Wednesday, September 9, 2026

La bataille de Gaulle : Liberté — Le désert, la guerre et l’idée d’une France à reconquérir

BANDE ANNONCE

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Il y a quelque chose de profondément paradoxal dans La bataille de Gaulle : Liberté. Pour raconter la naissance militaire de la France libre, Antonin Baudry choisit de filmer un pays qui, au commencement du récit, n’est plus vraiment là. La France a perdu son territoire, son armée s’est effondrée, son gouvernement s’est compromis avec la défaite et, surtout, son avenir semble avoir été confisqué par ceux qui prétendent désormais décider de son sort. Le second volet du diptyque entreprend ainsi une opération presque abstraite : faire du cinéma autour d’une nation avant même que celle-ci ne puisse se reconnaître comme telle. Après Résistance, où dominait le refus solitaire, Liberté s’intéresse à la transformation de ce refus en puissance politique, militaire et symbolique.

Le titre québécois a le mérite de la franchise. Liberté. Un mot immense, presque trop grand pour un film de guerre. Le titre français, J’écris ton nom, emprunté au poème de Paul Éluard, lui donne une profondeur différente : la liberté n’est plus simplement une destination, mais une inscription. Il faut lui donner un nom, une armée, des frontières, des hommes, des alliés et, éventuellement, une victoire. Baudry comprend que cette mutation est en elle-même un formidable sujet de cinéma. Son film n’est donc pas seulement un récit militaire ; c’est un thriller de légitimité, une bataille où les armes comptent autant que les arguments, et où le territoire se conquiert parfois autour d’une table avant de l’être sur un champ de bataille.

Cette ambition explique aussi la construction éclatée du récit. De Gaulle, Jean Moulin et Philippe Leclerc évoluent sur trois lignes narratives qui finissent par dessiner une même géographie morale. À Londres, de Gaulle doit imposer l’idée d’une France libre à des alliés qui préféreraient volontiers régler eux-mêmes le problème français. À Lyon, Jean Moulin tente de donner une cohérence politique à une Résistance fragmentée. En Afrique du Nord, Leclerc transforme l’impatience en mouvement militaire. Ces histoires ne sont pas simplement parallèles : elles montrent les trois conditions de la reconquête — convaincre, organiser, combattre.


Simon Abkarian demeure le centre de gravité du film. Son de Gaulle est moins une statue qu’une anomalie humaine : un homme dont l’autorité précède la reconnaissance. Il parle comme s’il représentait déjà un État qui, juridiquement et matériellement, n’existe presque plus. C’est là que le personnage devient passionnant. Sa fameuse hauteur de vue n’est pas seulement une qualité ; elle constitue également une forme de risque. De Gaulle doit agir comme si l’Histoire lui avait donné raison avant que l’Histoire ne l’ait fait. Sa grandeur tient à cette obstination, mais aussi à l’inconfort qu’elle provoque chez ceux qui l’entourent.

Le rapport avec Churchill, interprété avec un mélange savoureux de flegme et d’ironie par Simon Russell Beale, donne au film certaines de ses scènes les plus fines. Entre les deux hommes se joue une étrange fraternité, faite d’admiration, de méfiance et d’exaspération. Churchill comprend la nécessité de de Gaulle tout en sachant à quel point ce dernier peut devenir encombrant. La fameuse « croix de Lorraine » prend alors une valeur presque comique : l’homme qui veut sauver la France est lui-même devenu, pour ses alliés, un problème diplomatique à gérer. Baudry a l’intelligence de ne pas réduire ces échanges à une opposition simpliste entre héros français et cyniques étrangers. Le conflit est plus intéressant : il oppose deux conceptions de la souveraineté.

Car Liberté ose rappeler une réalité historique moins confortable que le récit traditionnel de la victoire alliée. La France libre doit aussi se battre pour empêcher que la France soit libérée sans être souveraine. Les projets américains concernant l’administration du territoire français, jusqu’à la préparation d’une monnaie destinée à accompagner cette tutelle, donnent au récit une dimension presque dystopique. Le danger ne vient donc pas uniquement des chars allemands. Il vient aussi de la possibilité que la France sorte de la guerre physiquement libérée mais politiquement diminuée.


C’est dans ce contexte que l’apparition de Philippe Leclerc devient essentielle. Niels Schneider lui apporte une énergie qui tranche avec la verticalité de de Gaulle. Là où le Général pense en stratège, Leclerc agit par instinct, vitesse et audace. Son personnage semble incapable de rester immobile devant une catastrophe. Il est moins un homme de doctrine qu’un homme de mouvement. Schneider évite heureusement le piège du héros militaire monumental : son Leclerc reste nerveux, presque électrique, comme si son corps refusait le rythme prudent de la diplomatie. Une performance qui m'a sidérée et un héro que j'ai tout de suite recherché pour apprendre sa mort tragique peu après la guerre.

