Wednesday, October 7, 2026

Massimadi Festival 18 • Oct 15 – Nov 8, 2026

 

Massimadi Festival 18
"Vivid Memories" and World Exclusives to Celebrate Afro-Queer and Two-Spirit Indigenous Voices

Over 10 World, Canadian & Quebec Premieres, Indigenous Two-Spirit Cinema Focus, Drag Show, Exhibition, and More at the 18th Edition of Canada's Only Annual Afro LGBTQ+ Film & Arts Festival

In-Person In Montreal & Online Internationally


Oct 15 – Nov 8, 2026

Montreal, October 7, 2026 - The Massimadi Festival is back for its 18th edition, running from October 15 to November 8, 2026, under the theme of Vivid Memories (Mémoires vives). A cornerstone of the Montreal cultural scene, this year’s festival features over 40 films across seven thematic blocks and a selection of premieres that proudly and powerfully amplify Black, Indigenous, and Queer voices.

This 18th edition explores the strength of chosen families, the resilience of Indigenous and Two-Spirit peoples, the histories of Black and Queer struggles, and dedicated segments highlighting the realities of Afro-Queer communities from the Antilles and the Guianas. 


EXCEPTIONAL PREMIERES TO AMPLIFY QUEER VOICES FROM HERE AND ABROAD

This year, the Massimadi Festival offers a dazzling showcase through exclusive events. This ambitious lineup demonstrates the vitality, boldness, and plurality of Black, Indigenous, and Queer storytelling worldwide.


● International Premieres: Cinematic works presented for the very first time on the international and continental stage, featuring the striking films À minuit les enfants s'éteignent and PLENUM. 

● Canadian Premieres: A selection of unprecedented discoveries nationwide, led by the opening film My Gender Is Black (directed by Terry Blade), alongside powerful works such as About Face, Fish & Chips, Irmã, Morning Echo, Murmure(s) : Être au-delà de, River Mamma, Un été bleu, and VOZ, ZOV, VZO. 

● Quebec and Montreal Premieres: Unseen works choosing Montreal and Quebec for their provincial debut, featuring Escorpiônikas-contramanifiesto, POOR, WE CALL IT BALLROOM, and the launch of What Will I Become?. 

A VIBRANT LINEUP CROSSING STAGE AND VISUAL ART

Beyond screenings, the Massimadi Festival establishes itself as a true crossroads for discussion and knowledge-sharing. The event offers workshops and panel discussions, providing privileged spaces to exchange perspectives, delve into the issues facing Black, Indigenous, and Queer communities, and foster collective reflection.

This educational and activist component accompanies a vibrant artistic lineup: the closing screenings will spotlight the theme Celebrating Our Voices, a moment of pure excitement where drag, dance, comedy, and poetry converge on Sunday, October 25th. This day will culminate in a grand drag party held from 8:00 PM to 11:00 PM at DD's Club.

The festival’s artistic program will also be enriched by the group exhibition Le/The Sanctum, hosted at the Maison de la culture de Côte-des-Neiges, with an opening reception on October 22nd. 

THE DIGITAL SHOWCASE: CARRYING AFRO-QUEER AND INDIGENOUS VOICES ACROSS OCEANS

To allow audiences near and far to enjoy the works remotely, the Massimadi Festival is also rolling out an online program available from October 26 until November 8, 2026.

This digital showcase primarily aims to break the geographical isolation of Afro-Queer and Indigenous individuals living in remote regions of Quebec and Canada, offering them direct access to these intimate and activist works.

By expanding this broadcast internationally particularly to Haiti, Côte d'Ivoire, France, Belgium, and the United States the festival builds genuine transatlantic bridges between diasporas, allowing these voices to resonate far beyond major urban centres and Montreal screening rooms. 

