Monday, March 23, 2026

44e ArtFIFA en ligne • Wider Than the Sky de Valerio Jalongo

FIFA en ligne

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Avec Wider Than the Sky, présenté en première nord-américaine au Festival du Film sur L'Art 2026, Valerio Jalongo poursuit une trajectoire singulière dans le paysage documentaire contemporain : celle d’un cinéaste fasciné par les systèmes complexes et les zones de friction entre science, philosophie et expérience humaine. Après avoir interrogé les liens entre physique et esthétique dans The Sense of Beauty, il s’attaque ici à ce qui constitue sans doute l’un des enjeux majeurs de notre époque : l’intelligence artificielle. Mais plutôt que d’adopter une posture alarmiste ou technophobe, Jalongo choisit un angle résolument contemplatif, presque lyrique, qui fait à la fois la force et la limite de son film.

Le projet est ambitieux. En croisant les regards de scientifiques, de danseurs, d’artistes et d’ingénieurs, le réalisateur tente de répondre à une question vertigineuse : est-il possible de transférer à la machine ce que l’on pourrait appeler le « cœur » du cerveau humain ? Empathie, imagination, capacité à ressentir et à coopérer — autant de qualités qui, jusqu’à récemment, semblaient inaccessibles aux systèmes artificiels. À travers une série de rencontres et de dispositifs visuels soignés, le film explore cette hypothèse sans jamais sombrer dans la démonstration didactique.

Visuellement, Wider Than the Sky impressionne. La photographie d’Ian Oggenfuss, d’une précision clinique, capte aussi bien la froideur aseptisée des laboratoires que la chaleur organique des studios de danse. Le montage de Michelangelo Garrone privilégie les correspondances sensibles : un geste chorégraphique répond à une simulation neuronale, une interface numérique dialogue avec un visage humain. Ce jeu d’échos crée une continuité poétique entre des univers que tout semble opposer. La musique de Kety Fusco, discrète mais enveloppante, accentue cette impression d’immersion dans un espace intermédiaire, à mi-chemin entre le tangible et l’abstrait.

Le film trouve également sa singularité dans sa volonté de rapprocher l’art et la science. Jalongo filme des corps en mouvement, des regards concentrés, des machines en apprentissage, comme s’il cherchait à révéler une même énergie créatrice à l’œuvre dans ces différents champs. Cette approche culmine dans certaines séquences où un robot humanoïde dialogue avec des humains sur la nature des émotions. Ces moments, parfois troublants, interrogent la frontière entre imitation et expérience réelle : simuler un sentiment suffit-il à le rendre authentique ?

C’est précisément dans cette zone d’incertitude que le documentaire déploie toute sa puissance évocatrice. Jalongo ne cherche pas à trancher, mais à ouvrir des pistes, à suggérer que l’intelligence artificielle pourrait devenir un prolongement de notre humanité plutôt qu’une menace. Il propose une vision presque utopique d’une « intelligence collective », nourrie par les savoirs accumulés au fil de l’histoire humaine et mise au service du bien commun. Cette idée, inspirée notamment par des collaborations internationales comme le Human Brain Project, constitue le cœur idéologique du film.

Cependant, cette orientation, aussi séduisante soit-elle, soulève un problème majeur : en privilégiant une approche poétique et spéculative, Wider Than the Sky évite soigneusement les questions les plus urgentes et les plus dérangeantes liées à l’intelligence artificielle aujourd’hui. L’impact environnemental des technologies numériques, les logiques de concentration du pouvoir économique, les usages militaires et sécuritaires de l’IA — autant de dimensions cruciales qui sont à peine évoquées, voire totalement absentes.