Cette interprétation donne également tout son sens aux séquences africaines. Le désert du Fezzan devient l’un des véritables personnages du film. Immense, indifférent, presque lunaire, il transforme chaque déplacement en épreuve physique et chaque victoire en conquête infime d’un espace démesuré. Mais le désert est aussi une métaphore particulièrement efficace de la situation de la France libre. Tout y est incertain, dispersé, précaire. Leclerc doit y construire une armée avec des moyens dérisoires, composée notamment de soldats africains, puis la conduire contre une puissance militaire supérieure.

Les scènes de combat sont parmi les plus réussies du film parce que Baudry ne cherche pas constamment à les transformer en tableaux héroïques. La caméra reste proche des hommes, des véhicules, de la poussière et du vacarme. La guerre apparaît moins comme une chorégraphie glorieuse que comme une expérience sensorielle brutale. Les images d’archives en noir et blanc, intégrées aux séquences reconstituées, accentuent parfois cette impression d’une Histoire qui se fabrique sous nos yeux. Le procédé pourrait sembler démonstratif ; il fonctionne surtout lorsqu’il rappelle que ces personnages, contrairement à nous, ne connaissent pas la suite.


C’est peut-être le paradoxe le plus fécond du film : nous savons que la France sera libérée, que Leclerc entrera dans Paris et que de Gaulle finira par s’imposer. Pourtant, Liberté parvient par moments à faire disparaître cette connaissance rétrospective. Son véritable suspense ne consiste pas à demander qui gagnera la guerre, mais si une idée peut survivre suffisamment longtemps pour devenir une réalité. La France libre est d’abord une hypothèse. Le film trouve sa tension dans le passage de l’hypothèse à l’existence.

Jean Moulin, incarné par Félix Kysyl, complète cette réflexion. Son combat rappelle que la liberté ne se fabrique pas seulement dans le désert ou dans les bureaux londoniens. Elle doit aussi être organisée clandestinement, au milieu des rivalités, de la peur et des arrestations. La violence qui finit par atteindre Moulin donne au film une profondeur tragique : certaines victoires nationales sont bâties sur des destins individuels qui, eux, ne connaissent pas la victoire.

Le principal mérite de La bataille de Gaulle : Liberté est finalement de comprendre que résister et libérer sont deux verbes très différents. Résistance racontait le refus. Liberté raconte la mécanique qui doit suivre : rallier, négocier, convaincre, armer, combattre. Le premier mouvement dit non ; le second doit inventer ce qui viendra après le non.


Le film n’est pas sans lourdeurs. Sa durée imposante et son ambition de fresque peuvent parfois donner au récit une majesté un peu appuyée. Certaines situations semblent vouloir rappeler leur importance historique au lieu de simplement la laisser émerger. Mais cette solennité est contrebalancée par une véritable intelligence dramatique, par un casting remarquablement homogène et surtout par la conviction que la grande Histoire est faite de décisions qui, au moment où elles sont prises, ressemblent moins à des certitudes qu’à des paris.

C’est pourquoi Liberté mérite mieux qu’une lecture purement patriotique. Son sujet véritable est la fabrication de la confiance. De Gaulle croit en une France qu’il ne peut plus voir ; Leclerc agit comme si la victoire était possible alors que tout semble indiquer le contraire ; Moulin organise une résistance dont l’issue demeure longtemps incertaine. Aucun ne possède la garantie du lendemain. Ils possèdent seulement cette faculté rare de se comporter comme si l’avenir pouvait encore être influencé.

« Ils ont cru à l’impossible » : la formule pourrait sembler banale si le film ne s’attachait précisément à montrer combien cet impossible était matériellement réel. Ils manquaient d’armes, d’hommes, de territoires et parfois même d’alliés. Ils n’avaient pas le luxe de connaître leur propre légende. C’est ce qui donne à La bataille de Gaulle : Liberté son meilleur sujet : non pas la victoire, mais le moment fragile qui la précède, lorsque quelques individus avancent dans le désert avec une idée assez forte pour devenir, peut-être, un pays.

LENA GHIO   

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Monday, September 7, 2026

The Stars, the Statesman and the Nobel Prize: A Mundane Astrology Reading of Trump, Canada and a Changing World

Image created by Gemini after being prompted by the following article.

What are we being asked to become because of the forces moving through our world?

