Wednesday, March 18, 2026

Le 44e Festival International du Film sur l'Art, Art FIFA, Le PALMARÈS

 

DÉVOILEMENT DU PALMARÈS DE LA 44e ÉDITION DU FESTIVAL INTERNATIONAL DU FILM SUR L’ART, DÉBUT DU FIFA EN LIGNE et FILM DE CLÔTURE

Montréal, le 18 mars 2026 – Le Festival International du Film sur l’Art (Le FIFA) est heureux de dévoiler les lauréat·e·s de sa 44e édition qui se tient jusqu’au 22 mars, en salle et du 20 au 29 mars prochains, en ligne. Cette année, 10 longs-métrages et 13 courts-métragesfiguraient en compétition internationale, et 7 longs-métrages et 10 courts-métrages figuraient en compétition nationale. Ils ont concouru pour remporter l’un des huit prix décernés par le jury : le Grand Prix, le Prix du jury, le Prix du meilleur essai, le Prix du meilleur portrait, le Prix du meilleur long-métrage canadien, le Prix du meilleur court-métrage, le Prix du meilleur court-métrage canadien, le Prix de la meilleure oeuvre canadienne.

« Les jurys ont unanimement salué les très grandes qualités cinématographiques de la compétition cette année, louant la force et la diversité des œuvres ayant été portées à leur regard. Certains films récompensés tels que Ça reste entre nous de Maryam Shapoorian étaient présentés en première mondiale. D'autres, tels que Mes fantômes arméniens de Tamara Stepanyan, qui a débuté son parcours festivalier à la Berlinale, continuent leur route. Les jurys ont décidé de faire du FIFA un moment clef dans la vie de toutes ces œuvres. Nous suivrons avec attention leurs prochaines sélections et récompenses. », a déclaré Paul Rothé, Directeur de la programmation des films sur l'art du FIFA.
COMPÉTITION NATIONALE 
PRIX DU MEILLEUR COURT-MÉTRAGE CANADIEN
Les mêmes yeux que toi réalisé par Derek Branscombe
Canada | 2025 | 11 min | Français | Sous-titres : Anglais

« Le jury a été très impressionné par Les mêmes yeux que toi, une œuvre saisissante dans laquelle une femme se retrouve à voir la vie quotidienne à travers les yeux de son père décédé, qui souffrait de maladie mentale. Le scénario nous entraîne avec subtilité dans cet univers personnel, où la sphère intime devient universelle. La réalisation accompagne parfaitement cette démarche, et la remarquable direction de la photographie révèle une profonde sensibilité envers le sujet lui-même. Les différentes chorégraphies, qui commencent de manière assez simple, deviennent de plus en plus complexes, montrant la progression des obsessions et des luttes du personnage principal. La musique, très bien choisie et élégamment tissée dans les images elles-mêmes, accompagne avec délicatesse toutes les émotions des deux personnages. Dans l’ensemble, la production en fait un chef-d’œuvre.»

Les mêmes yeux que toi
PRIX DE LA MEILLEURE OEUVRE CANADIENNE
Amadou et Mariam : Sons du Mali réalisé par Ryan Marley
Canada | 2025 | 1 h 27 min | Français, Anglais, Bambara | Sous-titres : Français

« Amadou et Mariam : Sons du Mali est un merveilleux documentaire consacré à un couple tout aussi merveilleux. Grâce à une cinématographie magnifique et à un montage non moins remarquable, le film transmet un message puissant, à travers leur attitude simple, mais à la fois directe et efficace envers l’humanité. La musique est bien sûr une véritable protagoniste du film, ce que les documentaires musicaux ne parviennent pourtant pas toujours à accomplir. Grâce à une narration brillante, musique et personnages s’entrelacent habilement pour donner un résultat exaltant. C’est bien plus qu’un portrait : c’est une histoire d’amour, une biographie artistique et une histoire culturelle et politique du Mali. »
Disponible en ligne du 20 au 29 mars 2026
COMPÉTITION INTERNATIONALE - COURTS-MÉTRAGES 
PRIX DU MEILLEUR COURT-MÉTRAGE
Mbarodi réalisé par Mamadou Khouma Gueye
Sénégal | 2025 | 20 min | Wolof | Sous-titres : Anglais

« Ce film nous a touchés par sa force tranquille. Par sa lenteur assumée, parfois exigeante pour le spectateur, mais qui nous est apparue profondément délibérée et essentielle à son propos. Nous avons également été profondément touchés par la réflexion que le film porte sur les fractures de notre monde : les déplacements, les ruptures culturelles, la dislocation de nos identités et de nos univers spirituels. »