Ce choix n’est pas anodin. Il confère au film une dimension abstraite qui peut donner le sentiment d’un certain décalage avec la réalité contemporaine. À l’heure où l’IA est déjà utilisée pour surveiller, classifier, prédire et parfois tuer, l’absence d’une réflexion politique approfondie apparaît comme une lacune difficile à ignorer. Jalongo semble conscient de ces enjeux — son mot de réalisation évoque explicitement les risques de contrôle social et de dérives autoritaires — mais ces préoccupations restent en marge du film lui-même, comme reléguées hors champ.

Ce décalage est d’autant plus frappant que le rythme effréné des avancées technologiques rend certaines réflexions du documentaire presque obsolètes au moment même de sa sortie. Là où Jalongo s’émerveille encore de la capacité des machines à « halluciner » ou à produire des formes artistiques, le spectateur contemporain, déjà familiarisé avec ces phénomènes, peut ressentir une forme de redondance. Le film semble courir après un présent qui lui échappe constamment.

Pour autant, réduire Wider Than the Sky à ses insuffisances serait injuste. Car ce que le film perd en acuité politique, il le gagne en profondeur philosophique. Jalongo pose une question essentielle : qu’est-ce qui fait de nous des êtres humains ? En cherchant à comprendre si une machine peut ressentir, il nous oblige à interroger notre propre rapport aux émotions, à la conscience, à la créativité. Le film agit ainsi comme un miroir, reflétant nos espoirs, nos peurs et nos contradictions face à une technologie qui nous ressemble de plus en plus.

Il y a dans cette démarche une forme de sincérité désarmante. Jalongo ne diabolise pas l’intelligence artificielle, mais refuse également de la célébrer aveuglément. Il adopte une position intermédiaire, cherchant à imaginer une cohabitation possible entre l’humain et la machine. Cette nuance, rare dans un débat souvent polarisé, mérite d’être saluée. Mais elle aurait gagné à s’accompagner d’une analyse plus rigoureuse des rapports de force qui structurent le développement de ces technologies.

En fin de compte, Wider Than the Sky est un film paradoxal. À la fois fascinant et frustrant, inspirant et incomplet. Il séduit par sa beauté formelle et la richesse de ses intuitions, mais laisse un goût d’inachevé par son refus d’affronter pleinement les enjeux politiques et économiques de l’intelligence artificielle. C’est un film qui regarde vers le ciel — vers l’infini des possibles — mais qui oublie parfois de garder les pieds sur terre.

Ce paradoxe en fait néanmoins une œuvre précieuse. Non pas parce qu’elle apporte des réponses définitives, mais parce qu’elle invite à poursuivre la réflexion. À une époque où les discours sur l’IA oscillent entre fascination naïve et catastrophisme, Jalongo propose une troisième voie, plus fragile, plus incertaine, mais aussi plus humaine. Une voie qui, malgré ses limites, mérite d’être explorée.

J'ai accompagné mon visionnement en ligne avec le court métrage L'Enfant film de Louise Deschamps.

 FIFA en ligne jusqu'au 29 mars 2026

Sunday, March 22, 2026

What if I tried?

 

FRANÇAIS app de traduction plus haut

There’s a quiet moment that exists just before everything changes. It doesn’t look dramatic. There’s no music swelling in the background, no spotlight, no announcement. It’s just a thought—small, almost unnoticeable:

What if I tried?

That single question has built cities, healed divisions, crossed oceans, and rewritten the limits of what we believe is possible. Every extraordinary story you’ve ever known began in that exact place: uncertainty paired with a flicker of courage.

We are taught to wait for the perfect time. When we’re ready. When we’re confident. When we have the approval, the resources, the guarantee. But history—your own life included—doesn’t move forward because people were ready. It moves because they acted anyway.

You don’t need to be fearless to begin. You just need to decide that fear doesn’t get the final vote.

Right now, somewhere in the world, someone is starting from less than you have and still choosing to move forward. Not because it’s easy, but because staying still has become more painful than trying. That’s the turning point—not when conditions improve, but when your decision does.