Mundane astrology becomes most useful when it is treated neither as fortune-telling nor as a substitute for political analysis, but as a symbolic language for understanding cycles of power, pressure, reaction and transformation. When we place Donald Trump’s chart alongside Canada’s national transits, a remarkably coherent story emerges about a turbulent period in North American and world affairs. At the heart of this comparison is a simple but consequential distinction: power and peace are not opposites, but neither are they interchangeable. The real question is what happens when power is given the opportunity to mature into responsibility.


Trump’s current astrology is dominated by powerful and sometimes contradictory signatures. His Sun in the first house emphasizes identity, visibility, personal authority and the desire to define the historical narrative around himself. His Mars in the eleventh house places political constituencies, alliances and collective relationships into a combative arena. Jupiter in the twelfth house can describe behind-the-scenes negotiations, private diplomacy and dealings with adversaries. Meanwhile, Mars square Jupiter magnifies ambition and a willingness to take risks, while Mercury semisquare Pluto suggests intensely strategic communication and contests over information, influence and leverage. Symbolically, this is a potent configuration for a leader who wants to reshape the international order through personal negotiation and pressure. It is also potentially dangerous if power becomes confused with wisdom.


The current U.S. confrontation with Iran, Russia’s support for Tehran and Trump’s continuing willingness to engage Moscow illustrate the extraordinary complexity of the moment. Current reporting describes Russian assistance to Iran alongside continued U.S.-Russia diplomatic contacts, while the Iran conflict remains unresolved. The paradox is precisely what mundane astrology encourages us to contemplate: alliances, enemies and interests are becoming less stable and increasingly transactional. The traditional boundaries between friend and adversary are becoming more fluid, with national interests often taking precedence over longstanding ideological or strategic alignments.


Trump’s Venus square Pluto, active through December, adds another layer to this picture. Venus governs relationships, values and exchange, while Pluto concerns power, control and transformation. Symbolically, this can describe relationships in which affection, loyalty, money and power become deeply entangled. It does not prove corruption or betrayal, nor should an astrological configuration be treated as evidence of a specific political act. What it does is make the question of who benefits from an arrangement especially important. It invites us to examine the underlying balance of power within relationships that may appear cooperative on the surface.


This symbolism is particularly relevant to tariffs. Trump’s tariff strategy can be understood astrologically as an expression of Mars-Jupiter: apply pressure, enlarge the stakes, demand concessions and demonstrate strength. Economically, however, tariffs are more complicated than the rhetoric surrounding them. They can protect selected industries and generate government revenue, but they can also increase costs for American importers, businesses and consumers. The administration argues that targeted protectionism is revitalizing American industry, while independent economic analysis continues to identify significant costs and uncertainty. The danger represented by Mars-Jupiter is therefore not simply aggression, but overextension. A strategy can work as leverage while becoming counterproductive when it is continually intensified. Strength can create bargaining power, but strength without restraint can eventually diminish the very power it was intended to increase.


Canada’s astrology offers a fascinating contrast. Canada has Uranus square Mars extending into 2028, a signature of profound disruption to established patterns. Canada can no longer assume that its enormous economic and strategic dependence upon the United States will always be politically safe. The old assumption that geographic proximity automatically guarantees political stability is being challenged, and Canada is being compelled to reconsider the degree to which its economic and strategic future should remain tied to a single dominant partner.


Yet Canada also has Mars trine Saturn, an extraordinary counterweight to this disruption. This aspect speaks symbolically of disciplined action, endurance, institutional resilience and the ability to build rather than merely react. It suggests that Canada’s response to uncertainty does not have to be defined by fear or confrontation. Instead, the country can use the pressure of the present moment to develop greater capacity, independence and strategic maturity.


That combination suggests that Canada does not need to defeat Trump; it needs to become less vulnerable to him. This may be the most important mundane lesson emerging from the entire comparison. Canada’s prosperity does not require hostility toward America. It requires sufficient diversification that friendship with America remains a choice rather than a necessity. Current Canadian policy is moving toward stronger transatlantic and Indo-Pacific relationships, while Ottawa continues to seek a workable economic relationship with Washington. The astrological symbolism therefore points not toward isolation, but toward greater strategic flexibility and a broader network of relationships.


Canada’s Jupiter trine Neptune is equally significant. Jupiter-Neptune can symbolize internationalism, humanitarian ideals, diplomacy and faith in cooperation among nations. Canada therefore has an opportunity to respond to an increasingly transactional world not by becoming transactional itself, but by becoming a trusted middle power. Its potential contribution to the emerging world order may lie precisely in its ability to combine sovereignty with cooperation, economic interests with diplomacy and national security with international responsibility. In this sense, Canada’s challenge is not simply to protect itself from external pressure, but to determine what kind of country it wishes to become because of that pressure.


