| Le FIFA |
ENGLISH translation app above
| E.J. Hughes auto-portrait |
Deux portraits d’artistes à découvrir au 44e FIFA : E.J. Hughes et Henri Matisse
Le 44e Festival international du film sur l’art (FIFA) propose cette année une programmation riche en découvertes et en émotions, avec notamment deux documentaires qui mettent en lumière la vie et l’œuvre de deux figures majeures de la peinture : le Canadien E.J. Hughes et le Français Henri Matisse. Ces films, présentés pour la première fois au Québec, offrent au spectateur une immersion profonde dans l’univers créatif de ces artistes, tout en explorant les liens intimes entre leur vie personnelle et leur production artistique.
| Arbutus tree in Crofton, E.J. Hughes, 1973 |
L’honneur du pinceau : The Painted Life of E.J. Hughes
Dates et lieux de projection :
Mercredi 18 mars 2026, 17h30 – 19h30, Cinéma du Musée – Auditorium Maxwell-Cummings, Montréal, en présence de la réalisatrice Jenn Strom
Jeudi 19 mars 2026, 13h15 – 14h45, Musée national des beaux-arts du Québec, en présence de la réalisatrice Jenn Strom
Le documentaire L’honneur du pinceau / The Painted Life of E.J. Hughes, réalisé par Jenn Strom, se penche sur la carrière exceptionnelle d’Eric John Hughes, un artiste canadien discret dont l’œuvre s’est étalée sur près de sept décennies. Né en Colombie-Britannique, Hughes s’est distingué par une approche profondément personnelle du paysage canadien, combinant réalisme et sensibilité poétique dans des compositions lumineuses et soigneusement structurées.
Ce film documentaire explore non seulement la dimension artistique de Hughes, mais aussi sa vie privée, révélant un homme timide et réservé, peu enclin aux mondanités des vernissages et profondément attaché à sa femme malade. Ancien peintre de guerre, Hughes a souvent puisé dans ses expériences personnelles pour nourrir sa création. Ses premières influences, notamment le muraliste mexicain Diego Rivera, et plus tard Henri Rousseau, lui ont permis de développer un style singulier, marqué par la clarté de ses couleurs, la finesse de ses perspectives et une narration visuelle unique.
L’un des aspects les plus touchants du film est le lien entre Hughes et Montréal, grâce au galeriste Max Stern, qui a contribué à la diffusion de son travail au-delà de la Colombie-Britannique. Jenn Strom réussit à capturer la persévérance d’un artiste qui, malgré sa discrétion, a su transformer sa solitude et sa modestie en une œuvre durable et inspirante. Les spectateurs découvriront ainsi un portrait sensible et humain, où chaque tableau devient le reflet d’une vie entière dédiée à la beauté, à la patience et à l’émotion.
Le documentaire met également en lumière la capacité de Hughes à observer la nature avec une attention minutieuse. Ses paysages, qu’il s’agisse des côtes sauvages de Colombie-Britannique ou des villages pittoresques qu’il a parcourus, témoignent d’un équilibre subtil entre réalisme et poésie visuelle. Les amateurs d’art et les novices trouveront dans ce film un accès privilégié à l’intimité de l’artiste, à sa manière de traduire la lumière, les saisons et l’atmosphère en couleur et en forme.

Henri Matisse
Matisse, le tailleur de lumière
Date et lieu de projection :
Jeudi 19 mars 2026, 13h30 – 15h30, Bibliothèque et Archives nationales du Québec (BAnQ), en présence de Franck Calard, doctorant en histoire de l’art à l’Université de Montréal et conseiller en patrimoine au Conseil du patrimoine religieux du Québec
Dans Matisse, le tailleur de lumière, la réalisatrice Isabelle Bony propose une exploration des dernières années de la vie d’Henri Matisse, l’un des maîtres incontestés de la peinture moderne. Alors qu’il dépasse les soixante-dix ans et que la maladie le fragilise, Matisse redéfinit sa pratique artistique en s’orientant vers le vitrail, une technique qui devient pour lui un véritable laboratoire de couleur et de lumière.
Le documentaire met en avant la façon dont Matisse, malgré ses limitations physiques, parvient à transformer ses contraintes en une opportunité de création. Les vitraux lui permettent de jouer avec la lumière naturelle et la transparence des couleurs, donnant naissance à des œuvres d’une intensité visuelle exceptionnelle. Grâce à l’utilisation d’archives, de paysages de Nice et d’extraits sonores, Isabelle Bony reconstitue avec sensibilité l’univers de l’artiste, offrant un témoignage poignant de sa quête inlassable de beauté et de perfection.