Mbarodi
PRIX SPÉCIAL DU JURY
Les mêmes yeux que toi réalisé par Derek Branscombe
Canada | 2025 | 11 min | Français | Sous-titres : Anglais

« Un film particulièrement singulier et puissant, qui laisse une empreinte durable après le visionnage. Nous avons été profondément touchés par la puissance des images et par l’incarnation remarquable des corps, notamment à travers les séquences de danse, qui expriment avec beaucoup de finesse les tensions intérieures et les émotions indicibles. »

Les mêmes yeux que toi
COMPÉTITION INTERNATIONALE - LONGS-MÉTRAGES
PRIX DU MEILLEUR ESSAI CINÉMATOGRAPHIQUE
Ça reste entre nous réalisé par Maryam Shapoorian
Iran | 2025 | 1 h 2 min | Français | Sous-titres : Français

« Un dialogue tendre et posé entre deux vies et une civilisation, raconté entièrement à travers des photographies et des cartes postales, où l’archéologie de la dévotion privée devient un acte discrètement radical de préservation culturelle. »
Disponible en ligne du 20 au 29 mars 2026
PRIX DU MEILLEUR PORTRAIT
Viktor réalisé par Olivier Sarbil
France, États-Unis, Danemark, Ukraine | 2024 | 1 h 31 min | Russe, Ukrainien | Sous-titres : Anglais

« Une exploration originale de l’absurdité de la guerre, suivant la quête de sens et de raison d’un homme à travers le regard d’un artiste qui ne peut tout simplement pas se taire. »
Viktor
PRIX DU JURY
The Designer is Dead réalisé par Gonzalo Hergueta
États-Unis, Espagne | 2025 | 1 h 26 min | Anglais, Espagnol | Sous-titres : Anglais

« Un portrait intime et visuellement saisissant d’un artiste inflexible dont le retrait discret du monde commercial révèle le véritable coût et le courage que requiert l’intégrité créative. »


Jeudi 19 mars 2026, 19h45 à la Cinémathèque québécoise
Disponible en ligne du 20 au 29 mars 2026
GRAND PRIX
Mes fantômes arméniens réalisé par Tamara Stepanyan
France, Arménie | 2025 | 1 h 14 min | Arménien | Sous-titres : Anglais

« Une lettre d’amour profondément poétique au cinéma et à la mémoire nationale, tissant archives personnelles et publiques en une tapisserie d’une grande résonance émotionnelle, qui invite le spectateur à tomber amoureux de l’histoire arménienne aux côtés du cinéaste. »

Jeudi 19 mars 2026, 17h30 à la Cinémathèque québécoise
 
Mes fantômes arméniens
LES JURYS
 
Reconnus par la critique et le public tant pour leur créativité, leur parcours professionnel que leur rayonnement sur les scènes canadienne et internationale, voici les membres des prestigieux jurys de la 44e édition.
Le jury de la compétition internationale longs-métrages est composé de Deborah Gabinetti, directrice générale du Bali Film Center et fondatrice du Balinale (Bali International Film Festival) en indonésie; Fabrizio Zappi, directeur Culture et Éducation à la Rai en Italie; Olivier Côté, cinéaste de Montréal; Sonia Prior Gomez, responsable de la production audiovisuelle et de la gestion numérique au Musée du Prado en Espagne; et Elizabeth Markevitch, fondatrice d’IkonoTV à Berlin en Allemagne.
Le jury de la compétition internationale courts-métrages est composé de Loránd János, fondateur et directeur de Choreoscope, le Barcelona Dance Film Festival en Espagne; Anne-LiseRosier, directrice des projets et partenariats stratégiques et responsable des programmes Villa Créative et Villa Naturalité à la Fondation Avignon Université en France; et Eve Tagny, artiste basée à Montréal.
Le jury de la compétition nationale est composé de Max Beckham Ortner, secrétaire général de l’IMZ International Music + Media Centre à Vienne en Autriche; Antoine Leonetti, directeur et programmateur du Barcelona FIRE!! LGBT Film Festival en Espagne et Moridja Kitenge Banza, artiste basé à Montréal.
LE FIFA 44 EN LIGNE COMMENCE VENDREDI
Le FIFA 44 en ligne du 20 au 29 mars !