Trump’s historical challenge is different. He has spent enormous energy constructing a heroic image of himself: warrior, victor, founder, protector and, at times, even a religious figure. AI-generated images make this mythology particularly visible because they allow political identity to become literal visual fantasy. The question is not whether such imagery proves mental illness—it does not. The deeper question is what happens when a leader’s personal mythology becomes inseparable from national mythology. A political leader can create an image of strength, but history eventually asks what that strength was used to accomplish and whether the resulting legacy was greater than the personality that created it.


I asked Gemini to create an image of Donald Trump manifesting his best self and winning the Nobel Peace Prize. If Donald Trump chose to be a person that wins the Nobel Peace Prize, he could actually manifest in reality and for the masses the ideals he portrays in his AI posts of himself as Jesus or a historical figure.


This brings us to the Nobel Peace Prize. The Nobel Peace Prize is not awarded simply for being powerful or for announcing that one has achieved peace. Alfred Nobel’s stated criterion concerned fraternity between nations, the reduction of standing armies and the promotion of peace. The nomination process is also separate from the Nobel Committee’s eventual decision. For that reason, if Trump genuinely wants the Nobel Peace Prize, there is an extraordinarily clear path before him: he must stop trying to look like the peacemaker and instead devote himself to becoming one. The distinction is important because the symbolism of his astrology suggests that his greatest potential may lie not in abandoning his formidable drive for influence, but in redirecting it toward reconciliation and lasting results.


The astrology actually provides him with such an opening. Jupiter sextile Chiron can symbolize healing and reconciliation, while Jupiter in the twelfth house can favor confidential diplomacy, negotiations conducted away from the public spectacle and engagement with adversaries. His powerful first-house Sun could also be redirected from personal glorification toward assuming responsibility for a historic peace project. In this interpretation, the same qualities that can produce confrontation could potentially be transformed into instruments of statesmanship if they are guided by restraint, responsibility and a genuine concern for the consequences of political decisions.


Consider what such a transformation could look like in practice. Rather than demanding that Ukraine accept a settlement dictated by Moscow, Trump could use his unique relationship with Vladimir Putin to pursue a settlement that genuinely protects Ukrainian sovereignty while addressing legitimate security concerns. Rather than treating Iran primarily as an enemy to be subdued, he could use American military leverage to create a genuine diplomatic exit involving verifiable nuclear restrictions, credible security guarantees, reopened economic channels and an end to the cycle of retaliation. And rather than treating Canada as an economic adversary, he could recognize that the world’s longest undefended border represents one of history’s great examples of peaceful coexistence and work toward a prosperous relationship between two sovereign nations. Similarly, instead of weakening alliances through unpredictable pressure, he could use his influence to rebuild confidence in them.


Such a transformation would change the meaning of his current astrology. Mars-Jupiter could express courage rather than aggression, while Pluto could represent transformation rather than domination. Jupiter in the twelfth house could become a symbol of statesmanship through private diplomacy, and Venus-Pluto could express reconciliation in relationships previously defined by rivalry or mistrust. Saturn, as the great teacher of consequences, could then transform personal ambition into lasting institutional achievement. The astrology would not be predicting that such an outcome must occur; rather, it would describe a field of potential in which the same energies could be expressed at a higher level.


There is therefore an extraordinary historical possibility before Trump, although it is one that cannot be guaranteed by astrology. He cannot control whether the Nobel Committee awards him anything, just as he cannot manufacture historical admiration through imagery or declarations. What he can control is the kind of peace he attempts to leave behind. If he were genuinely able to help end the Iran war, achieve a durable and just settlement in Ukraine, restore confidence among allies and establish a respectful sovereign relationship with Canada, the story of his presidency would change dramatically. ⭐The achievement itself would become more powerful than the image.


He would no longer need artificial imagery to depict himself as a peacemaker because history would provide the evidence. That may be the deepest lesson of these transits: the heroic identity Trump seems determined to create cannot ultimately be manufactured. It has to be earned through actions whose consequences extend beyond the individual and endure beyond the political moment.


For Canada, the corresponding lesson is equally profound. Prosperity need not mean submission, and sovereignty need not mean hostility. The healthiest future for both countries is not domination or separation, but mature interdependence between equals. Such a relationship would acknowledge the extraordinary depth of the economic, cultural and geographic connections between Canada and the United States while also recognizing that healthy interdependence requires room for independent choices. That is a much harder achievement than winning a trade war, but it is also much closer to the underlying meaning of peace.


