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Cinquante ans après les Jeux olympiques de 1976, Montréal s’apprête à célébrer l’un des événements les plus marquants de son histoire avec une programmation ambitieuse, festive et accessible à tous. Dévoilée conjointement par la Ville de Montréal, le Parc olympique, la Société du parc Jean-Drapeau et le Comité olympique canadien, cette série d’activités mettra en valeur l’héritage sportif, culturel et humain laissé par les Jeux qui ont transformé la métropole.
Tout au long de l’été 2026, les Montréalais pourront participer à des expositions, spectacles, événements sportifs et expériences immersives majoritairement gratuites. Parmi les moments phares, le parc Jean-Drapeau ouvrira exceptionnellement le Bassin olympique le 4 juillet pour une journée familiale réunissant initiations sportives, rencontres avec des athlètes olympiques et prestations musicales du Urban Science Brass Band et de Qualité Motel.
Le 1er août, soit exactement 50 ans après la cérémonie de clôture des Jeux, un grand spectacle gratuit prendra place sur l’Esplanade du Parc olympique. Produit par Multicolore, l’événement rendra hommage à l’héritage olympique montréalais avec la participation du rappeur Loud, qui interprétera la chanson officielle des célébrations, réalisée avec le producteur Ruffsound. La légendaire gymnaste roumaine Nadia Comaneci sera également honorée pour son impact historique aux Jeux de Montréal.
Les célébrations incluront aussi des projections de cinéma flottant, des expositions historiques, des parcours interactifs au parc Jean-Drapeau ainsi qu’une exposition permanente dans la Rotonde du Stade olympique. Plusieurs compétitions sportives majeures, dont les Essais canadiens de natation Bell et la Coupe du monde de canoë de vitesse, viendront rappeler l’importance du legs olympique dans le développement du sport canadien.
Au-delà de la nostalgie, cette programmation vise surtout à reconnecter les nouvelles générations avec un héritage longtemps éclipsé par les débats entourant les coûts du Stade olympique. Montréal souhaite désormais réaffirmer son identité de grande ville sportive tournée vers l’avenir.
INFOS : montrealolympique.ca
| Dernier hommage a Mme Béatrice Picard, une comédienne bienaimée. |
Le 4 mai 2026, la scène du Théâtre Duceppe s’est illuminée d’émotion pour rendre hommage à Madame Béatrice Picard, immense comédienne disparue en décembre 2025 à l’âge de 96 ans. Entourée, dans les souvenirs, de collègues, d’amis et d’admirateurs, elle a été célébrée pour une carrière exceptionnelle qui a profondément marqué le théâtre et la culture québécoise. Animée par David Laurin et Jean‑Simon Traversy, cette soirée a réuni des témoignages touchants de Gilles Duceppe, Simon Boulerice et Marie‑Josée Longchamps, accompagnés au piano par Philippe Prud’homme. Son engagement envers Les Petits Frères demeurera également un précieux héritage de générosité et d’humanité.
| La distribution complète de l'opéra Carmen ce 5 mai 2026 |
La mise en scène d’Anna Theodosakis évite les relectures tapageuses et privilégie une clarté dramatique rare. Les décors modulables de Camellia Koo — un immense mur qui devient tour à tour manufacture, cabaret, montagne et arène — servent efficacement le récit. Le dernier acte impressionne particulièrement : tandis qu’Escamillo triomphe dans l’arène, Carmen et Don José s’affrontent dans le callejón, ce corridor étroit où l’intime se fracasse contre le spectacle public. Theodosakis dirige les scènes de foule avec une précision chorégraphique remarquable.
Rihab Chaieb possède toutes les qualités vocales du rôle-titre : une voix chaude, souple et veloutée. Pourtant, son incarnation déconcerte. Sa Carmen, intériorisée et presque ordinaire, refuse la flamboyance habituelle du personnage. Le choix est intéressant, mais prive parfois l’œuvre de son moteur dramatique : pourquoi Don José se perdrait-il pour cette femme ? À cela s’ajoute une diction française parfois floue, qui affaiblit sa présence scénique.