Maigret et le mort amoureux de Pascal Bonitzer

Bande Annonce
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Avec Maigret et le mort amoureux, Pascal Bonitzer ne cherche ni à moderniser brutalement Georges Simenon ni à l’embaumer dans une révérence patrimoniale. Il choisit une voie plus risquée, plus ambiguë : celle d’un cinéma de l’effacement, où le mystère n’est pas tant une énigme à résoudre qu’une atmosphère à habiter. Dans ce geste discret mais opiniâtre, il trouve en Denis Podalydès un interprète idéal — un Maigret inattendu, presque en retrait, mais dont la densité intérieure finit par imposer une présence durable.

Dès les premières scènes, quelque chose déroute. Le film, censé se dérouler au début des années 2000, semble flotter hors du temps. Les décors — appartements cossus, couloirs ministériels feutrés, rues parisiennes à peine animées — paraissent appartenir à une époque indécidable. Ce choix, loin d’être anecdotique, rejoint une intuition profonde du cinéma de Bonitzer : l’univers de Simenon ne relève pas du réalisme historique, mais d’une forme d’abstraction sociale. Comme le suggère Podalydès lui-même, Maigret évolue dans un monde où les marqueurs temporels sont volontairement gommés, à la manière d’un Tintin sans âge.

L’intrigue, adaptée de Maigret et les vieillards (1960), tient en quelques lignes : un ancien ambassadeur est retrouvé mort dans son appartement, et une correspondance amoureuse de cinquante ans avec une princesse récemment veuve vient troubler les évidences. Mais Bonitzer n’est pas un cinéaste de l’intrigue. Il se méfie des mécanismes trop bien huilés du polar, préférant substituer à la progression dramatique une lente sédimentation de regards, de silences et de soupçons. Le crime, ici, n’est jamais spectaculaire ; il est presque secondaire, comme dissous dans une méditation plus vaste sur le temps, la mémoire et les illusions sociales.


Ce déplacement repose en grande partie sur l’interprétation de Podalydès. Là où d’autres incarnations du commissaire — de Jean Gabin à Gérard Depardieu — privilégiaient la masse, l’autorité ou la mélancolie terrienne, Podalydès opte pour une intériorité presque fragile. Son Maigret ne domine pas les situations ; il les absorbe. Il écoute, observe, doute. La fameuse pipe, loin d’être un simple accessoire iconique, devient chez lui un instrument de pensée, un prolongement visible d’une activité mentale incessante. Chaque bouffée semble suspendre le temps, comme si l’enquête se déroulait moins dans les lieux que dans l’espace invisible de la réflexion.

Ce choix d’incarnation transforme profondément la dynamique du film. L’enquête ne progresse pas par accumulation d’indices, mais par inflexions imperceptibles. Un regard échangé avec Jacotte (une Anne Alvaro remarquable de retenue), une hésitation dans la voix de la princesse de Vuynes (Dominique Reymond, fascinante d’opacité), un détail insignifiant dans un appartement trop bien ordonné — autant de micro-événements qui composent une cartographie mentale plutôt qu’un récit classique.

C’est peut-être là que le film trouve sa plus grande singularité : dans cette manière de faire du polar un théâtre de la conscience. Bonitzer, fidèle à sa formation intellectuelle et à son goût pour les dialogues ciselés, privilégie les scènes de confrontation verbale, où la vérité ne surgit jamais frontalement mais se dérobe, se reformule, se contredit. On pense parfois à Éric Rohmer dans cette façon de filmer la parole comme un terrain d’incertitude, où chaque phrase ouvre plus de questions qu’elle n’en résout.


Cependant, ce parti pris n’est pas sans risques. À plusieurs reprises, le film semble frôler l’inertie. L’absence de tension dramatique traditionnelle, combinée à une mise en scène volontairement discrète, peut donner l’impression d’un certain immobilisme. Les spectateurs en quête de rebondissements ou de suspense pourraient se sentir tenus à distance, voire frustrés par cette économie de moyens. La caméra de Bonitzer, souvent fixe, refuse toute emphase, comme si elle craignait de trahir la délicatesse du matériau.

Mais cette retenue constitue aussi la force du film. Elle permet notamment de redonner une place centrale à un élément souvent négligé dans les adaptations de Maigret : la vie domestique. La relation entre le commissaire et son épouse, incarnée avec une douceur lumineuse par Irène Jacob, introduit une dimension inattendue. Loin du cliché du policier solitaire et tourmenté, ce Maigret aspire à la simplicité d’un repas partagé, à la chaleur d’un foyer. Ces moments, presque anodins, offrent un contrepoint essentiel à l’enquête, rappelant que la compréhension du crime passe aussi par une compréhension de la vie ordinaire.