Canada’s challenge, therefore, is to develop resilience, diversify its economic and strategic relationships and cultivate a more mature sense of sovereignty without abandoning the advantages of cooperation with its closest neighbour. Trump’s challenge is more personal and more consequential: whether the enormous force of his personality becomes an instrument of domination or is transformed into statesmanship. The world’s challenge is broader still, because the international system is entering a period in which power is increasingly fluid, alliances are being renegotiated and old assumptions about stability are being tested.


Perhaps this is ultimately what these transits are asking of all three: Canada, the United States and the wider world. Power eventually encounters consequence, and political success ultimately becomes a question of character. The forces represented in the charts can be expressed through conflict, coercion and personal ambition, but they can also be expressed through discipline, diplomacy, reconciliation and responsibility. Astrology cannot decide which path will be taken. It can, however, provide a symbolic language for recognizing the choice when it appears.

LENA GHIO   

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Sunday, September 6, 2026

Serge Fiori — Seul ensemble au Théâtre Saint-Denis: l’art de tomber, l’art de rester

BANDE ANNONCE

Il y a des spectacles que le temps transforme sans qu’ils aient besoin de changer. Serge Fiori — Seul ensemble, créé en mars 2019 par le Cirque Éloize, appartient désormais à cette catégorie singulière : celle des œuvres dont le sens se déplace parce que le monde, lui, a continué d’avancer. Jeudi 3 septembre, au Théâtre Saint-Denis, qui célèbre cette année son 110e anniversaire, la reprise médiatique de cette création hommage ne racontait donc plus exactement la même histoire qu’il y a sept ans. Les acrobaties étaient là, les chansons aussi, les lumières, les projections, la fumée, les corps suspendus dans l’espace. Mais il manquait quelqu’un.

En 2019, au terme de la première médiatique, Serge Fiori était apparu sur scène. Le public s’était levé presque instinctivement. L’artiste, bouleversé, les larmes aux yeux, avait porté une main à son cœur avant d’aller embrasser les interprètes. La scène avait quelque chose de simple et de vertigineux : celui qui avait fourni la matière intime du spectacle venait, pour ainsi dire, en vérifier la respiration. Cette fois, sa présence ne pouvait plus être physique. Fiori est mort le 24 juin 2025. Et cette absence, forcément, s'est mise à habiter le spectacle.

Il faut se souvenir de ce que représente Harmonium dans la mémoire québécoise. Formé au début des années 1970 autour de Fiori et Michel Normandeau, puis enrichi notamment par Louis Valois, le groupe n’a enregistré que trois albums studio, mais leur empreinte dépasse depuis longtemps la simple discographie. Harmonium, Si on avait besoin d’une cinquième saison et L’Heptade ont fini par acquérir une dimension presque mythologique. Leur musique semble appartenir à une époque où la chanson pouvait encore prétendre à quelque chose de plus vaste que le divertissement : une manière de chercher une vérité, même lorsqu’elle demeurait impossible à formuler.



C’est précisément cette dimension que la nouvelle version de Seul ensemble parvient parfois à saisir.

Le spectacle repose sur dix-neuf chansons réparties en deux parties, réarrangées par Louis-Jean Cormier, Alex McMahon et Guillaume Chartrain. Les arrangements ajoutent cordes, cuivres, chœurs et synthétiseurs sans chercher à transformer les compositions en objets de démonstration. Vert, Depuis l’automne, Si bien, Viens danser, L’exil, Lumières de vie, Chanson noire : les chansons deviennent autant de paysages intérieurs dans lesquels les artistes du Cirque Éloize peuvent inscrire leurs corps.

Et c’est là que la reprise gagne en intérêt. La première mouture donnait parfois l’impression que la musique d’Harmonium occupait le centre tandis que le cirque venait l’illustrer. Ici, le metteur en scène Benoit Landry a resserré les liens entre les deux langages. La danse, notamment, irrigue davantage la chorégraphie acrobatique. Les ensembles sont plus présents, les tableaux moins soumis à une logique de succession mécanique. Dès Vert, les quelque vingt interprètes surgissent dans une composition où le mouvement collectif, le main à main et la banquine font du plateau non plus une scène décorée pour la musique, mais un organisme vivant.

Cette distinction est importante. Le cirque devient vraiment intéressant lorsqu’il cesse de vouloir impressionner.


Sur Depuis l’automne, le duo au trapèze de Louis-David Simoneau et Maxime Charron atteint cette zone rare où la virtuosité semble naître d'une nécessité plutôt que d'un désir de prouesse. Le très beau numéro d’équilibre sur L’exil, comme le duo à la planche sautoir sur Aujourd’hui je dis bonjour à la vie, prolongent cette impression. Les corps y semblent engagés dans la même recherche que les chansons : comment tenir debout quand tout vacille ?