 

For full programme, to buy tickets, and more, visit www.massimadi.ca/en

MASSIMADI 18 | IN BRIEF
WHAT?
Massimadi Afro LGBTQ+ Film & Arts Festival

WHEN?
OCT 15 – NOV 8, 2026

WHERE?
Various cultural venues across Montreal
Online at
 www.festivalmassimadi2026.eventive.org/welcome

BOX OFFICE

Opening Night: Free (online booking required)
General admission: $8 + taxes
Day Pass (includes access to panels): $12 + taxes
Online Programme: $20 + taxes
In Person All Access Passport $45 + taxes 
Hybrid Festival Passport (access to in-person & online): $60 + taxes
ABOUT THE MASSIMADI FOUNDATION

The Massimadi Foundation has been promoting the arts and culture of Afro LGBTQ+ communities since 2009. We provide a platform to showcase our communities' artistic creations, addressing our underrepresentation in the dominant cultural sphere. Through cultural mediation, we combat discrimination against Afro LGBTQ+ individuals while supporting their arts and creative expressions. Through art, we fight homophobia, transphobia, and racism, while fostering healing and social progress.
 

www.massimadi.ca/en

Thursday, October 1, 2026

100Phyllis au CCA

 

Phyllis Lambert © Clara Gutsche
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QUI EST PHYLLIS LAMBERT

À 27 ans, en 1954, Phyllis Lambert accomplit un geste qui paraît aujourd’hui presque invraisemblable. Dans une Amérique où les grandes décisions immobilières, financières et architecturales sont encore massivement l’affaire des hommes, une jeune femme issue d’une richissime famille montréalaise décide de dire à son père, Samuel Bronfman, que son futur siège new-yorkais est tout simplement indigne de son ambition.

Seagram prépare alors un gratte-ciel au cœur de Manhattan. Le projet initial est conventionnel, dans l’esprit de l’optimisme corporatif de l’après-guerre : efficace, rentable, monumental. Lambert, qui séjourne à Paris et se passionne pour l’art et l’architecture, reçoit les dessins. Elle les trouve médiocres. Et au lieu de se contenter d’une moue aristocratique ou d’un commentaire mondain, elle prend la plume. Dans une lettre de huit pages datée du 28 juin 1954, elle explique à son père que Seagram a une responsabilité qui dépasse ses intérêts commerciaux. Le bâtiment va modifier Park Avenue, la ville, peut-être même l’histoire de l’architecture. Il faut donc faire mieux.

C’est là que son caractère apparaît : elle ne demande pas la permission d’avoir du goût ; elle transforme son goût en mandat.


Bronfman lui confie alors une tâche extraordinaire : trouver l’architecte. Lambert consulte les grandes figures intellectuelles de New York, dont Lewis Mumford, Alfred Barr et Philip Johnson. Parmi les noms qui émergent se trouve celui d’un architecte allemand installé à Chicago, Ludwig Mies van der Rohe. Lambert le choisit. Le projet change de planète.

Le futur Seagram Building, achevé en 1958, sera une tour de bronze et de verre volontairement reculée de Park Avenue, laissant devant elle une vaste plaza ouverte à la ville. Mies en dessine l’architecture, Philip Johnson collabore au projet, mais Lambert en est la force motrice côté client : elle impose l’ambition, défend la qualité et participe directement à la planification du projet.

Son exploit est d’autant plus saisissant qu’il surgit dans le zeitgeist de l’Amérique des années 1950. C’est l’âge du triomphe industriel, des grandes corporations, des gratte-ciel qui célèbrent la puissance économique et de l’architecture internationale devenue langage officiel de la modernité. Mais c’est aussi une époque où les femmes sont encore largement assignées à des rôles périphériques dans les milieux du pouvoir, de l’architecture et des affaires. Lambert ne se contente pas d’entrer dans cette pièce : elle change le plan de la pièce.


Et surtout, elle ne semble pas avoir cherché à devenir architecte pour construire une carrière personnelle. Elle voulait que quelque chose de juste existe dans la ville. C’est peut-être ce qui rend son intervention si rare : une jeune femme de 27 ans, héritière d’un empire, aurait pu se contenter de bénéficier du monde qui lui était offert. Elle choisit plutôt de contester le projet de son propre père, de convoquer Mies van der Rohe et de contribuer à offrir à New York l’un de ses espaces publics modernes les plus emblématiques.