Cette attention au quotidien rejoint l’une des grandes qualités de Simenon, que Podalydès découvre ici avec une admiration presque émerveillée : sa capacité à saisir les structures sociales à travers des détails apparemment insignifiants. Le film restitue avec finesse cette dimension sociologique. Les milieux traversés — aristocratie vieillissante, haute administration, petite bourgeoisie — apparaissent comme des mondes clos, régis par des codes implicites et des silences éloquents. On retrouve ce mélange de lucidité et de compassion qui fait la singularité de l’œuvre de Simenon, à mi-chemin entre Marcel Proust et Pierre Bourdieu.


Le choix de modifier le dénouement du roman — en laissant planer un doute sur les véritables responsabilités — s’inscrit dans cette logique. Là où le texte original apportait une résolution claire, Bonitzer préfère l’ambiguïté. La dernière scène, située trois mois après les faits, agit comme une fissure dans le récit : ce que l’on croyait établi vacille, et avec lui la figure même du commissaire. Maigret n’est plus celui qui sait, mais celui qui doute — et ce doute, loin d’être une faiblesse, devient la condition même de sa lucidité.

Au final, Maigret et le mort amoureux est un film qui demande au spectateur une forme de disponibilité rare. Il ne cherche ni à séduire immédiatement ni à impressionner par sa virtuosité. Il avance à pas feutrés, comme son personnage principal, préférant la nuance à l’éclat, la suggestion à la démonstration. Ce choix pourra diviser — certains y verront une œuvre trop sage, voire austère — mais il témoigne d’une véritable cohérence artistique.

En confiant le rôle à Podalydès, Bonitzer ne se contente pas de proposer une nouvelle incarnation de Maigret ; il en redéfinit les contours. Ce commissaire n’est plus une figure d’autorité, mais une présence attentive, presque méditative, qui fait de l’enquête un exercice de pensée. Dans un paysage cinématographique souvent dominé par le spectaculaire et la surenchère, cette approche apparaît comme un geste de résistance — modeste, peut-être, mais profondément singulier.

Et c’est sans doute là, dans cette discrétion assumée, que le film trouve sa véritable grandeur.

Au cinéma dès le 20 mars.

LENA GHIO   

Sunday, March 15, 2026

THE SECRET AGENT • Now on MUBI • A MUST SEE!!!

TRAILER
 FRANÇAIS app de traduction en haut

There are films that unfold like carefully assembled machines, each narrative gear turning with visible precision. And then there are films that feel as though they have seeped out of a dream—mysterious, elliptical, pulsing with moods that cannot be diagrammed. The Secret Agent, written and directed by Kleber Mendonça Filho, belongs firmly in the latter category. It is a political thriller, yes, but also a meditation on memory, fear, fatherhood, and the strange elasticity of time under authoritarian rule. At nearly three hours, the film moves with an unhurried confidence, daring its audience to lean forward and listen closely. The reward is one of the most distinctive cinematic experiences in recent years.

Set in Recife in 1977, roughly halfway through Brazil’s long military dictatorship, the film immerses us in a world where danger lurks behind everyday gestures. A glance lasts too long. A joke lands with an echo of menace. Conversations drift toward meaning but stop just short of revealing it outright. Mendonça Filho has always been attuned to the political textures of ordinary spaces, and here he transforms an entire city into a stage where paranoia mingles with the intoxicating rhythms of Carnival.

The story follows Marcelo, played by Wagner Moura with quiet magnetism. Marcelo arrives in Recife driving a bright yellow Volkswagen Beetle, a modest vehicle that becomes both refuge and metaphor—an inconspicuous shell carrying secrets within. Moura’s performance is remarkable in its restraint. His Marcelo is neither a swaggering spy nor a melodramatic fugitive. Instead, he is a man with tired eyes and a gentle demeanor, someone whose past has left faint but unmistakable scars. Moura lets silence do much of the work; his expressions suggest entire histories the screenplay deliberately withholds.

The film’s opening sequence immediately signals that we are entering a morally unstable landscape. Marcelo stops at a dilapidated gas station on the outskirts of the city during Carnival season. Nearby lies a corpse, partially covered with cardboard, surrounded by flies and stray dogs. The gas station attendant recounts the death with casual indifference: the man tried to steal motor oil and was shot by a clerk. When two police officers arrive, they barely acknowledge the body. Instead, they scrutinize Marcelo’s car and eventually request a “donation” to the Policeman’s Carnival Fund.