Harmonium n’a jamais été une musique particulièrement confortable. Elle porte une inquiétude, une exaltation, une forme de fièvre existentielle. Klô Pelgag a récemment résumé cette qualité en parlant de quelque chose d’« absolu » : une musique faite avec une urgence et une vérité telles qu’elle peut prendre les proportions d’une question de vie ou de mort. Le Cirque Éloize trouve alors une correspondance presque naturelle avec elle. Un acrobate suspendu dans le vide est, après tout, une métaphore difficile à améliorer.

La disparition de Fiori ajoute à cette équation une dimension que le spectacle de 2019 ne pouvait évidemment pas posséder.

Le moment le plus évocateur survient dans En pleine face. Sur l’immense écran qui couvre l’arrière-scène apparaît Fiori, allumant une cigarette et observant son environnement avec cette présence à la fois terrienne et lointaine qui lui était propre. Autour de cette image, les artistes aériens chutent du plafond, traversent l’espace, dansent. Puis le portrait se défait, se désagrège, avant de se recomposer.


L’idée est simple. Elle est aussi profondément juste. Une image disparaît, mais l’homme demeure dans les chansons, dans les gestes, dans la mémoire de ceux qui regardent. Le procédé aurait pu sombrer dans le pathos commémoratif. Il évite généralement cet écueil parce qu’il ne cherche pas à expliquer la mort : il montre plutôt ce que fait l’absence à une image.

La première partie semble ainsi porter un deuil discret. Même lorsque le spectacle s’autorise davantage de légèreté — notamment avec Viens danser, qui assume franchement son tempérament festif — quelque chose demeure suspendu. Les chansons ne sont pas traitées comme des reliques. Elles continuent de vivre, ce qui est sans doute la meilleure manière de rendre hommage à celui qui les a écrites.

Puis survient la deuxième partie, et avec elle quelques fausses notes de dramaturgie.

Le problème n’est pas la qualité des numéros pris isolément. La suspension capillaire sur fil mou est impressionnante. Le tableau consacré à Dixie est divertissant. La roue Cyr possède sa propre beauté physique. Mais dans un spectacle qui avait progressivement réussi à construire une tension entre le vertige, l’introspection et la mortalité, certains de ces éléments semblent arriver au mauvais endroit.

Le cas de Dixie est particulièrement révélateur. Juste avant, Jimmy Gonzalez livre sur Lumières de vie un remarquable numéro de manipulation et de jonglerie, accompagné par la voix de Fiori et une pensée d’une sobriété bouleversante : « C’est ça, la vie, au fond. » Le tableau possède quelque chose d’une conclusion possible. Il ouvre un silence intérieur.

On pourrait presque croire le spectacle arrivé au bout de sa quête.

Mais non. Des lapins roses géants apparaissent.


L’image est suffisamment incongrue pour devenir, à elle seule, une petite théorie de la mise en scène. Les lapins ne sont pas mauvais. Ils sont même probablement conçus pour provoquer l’émerveillement et rappeler que le cirque doit aussi demeurer cirque. Mais leur apparition rompt brutalement le fil émotionnel que Landry avait patiemment tissé. C’est comme si, au moment où le spectacle s’apprêtait à accepter le silence, quelqu’un avait jugé nécessaire de rallumer toutes les lumières.

Cette hésitation finale résume aussi la difficulté de l’entreprise. Comment rendre justice à une musique qui cherche l’absolu avec un art qui, par nature, aime le spectaculaire ? Comment honorer une œuvre dont la force vient souvent de sa vulnérabilité sans la recouvrir d’effets ?

Seul ensemble ne résout pas toujours cette contradiction. Mais lorsqu’il y parvient, il produit quelque chose de beaucoup plus précieux qu’une simple célébration patrimoniale. Il fait dialoguer deux arts qui, sous leurs apparences opposées, parlent du même risque : celui de tomber.

La musique de Fiori regarde vers l’intérieur. Le cirque regarde vers le vide. Entre les deux, il y a le corps humain — fragile, obstiné, provisoire.

Sept ans après sa création, c’est peut-être cela que la disparition de Serge Fiori a rendu plus visible. Son absence ne transforme pas Seul ensemble en mausolée. Elle lui donne plutôt une gravité nouvelle. Les chansons ne sont plus seulement celles d’un artiste que l’on pouvait encore applaudir au bord de la scène. Elles sont devenues des traces. Et les traces, parfois, savent encore danser.

Même lorsque surgissent, au détour du chemin, quelques lapins roses.

Pour en apprendre davantage sur cette production, ses nombreux artistes et artisans, je vous invite à visiter le site Internet du Cirque Éloize. Les billets sont disponibles par l’entremise de Ticketpro, le réseau officiel du Théâtre Saint-Denis et de l’Espace Saint-Denis.