Le Seagram n’est donc pas seulement l’histoire d’un grand architecte. C’est aussi celle d’une jeune femme qui, en 1954, eut l’audace — et la vision — de dire : non, nous pouvons faire beaucoup mieux.

ELLE N'A PAS CHANGÉ!

À 100 ans, Phyllis Lambert continue de faire ce qu’elle faisait à 27 ans devant le premier projet du Seagram — regarder, questionner, refuser l’évidence et demander : et si on pouvait faire autrement?

Il suffit de regarder ce qui se prépare au CCA pour le comprendre. À l’approche de ses 100 ans, Phyllis Lambert ne se retourne pas sur son œuvre comme on referme un livre. Elle regarde devant. Toujours. Ce qui l’intéresse n’est pas le monument qu’on érige à une vie accomplie, mais la question qui reste ouverte, celle qui oblige à penser encore.

La première exposition à ouvrir dans cette année anniversaire, Neighbours, le 5 novembre 2026, donne déjà le ton. En revisitant la collection de photographies du CCA à travers les communautés, les voisinages et les manières d’habiter, elle déplace le regard : de l’architecture comme objet vers l’architecture comme expérience collective. Qui habite? Qui transforme? Qui est exclu? Pour qui construisons-nous? Ce sont des questions profondément lambertiennes : regarder l’espace, certes, mais surtout regarder la vie qui s’y déroule.


Puis viendra, en janvier 2027, 100Phyllis, une année entière de conversations qui feront circuler cette curiosité entre architecture, logement, patrimoine, environnement, photographie, institutions et ville. Le programme ne cherche pas à momifier une pensée : il veut la mettre au travail.

À propos de demain, présenté du 24 janvier au 28 mars, prolongera cette conversation autour de la photographie, de l’écologie, des institutions, de la ville et de la conservation. LOIS, à partir du 18 mars, s’attaquera à une question que Lambert aurait certainement reconnue comme une question d’architecture au sens le plus large : comment les lois façonnent-elles nos milieux de vie — et comment pourraient-elles devenir des instruments de justice en matière de logement, d’environnement et de société? Sortis du cadre, consacré aux archives de Gillian Hopwood et John Godwin, poursuivra cette volonté de faire surgir des histoires et des pratiques restées trop longtemps à la périphérie du récit architectural.

Même les archives du CCA entreront dans la conversation. Les histoires orales du CCA, prévues en 2027, feront entendre les voix de celles et ceux qui ont construit l’institution au fil des décennies. La collection photographique continuera, elle aussi, à être interrogée par des artistes contemporains, dans un mouvement fidèle à ce que Lambert a toujours défendu : une collection n’est jamais un mausolée. C’est un outil pour regarder autrement.

Et puis il y aura Phyllis elle-même, photographe infatigable. Un documentaire, Lens Junkie, réalisé par Teri Wehn-Damisch, reviendra sur cette pratique qui traverse toute sa vie : l’appareil photographique comme instrument d’attention, presque comme une seconde paire d’yeux. Une nouvelle série de portraits réalisés par Clara Gutsche prolongera ce regard, avec celle qui avait déjà photographié la construction du CCA et les transformations de Milton-Parc.

Enfin, en janvier 2027, ses mémoires, My First Hundred Years, viendront ajouter sa propre voix à cette histoire. Le titre provisoire a quelque chose de délicieusement provocateur. Mes cent premières années. Comme si cent ans n’étaient pas une conclusion, mais un premier chapitre suffisamment long pour commencer à comprendre ce qui vient ensuite.

C’est peut-être cela, au fond, que célèbre 100Phyllis : non pas seulement un anniversaire, mais une manière d’être au monde.