Ce film ne se contente pas de présenter l’œuvre de Matisse, il s’attache également à rendre compte de l’homme derrière l’artiste. La mise en scène sobre mais poétique met en valeur le rapport intime que Matisse entretient avec la lumière et les formes, et comment sa créativité se nourrit de la contemplation du monde qui l’entoure. Les spectateurs découvrent ainsi un artiste capable de réinvention, utilisant chaque nouveau médium pour explorer de nouvelles dimensions de son art, même face à l’épreuve du temps et de la maladie.
La présence de Franck Calard à la projection enrichit encore l’expérience, offrant un éclairage académique et patrimonial sur la contribution de Matisse au monde de l’art et sur l’importance historique et culturelle de ses œuvres tardives. Les échanges avec le public permettent de comprendre comment Matisse a su, jusqu’à la fin de sa vie, réinventer sa manière de peindre et de dialoguer avec la lumière.
Points communs et contrastes entre les deux artistes
Si E.J. Hughes et Henri Matisse appartiennent à des contextes géographiques et historiques différents, plusieurs points communs émergent dans ces portraits cinématographiques. Tous deux ont été marqués par une attention extrême à la couleur et à la lumière, bien que leurs approches soient distinctes : Hughes travaille le réalisme poétique, tandis que Matisse explore la stylisation et la transparence du vitrail.
Par ailleurs, ces deux films mettent en avant la dimension intime de l’art. Hughes transforme sa solitude et sa timidité en une œuvre durable, tandis que Matisse utilise sa créativité pour dépasser les contraintes physiques et continuer à s’exprimer pleinement. Dans les deux cas, la vie personnelle des artistes est indissociable de leur production : amour, maladie, vieillissement et relations sociales deviennent des éléments constitutifs de leur création.
Enfin, Jenn Strom et Isabelle Bony partagent une approche documentaire centrée sur la sensibilité et l’empathie. Plutôt que de proposer un simple récit chronologique, elles offrent des portraits vivants et poétiques, où chaque œuvre devient une fenêtre sur la psyché de l’artiste, ses émotions et sa vision du monde. Les spectateurs sont invités non seulement à contempler des tableaux et des vitraux, mais aussi à entrer en résonance avec la manière dont ces artistes ont vécu et ressenti leur époque.
Une expérience cinématographique et artistique unique
Assister à la projection de L’honneur du pinceau ou de Matisse, le tailleur de lumière au FIFA, c’est avant tout vivre une expérience immersive. Les lieux choisis Cinéma du Musée – Auditorium Maxwell-Cummings, Montréal – le Musée national des beaux-arts du Québec pour Hughes et la BAnQ pour Matisse – permettent aux spectateurs de s’immerger dans l’univers des œuvres, tout en profitant d’un contexte culturel et patrimonial adapté à la découverte artistique.
Pour Hughes, la découverte de Montréal et de la galerie de Max Stern ajoute une dimension historique et culturelle, montrant comment un artiste régional peut atteindre une reconnaissance nationale et internationale. Pour Matisse, la mise en contexte des paysages de Nice et des archives sonores enrichit la compréhension de ses dernières expérimentations artistiques, soulignant le lien entre lieu, lumière et création.
Ces deux films rappellent également que l’art est souvent le fruit d’une persévérance silencieuse et d’une passion profonde. Hughes et Matisse démontrent que la créativité ne connaît ni âge ni contrainte : l’un transforme sa timidité et sa solitude en chef-d’œuvre, l’autre convertit la fragilité physique en une réinvention esthétique éclatante.
Conclusion
Le 44e FIFA offre avec ces deux documentaires une occasion rare de découvrir des artistes majeurs à travers le prisme de la sensibilité et de l’intimité. L’honneur du pinceau / The Painted Life of E.J. Hughes et Matisse, le tailleur de lumière ne sont pas seulement des films sur l’art : ce sont des portraits humains et poétiques, qui rendent compte de la relation unique de chaque créateur avec la lumière, la couleur et la vie elle-même.
Pour les amateurs d’art comme pour les néophytes, ces projections promettent un voyage émotionnel et esthétique, révélant comment l’histoire personnelle d’un artiste et sa technique peuvent se conjuguer pour créer des œuvres d’une beauté durable. Au-delà de la simple admiration visuelle, ces films invitent à réfléchir sur la persévérance, la créativité et la manière dont l’art transcende le temps et les limites individuelles.
En somme, ces deux documentaires s’inscrivent dans la lignée des grands films du FIFA : sensibles, informatifs et profondément inspirants, ils offrent une fenêtre sur l’âme de l’artiste et sur la magie de la création.



























.png?1760464768493)
