrument de perfection et comme lieu de souffrance. Il aurait pu interroger le prix de l’excellence, l’effacement de soi, la cruauté d’un art qui exige de ses interprètes qu’ils deviennent presque irréels. Il effleure ces thèmes sans leur donner une véritable architecture émotionnelle. La romance impossible demeure alors plus une promesse qu’une expérience.


Et pourtant, le film finit par trouver ce qu’il cherchait. Ses quinze dernières minutes, consacrées au ballet, opèrent une transformation presque stupéfiante. Soudain, les corps cessent d’être de belles silhouettes disposées dans un cadre et deviennent des forces dramatiques. Le mouvement acquiert une nécessité, les gestes une densité, la musique une fonction que les dialogues et les scènes précédentes n’avaient pas toujours su leur donner. Le spectacle final, d’une beauté saisissante, fait apparaître en creux tout ce qui manquait au reste du film : une pensée visuelle cohérente, une émotion qui ne soit pas soulignée mais incarnée, une manière de raconter par le rythme plutôt que par l’accumulation d’effets. Pendant quelques instants, l’adaptation retrouve le pouvoir du mythe. Elle n’a plus besoin de nous expliquer le mystère : elle nous le fait éprouver.

Cette réussite tardive rend les faiblesses précédentes d’autant plus regrettables. On sort de cette conclusion avec le sentiment d’avoir aperçu un film plus audacieux, plus sensuel et plus troublant que celui qui l’a précédée. La splendeur du ballet ne rachète pas entièrement les hésitations du récit, mais elle révèle ce que l’ensemble aurait pu devenir si la mise en scène avait fait confiance, dès le départ, à la puissance du spectacle vivant. Le budget annoncé de 18,45 millions d’euros et le soin apporté aux costumes, aux décors et aux chorégraphies témoignent d’une ambition réelle ; ils ne peuvent cependant remplacer cette alchimie qui transforme les moyens matériels en vision artistique.


Que penserait Gaston Leroux de cette nouvelle incarnation de son Fantôme ? Sans doute reconnaîtrait-il le pouvoir intact de son décor, cette maison d’art et de privilèges dont les fondations dissimulent les blessures de ceux qu’elle exclut. Peut-être regretterait-il que ses ombres aient été si soigneusement éclairées, que son monstre ait été poli jusqu’à perdre une part de son étrangeté. Mais il aurait aussi de quoi se réjouir : dans les ultimes minutes, la scène retrouve sa capacité à faire coexister le réel et l’impossible, la beauté et la menace, l’amour et la disparition.

Le Fantôme de l’Opéra de Castagnetti n’est donc ni une résurrection pleinement convaincante ni un échec sans appel. C’est un film partagé entre la fascination pour son héritage et la peur de lui ressembler, entre l’envie de réinventer une légende et la tentation de la réduire à ses signes les plus reconnaissables. Son paradoxe est d’avoir voulu arracher le Fantôme à ses origines tout en dépendant de leur pouvoir. La danse, elle, finit par lui rendre ce que le cinéma lui avait trop souvent retiré : une âme. Et l’on quitte l’Opéra avec un regret singulier, presque cruel : celui d’avoir entrevu, au dernier rideau, le film que l’on aurait aimé voir depuis le début.

LENA GHIO   

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Cirque du Soleil’s Finding Utopia • L'Éveil d'Utopia

FINDING UTOPIA / L'Éveil d'Utopia

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With its twenty-first touring production, the Montreal-born circus company returns to the big top with a dream of artistic renewal, a field of impossible harvests, and a timely defense of the creative imagination.