En 1954, à 27 ans, Phyllis Lambert regardait les plans du futur Seagram Building et refusait de se satisfaire de ce qui existait. Soixante-treize ans plus tard, la méthode n’a pas changé. Elle observe. Elle doute. Elle questionne. Elle photographie. Elle rassemble. Elle provoque des rencontres. Et elle demande encore à l’architecture de répondre à quelque chose de plus grand qu’elle-même.


Elle a 100 ans. Elle n’a pas changé.

Et c’est précisément pour cela que le CCA ne lui consacre pas une rétrospective.

Il lui consacre une année de questions.

LENA GHIO   

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photos © Lena Ghio 2026

Saturday, September 26, 2026

Lombardie : l’Italie autrement, entre grands lacs, gastronomie et routes à vélo

Madame Paola Negroni, Directrice générale de Turismo, Marketing Territoriale e Moda de la Lombardie, nous a accueillis à la Tour du Port de Montréal pour nous présenter des projections du territoire et nous faire découvrir les produits de cette région historique.

ENGLISH translation app above / TRADUZIONE IN ITALIANO NELL’APP QUI SOPRA

Par-delà Milan, la Lombardie dévoile une Italie de lacs et de montagnes, de villes d’art et de villages, de grandes tables et de chemins tranquilles. Une destination qui se découvre particulièrement bien à vélo.

Il y a l’Italie que l’on croit connaître. Celle de Rome, de Venise et de Florence, des monuments que l’on reconnaît avant même de les avoir vus et des itinéraires que les voyageurs canadiens empruntent depuis des générations.

Et puis, il y a l’Italie que l’on découvre lorsqu’on accepte de sortir du grand circuit.

Au nord du pays, la Lombardie propose précisément cette autre manière de voyager. Facilement accessible par Milan, la région rassemble dans un même territoire une étonnante diversité de paysages et d’expériences : les élégances architecturales de la capitale lombarde, les villages accrochés aux rives des lacs, les sommets alpins, les vignobles, les villes historiques et une gastronomie qui mérite à elle seule le voyage.

Quand Montréal retrouve son histoire cycliste, en haut à gauche, M. Giuseppe « Pepe » Marinoni, à droite, Francesco Biondi Morra di Belforte directeur général de la Chambre de commerce italienne au Canada.

C’est dans ce contexte que j’ai eu l’occasion d’assister à un cocktail d’honneur où le cyclisme italien et le cyclisme montréalais se sont rencontrés d’une façon particulièrement symbolique. À quelques pas du grand mouvement qui anime actuellement Montréal, une expositionrend hommage à Giuseppe « Pepe » Marinoni, figure incontournable du cyclisme québécois et artisan d’une histoire qui relie directement l’Italie au Québec. Présentée à l’aéroport international Montréal-Trudeau dans le cadre de la célébration de la riche histoire cycliste de Montréal, l’exposition consacrée à Marinoni prend une résonance particulière en cette semaine de Mondiaux. Le programme #YULArt de l’aéroport accueille régulièrement des expositions destinées à faire découvrir la culture et la création aux voyageurs de passage. Marinoni est lui-même un formidable trait d’union entre les deux rives de l’Atlantique.

À l’heure où Montréal accueille les Championnats du monde de cyclisme sur la route 2026, du 20 au 27 septembre, le vélo offre d’ailleurs un angle particulièrement séduisant pour découvrir cette région italienne.

Une région à la mesure du voyageur curieux

La Lombardie ne se résume pas à Milan. Elle s’étend des Alpes à la plaine du Pô et multiplie les paysages.

Il suffit de changer de direction pour passer du lac de Côme au lac d’Iseo, du lac de Garde au lac Majeur, des montagnes de la Valteline aux campagnes de Pavie ou aux plaines agricoles de Mantoue. Entre ces grands espaces se succèdent des villes comme Bergame, Brescia, Crémone, Mantoue, Monza, Pavie et Varèse, chacune portant unepartie différente de l’histoire lombarde.


Châteaux, monastères, basiliques, villas historiques, musées et sites reconnus par l’UNESCO ponctuent le territoire. La Lombardie compte notamment parmi ses trésors les traditions de la lutherie de Crémone, le Sacro Monte de Varèse et les sites liés à la longue histoire industrielle et culturelle de la région.