The truth is, you are far more capable than you’ve been led to believe. Not in a vague, motivational sense—but in a real, practical way. You can learn what you don’t know. You can build what doesn’t exist. You can recover from failure, even if it feels impossible in the moment. Humans do it every single day.

What stops most people isn’t lack of ability. It’s the weight of doubt, the fear of judgment, the comfort of the familiar. It’s the voice that says, “Who do you think you are?”

But there’s another voice, quieter and often ignored, that asks something much more powerful:

“Why not you?”

Why not be the one who starts the idea, who speaks up, who creates something meaningful, who changes one life—or a million? Why not be the person who refuses to shrink just to fit into expectations that were never designed for your potential?

You don’t have to change the entire world to matter. You just have to change one moment. One decision. One action. Because impact doesn’t spread through grand gestures alone—it grows through consistency, through courage in small steps, through showing up again and again when it would be easier not to.

And here’s the part most people overlook: your existence already shifts the world. The way you treat others, the energy you bring into a room, the risks you take or avoid—it all ripples outward in ways you may never fully see.

So if you’re waiting for permission, consider this it.

Start the project. Send the message. Learn the skill. Take the step.

Not because it’s guaranteed to work—but because doing nothing guarantees that it won’t.

One day, you’ll look back at this version of yourself and realize this was the moment everything could have changed.

And maybe—just maybe—

this is the moment it does.

Friday, March 20, 2026

Viktor par Olivier Sarbil au 44e ArtFIFA


Bande Annonce

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Dans Viktor, documentaire âpre et délicatement sculpté, Olivier Sarbil ne filme pas seulement la guerre — il en capte le silence. Ce silence n’est pas une absence, mais une matière dense, presque tactile, qui enveloppe chaque image et transforme l’expérience du spectateur en immersion sensorielle troublante. Présenté cette semaine au Festival International du Film sur l’Art, (FIFA) où il a remporté le Prix du meilleur portrait, le film s’impose comme une œuvre rare, à la fois profondément humaine et formellement audacieuse.

Dès ses premières images, Viktor s’éloigne des codes attendus du documentaire de guerre. Ici, pas de narration didactique ni de surenchère spectaculaire. Sarbil, cinéaste et chef opérateur aguerri, choisit une approche presque contemplative, en suivant Viktor Korotovskyi, jeune homme sourd vivant dans la région de Kharkiv, au moment où l’invasion russe bouleverse l’Ukraine. Ce choix de protagoniste n’est pas anodin : il devient le prisme à travers lequel la guerre se redéfinit, dépouillée de son vacarme habituel pour révéler une autre forme de violence — plus sourde, plus insidieuse.

Viktor est un personnage fascinant, non pas parce qu’il incarne une figure héroïque au sens traditionnel, mais parce qu’il déconstruit précisément cette notion. Nourri par les récits de guerre et fasciné par les samouraïs, il rêve de devenir combattant. Pourtant, sa surdité l’exclut d’emblée de ce rôle. Ce refus initial agit comme une fissure dans son imaginaire : la guerre qu’il fantasmait se dérobe, laissant place à une réalité où l’héroïsme ne passe pas nécessairement par les armes.


Sarbil accompagne cette transformation avec une sensibilité remarquable. Sa caméra, souvent proche des corps et des visages, capte les hésitations, les élans et les silences de Viktor avec une pudeur presque tactile. Il ne cherche jamais à dramatiser artificiellement la trajectoire de son sujet. Au contraire, il laisse émerger une vérité fragile, parfois inconfortable : celle d’un homme en quête de sens dans un monde qui semble en être dépourvu.

L’un des aspects les plus saisissants du film réside dans son travail sonore. Paradoxalement, c’est en explorant la surdité que Viktor devient une expérience sonore d’une richesse exceptionnelle. Le design sonore, élaboré avec une précision chirurgicale, joue sur les contrastes entre immersion et retrait. Par moments, le spectateur est plongé dans une quasi-absence de son, partageant la perception de Viktor ; à d’autres, des fragments sonores surgissent, déformés, amplifiés, presque menaçants. Cette oscillation crée une tension constante, une instabilité sensorielle qui reflète parfaitement l’état du protagoniste.