LENA GHIO   

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Saturday, September 5, 2026

MONTRÉAL GOURMAND!

Les Rendez-vous Gourmands
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Septembre passe à table au parc Jean-Drapeau

Quand Montréal veut prolonger les beaux jours, elle ne sort pas seulement ses lunettes de soleil : elle allume les grills, fait chanter les casseroles et invite tout le monde à passer à table. Du 4 au 27 septembre 2026, les Jardins des Floralies du parc Jean-Drapeau se transforment en véritable terrain de jeu pour les épicuriens avec une nouvelle édition des Rendez-vous Gourmands.

Pendant quatre fins de semaine, l’événement proposera une succession d’univers culinaires, chacun avec sa personnalité, ses parfums et ses surprises. L’idée? Croquer Montréal à pleines dents, découvrir des chefs d’ici, picorer des créations originales et profiter encore un peu de cette douce parenthèse estivale que septembre refuse obstinément de refermer.

Un mois, quatre ambiances

Oubliez le classique « on mange, puis on rentre ». Ici, la table devient une destination. Chaque week-end promet une nouvelle escale gourmande, avec des plats à partager, des influences venues d’ailleurs, des rencontres culinaires et une atmosphère festive.

Le coup d’envoi sera donné avec Le Grand Grill, du 4 au 7 septembre. Autant dire que les amateurs de cuisson au feu seront dans leur élément. Les braises seront à l’honneur et les effluves de viande grillée devraient rapidement transformer les Jardins des Floralies en royaume de la fumée parfumée.

Plusieurs talents de la scène montréalaise participeront à cette grande fête du BBQ, notamment Jonathan Legris, Martin Juneau, Gilles Tolen, Martin Pechuan, Paul Harry Toussaint, Jermaine Wallace et Michel Childe. De quoi donner au barbecue des airs de grande cuisine, avec des créations pensées pour surprendre autant que pour rassasier.

Et parce qu’un bon plat mérite toujours quelques secrets bien gardés, la programmation comprendra également des ateliers, des démonstrations et des échanges autour de la cuisine. Une belle occasion de regarder les chefs à l’œuvre, de grappiller quelques astuces et, pourquoi pas, de repartir avec une nouvelle obsession culinaire.



Du restaurant BOOM J's Chef Jermaine Wallace, des choix difficiles et alléchants.

Le Passeport Gourmand : votre boussole dans ce festin

Pour goûter à plusieurs créations et composer son propre parcours, le Passeport Gourmand revient au programme. Le principe a quelque chose de délicieusement simple : on se promène, on découvre, on choisit et on déguste.

C’est surtout une excellente excuse pour ne pas avoir à répondre à la fameuse question : « Tu veux manger quoi? » Ici, la réponse peut être : « Un peu de tout. »

Le passeport permet ainsi de partir à la découverte de propositions spécialement imaginées pour l’événement et de transformer la visite en petite odyssée gourmande. À plusieurs, c’est encore mieux : on partage, on compare, on échange des bouchées et on prétend très sérieusement que l’on goûte « juste pour analyser ».

Une rentrée qui a le goût des vacances

Après les escapades estivales, les terrasses et les pique-niques, septembre peut parfois sembler un peu trop sérieux. Les Rendez-vous Gourmands ont visiblement décidé de remettre les pendules à l’heure.

Les 10 au 13 septembre, le rendez-vous prendra une nouvelle couleur avec 88, avant de céder la place à deux week-ends consacrés à l’Oktoberfest de Montréal, les 18 au 20 septembre puis les 25 au 27 septembre.

Quatre dates, quatre atmosphères : voilà de quoi donner envie de revenir plusieurs fois. Car ce qui fait le charme de cette formule, c’est précisément son côté évolutif. On ne vient pas seulement « à l’événement » : on revient voir ce que la prochaine fin de semaine nous réserve.

Les Floralies en mode festin

Installés au cœur des Jardins des Floralies, les Rendez-vous Gourmands profitent d’un décor qui change agréablement des salles de réception et des restaurants traditionnels. On mange dehors, on flâne, on discute, on respire et on laisse la journée s’étirer entre deux bouchées.

Le parc Jean-Drapeau devient ainsi, pendant tout le mois de septembre, un immense garde-manger à ciel ouvert où la cuisine montréalaise peut jouer, improviser et voyager.

Avec de nouvelles collaborations et plusieurs partenaires qui viennent enrichir la programmation, cette édition mise sur la diversité et la découverte. Il y aura de quoi satisfaire les gourmands aventureux comme ceux qui considèrent qu’un repas réussi commence par un plat suffisamment photogénique.