The scene is darkly comic and quietly terrifying. Violence has become banal; corruption is routine. Yet Mendonça Filho stages the moment with a kind of surreal calm, as if this grotesque tableau were simply another roadside attraction. When Marcelo finally drives away, the soundtrack introduces a soft rock ballad that feels almost absurdly tender against the grim imagery. The contrast captures the emotional paradox at the heart of the film: nostalgia and dread occupying the same breath.

From there, the narrative unfolds like a mosaic. Marcelo’s reasons for coming to Recife remain opaque for a long stretch, and Mendonça Filho seems in no hurry to clarify them. Instead, the film introduces a constellation of characters whose lives intersect with Marcelo’s in ways both accidental and inevitable.

Among them is Dona Sebastiana, a sharp-tongued elderly woman who becomes Marcelo’s local contact. Played with mischievous authority by Tânia Maria, she is the kind of character who feels as though she has wandered in from a completely different film—perhaps a wry domestic comedy—yet her presence anchors the story. Her cigarette smoke curls through narrow alleyways like a signal to unseen watchers.

Two hired killers, Agusto and Bobbi, are tasked with finding Marcelo. Their relationship carries the uneasy intimacy of a surrogate father and son, a dynamic that mirrors Marcelo’s own complicated bond with his young child, Fernando. Mendonça Filho repeatedly draws attention to absent or fractured families. Some parents have vanished. Others are physically present but emotionally unreachable. In a dictatorship built on silence, generational continuity becomes fragile.

The father-son theme gives the film its emotional core. Marcelo secretly visits Fernando, who lives with his maternal grandparents. Their scenes together are disarmingly simple: a walk, a conversation, a hesitant embrace. The boy asks when his mother is coming back, and Marcelo—trapped between truth and protection—offers an answer that floats somewhere between both. Moura plays these moments with aching restraint, suggesting a man who understands that even love can be dangerous.

Yet The Secret Agent is not a conventional drama about family or espionage. Mendonça Filho frequently allows reality to slip into something stranger. The film’s atmosphere is infused with hints of magical realism—not in overt supernatural events, but in the way ordinary spaces begin to feel haunted by invisible histories. Recife itself becomes a living archive. Government offices, dusty ID records, seaside streets, and crowded markets seem saturated with memories that refuse to stay buried.

Cinematographically, the film is sumptuous. The saturated colors of Carnival—yellows, reds, and electric blues—contrast with the muted interiors of bureaucratic buildings. The camera glides patiently through streets thick with music and bodies, capturing a Brazil that feels vibrant yet perpetually on edge. One senses the influence of 1970s political cinema, but the style never feels nostalgic for its own sake. Instead, the film evokes the era’s texture as a way of understanding how authoritarianism seeps into daily life.


The soundtrack is another unexpected triumph. Mendonça Filho peppers the film with international pop songs whose emotional tones sometimes clash with the onscreen tension. Rather than feeling ironic, these choices deepen the film’s dreamlike quality. Music drifts through scenes like memories from another life—moments of tenderness interrupting an atmosphere of suspicion.

What makes The Secret Agent so compelling is its refusal to simplify the moral terrain. Violence in the film is not confined to villains in uniform. Contract killers operate with businesslike pragmatism; bureaucrats conceal cruelty behind paperwork; ordinary citizens learn to navigate the system by ignoring what they know. The film suggests that authoritarian societies cultivate a particular psychological adaptation: the ability to live beside horror without acknowledging it directly.

Despite its sprawling structure, the narrative gradually tightens around Marcelo’s past and the forces hunting him. By the time the film reaches its final movement, the earlier fragments—family trauma, political intrigue, fleeting relationships—converge into something both inevitable and haunting. Mendonça Filho delivers an ending that feels less like a resolution than an echo, reverberating through everything we have just seen.

In the end, The Secret Agent lingers because it trusts ambiguity. It does not hand the viewer a tidy interpretation or a single moral lesson. Instead, it asks us to inhabit its uneasy rhythms—to feel the weight of a world where secrets are currency and silence is survival.

Few contemporary films operate with such confidence in mood and texture. Fewer still manage to transform a historical thriller into something that feels like a half-remembered dream. Mendonça Filho has crafted a work that is at once politically incisive and hauntingly poetic. Like the city it portrays, The Secret Agent is layered, vibrant, and full of shadows—and once you step inside its labyrinth, it is difficult to find your way back out.

NOW ON MUBI

LENA GHIO