Cette richesse explique aussi pourquoi la Lombardie se prête si bien au voyage itinérant : on peut y construire un séjour autour de l’art, de la gastronomie, du plein air ou simplement du plaisir de ralentir.


Milan, première étape d’un voyage plus vaste

Milan est souvent associée à la mode, au design et au rythme effervescent des affaires. Pourtant, la capitale lombarde possède une profondeur historique qui dépasse largement les podiums et les vitrines.

Le Duomo domine toujours le centre-ville, tandis que la Galleria Vittorio Emanuele II rappelle la monumentalité de l’Italie du XIXe siècle. Le château des Sforza, les musées, les quartiers historiques et les nouvelles architectures racontent, eux, une ville constamment en transformation. Mais Milan possède un autre visage, particulièrement intéressant pour les cyclistes : celui des canaux.


Depuis l’église San Cristoforo, le Naviglio Grande quitte progressivement
l’univers urbain pour rejoindre les paysages du Tessin. Le parcours permet de
passer, en quelques kilomètres, des terrasses milanaises aux villages et aux campagnes. Le contraste est saisissant. Le même voyageur peut prendre un espresso au cœur de Milan le matin et, quelques heures plus tard, pédaler au bord de l’eau parmi les champs et les petits villages.

Le volet gastronomique a été imaginé par le chef Marco Bertoldini, du restaurant Siamo Noi, situé au Royalmount. Spécialisé dans les pâtes fraîches faites à la main, le chef propose une cuisine où les meilleurs ingrédients d’Italie et d’Europe rencontrent les produits locaux de saison. Un mariage de saveurs, de savoir-faire et de fraîcheur, pensé pour offrir une expérience gastronomique unique, à la croisée de l’Italie et de Montréal.

Cinq façons de découvrir la Lombardie à vélo

Le réseau cyclotouristique lombard offre une grande variété de parcours, dont plusieurs sont adaptés aux sorties en famille. L’office régional du tourisme recense notamment cinq itinéraires accessibles qui suivent rivières, canaux, vignobles et paysages agricoles. 

1. Le Mincio, entre le lac de Garde et Mantoue

La piste cyclable du Mincio, connue comme l’itinéraire Peschiera-Mantoue, constitue l’une des belles introductions au cyclotourisme lombard. Sur environ 43,5 kilomètres, le parcours suit le cours du Mincio dans un environnement où alternent champs, bois et zones humides. Le tracé, largement aménagé pour les cyclistes, descend doucement vers Mantoue. L’arrivée réserve une belle récompense : la ville historique est entourée par les lacs Supérieur, du Milieu et Inférieur. Après avoir pédalé au fil de l’eau, on découvre ainsi une cité dont le paysage semble lui-même avoir été dessiné autour des lacs.

2. Le Naviglio Grande, de Milan vers le Tessin

C’est probablement l’un des parcours les plus faciles à intégrer à un séjour milanais. On part de San Cristoforo, puis le Naviglio accompagne progressivement le cycliste hors de la ville. Après Trezzano, l’environnement devient plus paisible et mène vers Robecco sul Naviglio et le parc du Tessin. L’histoire du canal ajoute une dimension culturelle au parcours : le Naviglio Grande a notamment servi au transport de marchandises et de matériaux provenant de la région des lacs vers Milan, participant à l’approvisionnement nécessaire à la construction du Duomo. Ici, le vélo devient une manière de lire l’histoire de Milan autrement.


3. La Franciacorta, entre vignes et bulles

À l’est de Milan, la Franciacorta offre un autre plaisir : celui de pédaler au cœur d’un territoire viticole. Les collines, les vignobles, les villages et les édifices religieux composent un paysage qui invite naturellement à prendre son temps. Pour une sortie familiale, certains tronçons permettent de rejoindre les environs de Clusane sul Lago et les tourbières du Sebino, où les bois et les étendues d’eau créent une atmosphère presque irréelle. Et après l’effort, vient évidemment l’heure de la dégustation : la Franciacorta est l’un des grands territoires italiens du vin effervescent.