Alors, que vous soyez adepte de braises bien maîtrisées, chasseur de nouvelles saveurs ou simplement à la recherche d’une bonne raison de profiter des dernières journées douces de l’année, les Rendez-vous Gourmands ont une proposition difficile à refuser.



Lors de ma visite aux Rendez-vous Gourmands j'ai choisi d'échantilloner les Crevettes Jerk grillées à la perfection et légèrement piquantes, offrent un bel équilibre avec les patates douces crémeuses, onctueuses et délicatement caramélisées. Le pikliz apporte ensuite une fraîcheur acidulée qui réveille le palais et tempère la chaleur. Une véritable expérience où saveurs et textures s’entremêlent avec gourmandise, du début à la fin. Offert par 3 Pierres 1 Feu - Americas BBQ Chef Paul Toussaint

Du 4 au 27 septembre 2026, Montréal passe à table. Et cette fois, mieux vaut arriver avec de l’appétit.

Rendez-vous Gourmands — Jardins des Floralies, Île Notre-Dame, parc Jean-Drapeau, Montréal.

Dates : 4 au 7 septembre, 10 au 13 septembre, 18 au 20 septembre et 25 au 27 septembre 2026.


INFOS: 
Les Rendez-vous Gourmands

La Banane Royale du Pavillon 67 Chef Jonathan legris transforme le dessert glacé en véritable fête des textures. Trois boules — vanille, chocolat et fraise — s’accompagnent de sauce chocolat, pacanes grillées, griottes confites, éclats de pizzelle, ananas maison et crème fouettée. Chaque bouchée alterne fraîcheur, croquant et douceur, pour une expérience céleste.

UNE DÉCOUVERTE DÉLICIEUSE: HAUTE SAISON

Au Marché Bonsecours, lors de l’ouverture de l'Expo World Press Photo, ce cocktail s’impose parmi les plus réussis que j’ai goûté lors d’un événement d’envergure. Les canapés, d’une sophistication remarquable, étonnent par leur finesse. La guédille de crevettes, onctueuse, généreusement garnie et parfaitement épicée, offre un équilibre de saveurs particulièrement mémorable.

Lors de l'ouverture de l'Expo World Press Photo  au Marché Bonsecours, la photographie n’était pas la seule à retenir l’attention. Dans l’effervescence de cette soirée d’envergure, où défilait une bonne partie du monde culturel et médiatique montréalais, les canapés du traiteur Haute Saison ont véritablement volé la vedette.

Et quelle surprise! Dès les premières bouchées, on découvre une cuisine événementielle qui se distingue par son raffinement, sa générosité et, surtout, par une exécution remarquable. C’est, sans hésitation, l’un des cocktails les plus délicieux qu’il m’ait été donné de goûter lors d’une ouverture de cette envergure.


Le gravlax de saumon compte parmi les grands moments de la soirée. D’une finesse exceptionnelle, il figure parmi les plus succulents que j’ai eu l’occasion de goûter. Une bouchée élégante et savoureuse, qui témoigne d’une belle maîtrise du produit.


La guédille de crevettes, servie dans un petit pain onctueux, est tout aussi convaincante. Généreusement garnie, débordante de crevettes et relevée par des épices bien dosées, elle offre ce juste équilibre entre richesse, fraîcheur et caractère qui donne envie d’y revenir immédiatement.


La ratatouille en tartelette apporte une autre dimension, avec ses saveurs méditerranéennes délicatement concentrées dans une petite bouchée. Quant aux croquettes de courgettes, elles ajoutent une touche plus gourmande et croustillante à l’ensemble, tout en démontrant que les légumes peuvent parfaitement tenir le premier rôle dans une réception haut de gamme. 


Mais la qualité de la nourriture n’est pas le seul élément qui mérite d’être souligné. Le service impeccable contribue largement à la réussite de la soirée. Tout est fluide, attentif et professionnel, sans jamais alourdir l’expérience.


Haute Saison, associé au Café Saison des Pluies, démontre ici qu’un cocktail d’ouverture peut être bien davantage qu’un simple accompagnement à un événement : il peut devenir un véritable moment gastronomique.


Ce soir-là, les photographies étaient saisissantes; les bouchées, elles, étaient renversantes.


ratatouille en tartelette

Le gravlax de saumon sur pain grillé compte parmi les grands moments de la soirée. D’une finesse exceptionnelle, il figure parmi les plus succulents que j’ai eu l’occasion de goûter. Le mariage entre la délicatesse du saumon et le croustillant du pain grillé donne à cette bouchée élégante et savoureuse un équilibre particulièrement réussi, qui témoigne d’une belle maîtrise du produit.

LENA GHIO   

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