There is something quietly radical about planting a field where a circus ought to be. In Finding Utopia (L’éveil d’Utopia), Cirque du Soleil’s newest touring production, the familiar architecture of spectacle gives way to a more elusive proposition: that art, properly cultivated, can transform the conditions of ordinary life. Scheduled to premiere beneath the company’s blue-and-white big top in Montreal’s Old Port on April 22, 2027, the production arrives after a four-year interval since the debut of Echo, inviting audiences to reconsider what the circus can be when it refuses to repeat itself. Directed by Michel Laprise, the creative force behind Kurios and Ludõ, this twenty-first tent production draws upon surrealism to imagine a world in which poetry takes root, objects defy their purposes, and the unexpected becomes a form of liberation. Its ambitions are aesthetic, certainly, but also pointedly human.

On site to greet journalists with a big friendly smile, Daniel Lamarre Executive Vice Chairman Cirque du Soleil.

The project was announced in the empty corridors of Montreal’s former La Baie department store, a setting whose commercial desolation lent an unintended resonance to the proceedings. The invitation to journalists was disarmingly simple: “Enter the unexpected.” It might have served as a manifesto. Cirque du Soleil has built an international entertainment empire upon the proposition that physical virtuosity can be elevated into theatrical wonder. Yet the machinery of success carries its own hazards. A recognizable visual language can become a formula; astonishment, repeated often enough, can harden into expectation. Laprise’s challenge is therefore not merely to produce another technically accomplished extravaganza. It is to recover the sensation of encountering something that has not yet acquired a name.

“We decided to step outside our habits,” Laprise explained, describing an effort to shake up the very infrastructure of the tent. The distinction matters. Rather than treating the big top as a neutral container for acrobatic feats, the production intends to make its architecture an active participant in the experience. Scenographer Geneviève Lizotte has devised a second interior skin, a suspended canopy that will transform the tent into an apparent outdoor landscape. Spectators will enter to find themselves facing a field, with a small house in the distance and the suggestion of open sky overhead. Fans may even create a breeze that moves through the audience’s hair. The gesture is deceptively simple: before the first acrobat has taken flight, the audience will already have crossed an invisible boundary between the enclosed and the boundless.

The imaginative framework comes from surrealism, the movement whose founding manifesto André Breton published in 1924. As Laprise and his collaborators began developing the production in 2024, the manifesto’s centenary offered a timely point of departure. One sentence, in particular, became a guiding principle: “And upon opening my eyes, I experienced a very powerful impression of never-before-seen things.” The formulation captures surrealism’s enduring wager: that reality is not exhausted by what appears reasonable, useful, or familiar. Born in the aftermath of the First World War and shaped by a broader crisis of confidence in established conventions, surrealism sought to release the imagination from the strictures of ordinary logic. A century later, its invitation to see the world anew feels less like an antiquarian reference than an artistic necessity.

Laprise’s story begins with Marguerite, a forty-six-year-old farmer played by Olga Kozionova, who raises triplets on her own. Her life is contented but increasingly predictable, its rhythms settled into a reassuring repetition. Then, on a day of fierce winds, a band of extravagantly dressed artists arrives from the city. They are, in Laprise’s description, “poetic refugees”: displaced by prohibitively expensive studio rents and by the sense that they no longer have a voice in the cultural landscape. Their arrival unsettles Marguerite’s orderly existence. Discovering the fertility of her land, they begin to cultivate not simply crops but objects, poems, and improbable ideas. The farm becomes a place where the material and the impossible coexist, and where the act of making something new becomes a collective form of renewal.

From left to right Creative Director Julie Castonguay, Writer and Director Michel Laprise and Marguerite performer  Olga Kozionova

The premise carries an unmistakable autobiographical echo. Before Cirque du Soleil became a global entertainment institution, its founders and performers belonged to a more precarious world of street performance, where ingenuity and artistic conviction mattered more than corporate scale. The company’s origins in Baie-Saint-Paul, Quebec, are woven into the production’s mythology of outsiders who arrive with little security but an abundance of invention. Marguerite’s farm becomes a metaphor for the conditions that allow creativity to flourish: space, hospitality, risk, and the freedom to experiment without knowing precisely what the experiment will yield. The parallel is especially striking because the artists in the story are not presented as saviors. They are disruptive guests, people whose presence changes the atmosphere of a place before anyone can predict what will grow there.