4. La Valteline, avec les Alpes pour décor

La montagne n’est pas réservée aux cyclistes aguerris. Le Sentiero Valtellina suit l’Adda à travers un paysage spectaculaire de vignobles en terrasses, de villages et de sommets. Le parcours relie notamment Bormio, Tirano, Sondrio et Morbegno, avant de rejoindre les paysages du Val Chiavenna. L’un de ses avantages pour les voyageurs qui souhaitent combiner vélo et découverte est la proximité du réseau ferroviaire sur une partie du trajet. On peut donc sélectionner un tronçon correspondant à son niveau et poursuivre autrement. C’est aussi l’occasion de goûter au Bitto, fromage emblématique de la région.

5. Le Naviglio di Bereguardo, entre Pavie et Morimondo

Au sud de Milan, le paysage change encore. Ici, les rivières, les rizières, les canaux et les plaines dominent. Depuis le Ponte Coperto de Pavie, l’itinéraire mène vers Bereguardo avant de rejoindre le Naviglio di Bereguardo. Le parcours est largement plat et permet d’observer un paysage agricole ponctué d’écluses, de ponts et de cours d’eau. L’abbaye de Morimondo, fondée au XIIe siècle, constitue une halte particulièrement évocatrice avant de poursuivre la route. 


Une table qui raconte le territoire

En Lombardie, le vélo n’est jamais très loin d’une bonne table.
La cuisine régionale est généreuse, terrienne et profondément liée aux paysages. Le risotto alla milanese, l’ossobuco, la polenta, les fromages de montagne, les charcuteries et les poissons des lacs composent un répertoire où chaque province possède ses accents.
À Crémone, le torrone rappelle la tradition sucrée de la ville. Mantoue revendique la sbrisolona. Et Milan a donné au monde l’un de ses grands symboles gourmands : le panettone.
Les amateurs de vin trouveront également matière à prolonger le voyage avec la Franciacorta et l’Oltrepò Pavese.
Cette relation entre vélo et gastronomie est peut-être l’une des grandes forces de la destination. En Lombardie, une journée à bicyclette ne conduit pas simplement d’unpoint A à un point B : elle traverse des terroirs.


Les grands lacs, fil bleu de la Lombardie


Puis viennent les lacs.
Le lac de Côme demeure l’image la plus célèbre, avec ses montagnes plongeant vers l’eau, ses villas et ses villages élégants. Mais le voyageur qui prend le temps de regarder au-delà de cette carte postale découvrira également le lac d’Iseo, le lac de Garde, le lac Majeur et une multitude de paysages lacustres moins connus.
À Varèse, surnommée la « ville-jardin », les jardins historiques, le lac et le Sacro Monte composent une escapade particulièrement harmonieuse. À Lecco, les montagnes semblent surgir directement des eaux du lac de Côme.
C’est cette alternance entre eau et relief qui donne à la Lombardie son caractère particulier : quelques dizaines de kilomètres peuvent suffire à transformer complètement le décor.


La Lombardie apparaît comme une destination particulièrement inspirante pour les voyageurs qui aiment associer mouvement, patrimoine et art devivre.
Car c’est peut-être cela, au fond, le véritable luxe d’un voyage en Lombardie : pouvoir commencer la journée devant une œuvre d’architecture exceptionnelle, enfourcher son vélo quelques heures plus tard, longer un canal ou un lac, traverser un vignoble, puis s’attabler devant un risotto accompagné d’un verre de vin local.
La Lombardie ne demande pas nécessairement à être conquise. Elle invite plutôt à être parcourue.

Et pour le voyageur canadien qui connaît déjà les grands classiques de l’Italie, cette région offre une belle occasion de recommencer le voyage — autrement, plus lentement, et parfois avec deux roues sous les pieds.


Pour en savoir plus : https://www.in-lombardia.it/fr 

LENA GHIO   

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