La véritable révélation de la soirée est Arturo Chacón-Cruz. Le ténor mexicain compose un Don José habité, fébrile, déjà brisé avant même sa chute. Si certains aigus manquent de finesse, la voix possède un métal sombre et une intensité dramatique qui captivent. À plusieurs reprises, il vole la vedette à Carmen.
Magali Simard-Galdès apporte à Micaëla une fraîcheur touchante, tandis qu’Ethan Vincent impose un Escamillo solide et charismatique. Dans la fosse, Jean-Marie Zeitouni dirige l’Orchestre Métropolitain avec énergie et rigueur.
Sans révolutionner Carmen, cette production rappelle avec intelligence que l’opéra de Bizet est moins le portrait d’une femme fatale que celui d’un homme incapable de supporter la liberté d’autrui. Hélas, il n'y avait que quelques représentations cette année.
Le 4 mai dernier, l’Université Concordia a franchi une étape marquante de son histoire en inaugurant officiellement sa nouvelle École des arts vivants au Salon urbain de la Place des Arts. Plus qu’un simple lancement institutionnel, cette soirée a incarné une vision ambitieuse de l’avenir de la création artistique : un avenir où les disciplines dialoguent librement, où les frontières s’effacent et où l’innovation naît de la rencontre entre les talents.
Première structure interdisciplinaire du genre au Québec, l’École des arts vivants réunit la danse contemporaine, la musique et le théâtre sous une même bannière. Cette initiative audacieuse confirme le rôle de chef de file de Concordia dans l’enseignement des arts contemporains et dans le développement de la recherche-création. Ancrée au cœur du vibrant écosystème culturel montréalais, l’école se veut un véritable laboratoire d’expérimentation, d’échange et de collaboration.
| I shared a moment with visual artist Eva Trudeau. |
La présence de Dawn Tyler Watson, diplômée de Concordia et lauréate d’un prix Juno, a également donné une dimension inspirante à l’événement. Son parcours international rappelle que la formation artistique peut devenir un puissant tremplin vers une carrière influente et engagée.
Avec cette nouvelle école, Concordia affirme une conviction essentielle : les arts vivants sont des moteurs de transformation sociale, culturelle et humaine. En misant sur la collaboration, l’audace et l’ouverture, l’Université contribue à façonner un paysage artistique montréalais plus dynamique, inclusif et résolument tourné vers l’avenir.
INFOS: École des arts vivants
| Normand D’Amour en Quichotte |
Au TNM, Quichotte débarque comme un grand coup de vent théâtral : flamboyant, musical et complètement démesuré. Rébecca Déraspe et Frédéric Bélanger revisitent le classique de Cervantès en l’installant dans un cabaret berlinois de la fin des années 1930, en pleine guerre civile espagnole. Le résultat ? Un spectacle visuellement éblouissant, entre Broadway, cirque et théâtre politique.
Dès l’ouverture, on est happé par les lumières somptueuses, les costumes extravagants et une mise en scène qui ne manque jamais d’audace. Ça chante, ça danse, ça déborde d’énergie. Mais derrière le spectacle, le propos sur la littérature, les rêves et la résistance reste parfois un peu flou. La guerre gronde en arrière-plan sans jamais vraiment prendre toute sa place.
Heureusement, la distribution tient solidement la baraque. Normand D’Amour livre un Quichotte émouvant, habité, profondément humain. Benoit McGinnis, en Sancho, apporte humour et tendresse avec un charme irrésistible. Et Debbie Lynch-White électrise la scène dès qu’elle apparaît.
Ce n’est pas une adaptation sage ni classique. C’est un Quichotte éclaté, baroque, parfois inégal — mais porté par une vraie fougue. Et le public du TNM lui a réservé une ovation bien sentie. Jusqu'au 6 juin 2026.
INFOS: TNM
| La distribution de Quichotte |
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Photos © Lena Ghio, 2026