“It’s difficult for artists right now,” Laprise said. “We want to make a show in which art is placed front and center.” The statement gives Finding Utopia a political dimension without reducing it to an argument. The rising cost of creative space, the precariousness of artistic livelihoods, and the diminishing sense that culture belongs to everyone form the production’s contemporary subtext. Yet Laprise’s response is not a documentary inventory of hardship. Instead, he proposes an imaginative counterworld in which those pushed to the margins become the agents of transformation. The farm offers an alternative to a city organized around scarcity, a place where value is measured not by the price of a studio but by the fertility of an idea. Utopia, in this conception, is not an unreachable perfection. It is the possibility of arranging the world differently.

That possibility will be expressed through an elaborate theatrical ecosystem. Approximately 800 stalks of wheat, each individually controlled, will populate the stage, while five trapdoors in the floor will allow objects to emerge as if summoned by the earth itself. Acrobatic sequences will unfold not only on the stage but among the audience and along the tent’s masts, dissolving the conventional distance between performer and spectator. One proposed apparatus is a suspended platform capable of moving both vertically and horizontally while supporting a contortion sequence. Such engineering is characteristic of Cirque du Soleil at its most inventive: technology does not merely facilitate the feat but changes the terms of what a human body can accomplish. In Finding Utopia, however, the apparatuses are intended to feel less like demonstrations of mechanical ingenuity than extensions of the landscape’s unruly imagination. The acrobatics emerge like seedlings, each act a new form of life breaking through the ground.

I love seeing the creative process at work! Here are a few designs of what will come to life in Montreal starting April 22, 2027! One of the show’s unique features will be a set of triplets from China performing together.

Music will provide another source of instability. Composer and musical director Antoine Seychal, a French-born artist now based in Montreal, has developed a score that moves between pop and atmospheric textures, sometimes combining as many as four stylistic influences within a single piece. Laprise praises a musical language that does not apologize for its presence or ask permission to exist. He also evokes the energy of Cirque du Soleil’s earliest years, when the company’s identity was still being invented. The aspiration is not to reproduce the sound of 1984, but to retrieve its appetite for risk. Alongside Lizotte and Seychal, lighting designer Martin Labrecque and clown-sequence designer David-Alexandre Després contribute to a largely Quebec-based creative team. Their collaboration suggests a production concerned not simply with assembling individual attractions but with constructing a coherent, living world.

Whether Finding Utopia can sustain its promise will ultimately depend on the delicate relationship between concept and execution. Surrealism is easy to imitate at the level of imagery: a distorted object, an impossible juxtaposition, a landscape suspended between dream and reality. Its deeper challenge is to alter perception, to make the familiar strange without rendering it meaningless. The most persuasive version of this production would allow its wheat field, its displaced artists, its musical collisions, and its aerial feats to belong to a single imaginative logic. The spectacle would then achieve something more difficult than surprise. It would make surprise feel necessary.

After its Montreal engagement, scheduled to run from April 22 through August 22, 2027, the production will move to Gatineau’s Place des Festivals Zibi from September 5 through October 17, before embarking on an international tour. But its larger destination is less geographical than philosophical. In asking audiences to fall in love with the big top again, Laprise is also asking what makes live performance indispensable in an age saturated with reproducible images and algorithmically anticipated pleasures. The answer may lie in the peculiar vulnerability of the theatrical encounter: bodies risking the impossible in real time, artists making something that exists only because others have gathered to witness it.

A field of wheat cannot promise utopia. Neither can a circus, however ingenious its machinery or astonishing its performers. What it can offer is a rehearsal for another way of seeing: a temporary world in which the displaced are welcomed, the ordinary becomes fertile, and the imagination is granted room to grow. If Finding Utopia fulfills its ambitions, its greatest trick will not be making objects appear from beneath the stage. It will be persuading us that the world above it has never been as fixed as we thought.

LENA GHIO   

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Photos © Lena Ghio, 2026

The adorable Marguerite played by Olga Kozionova