Mais au-delà de sa prouesse technique, le film touche par sa dimension profondément intime. Le parcours de Viktor est aussi celui d’une redéfinition de la masculinité. Loin des archétypes virils associés à la guerre, il incarne une fragilité assumée, une vulnérabilité qui devient progressivement une force. En choisissant de s’engager comme photographe plutôt que comme soldat, il adopte une posture qui pourrait être perçue comme marginale, mais qui s’avère en réalité essentielle : celle du témoin.

Cette position de témoin résonne fortement avec celle du réalisateur lui-même. Sarbil, marqué physiquement et sensoriellement par ses propres expériences en zone de guerre, établit un dialogue implicite avec son sujet. Cette proximité ne tombe jamais dans l’autobiographie envahissante, mais elle confère au film une profondeur supplémentaire. On sent, dans chaque plan, une compréhension intime des enjeux, une empathie qui dépasse la simple observation.

Visuellement, Viktor est d’une beauté saisissante, presque dérangeante. Sarbil parvient à capturer des images d’une grande élégance dans un contexte de destruction. Les paysages de Kharkiv, entre ruines et vastes étendues, deviennent le théâtre d’une poésie étrange, où la lumière semble lutter contre l’effondrement. Cette esthétique ne cherche pas à embellir la guerre, mais à en révéler les contradictions : la coexistence du chaos et de la beauté, de la vie et de la mort.

Le montage, précis et fluide, accompagne cette dualité sans jamais la surligner. Il laisse respirer les images, accepte les silences, refuse la précipitation. Ce rythme contemplatif pourrait dérouter certains spectateurs habitués à des récits plus dynamiques, mais il s’impose ici comme une nécessité. Il permet d’entrer véritablement dans le temps de Viktor, de ressentir l’attente, l’incertitude, la lente transformation intérieure.

Ce qui distingue véritablement Viktor, c’est sa capacité à déplacer le regard. Là où de nombreux films sur la guerre cherchent à expliquer, à contextualiser, voire à convaincre, celui-ci choisit de faire ressentir. Il ne s’agit pas de comprendre la guerre dans sa globalité géopolitique, mais de la vivre à hauteur d’homme — ou plutôt, à hauteur d’un homme que la guerre prive d’un de ses sens, et qui, paradoxalement, semble voir plus clair que les autres.

Le film interroge également la notion d’appartenance. Viktor, rejeté par l’institution militaire, doit inventer sa propre manière de participer à l’effort collectif. Cette quête d’utilité, presque existentielle, trouve une résonance universelle. Qui sommes-nous face à la catastrophe ? Quelle est notre place lorsque les rôles traditionnels nous sont refusés ? Viktor ne donne pas de réponses définitives, mais il ouvre un espace de réflexion d’une rare profondeur.


Il y a, dans certaines séquences, une dimension presque méditative. Viktor, seul avec son appareil photo, observe le monde avec une attention minutieuse. Chaque geste devient signifiant, chaque regard chargé de sens. Ces moments suspendus offrent un contrepoint essentiel à la violence environnante. Ils rappellent que, même au cœur du chaos, il subsiste des espaces de contemplation, des fragments d’humanité qui résistent.

La musique, discrète mais évocatrice, accompagne cette dimension introspective sans jamais l’écraser. Elle agit comme un fil invisible, reliant les différentes strates du film — le réel, l’imaginaire, le souvenir. Elle contribue à cette sensation d’apesanteur qui traverse certaines scènes, comme si le temps lui-même hésitait à avancer.

En définitive, Viktor est bien plus qu’un documentaire sur la guerre en Ukraine. C’est une méditation sur le silence, sur l’identité, sur la manière dont les êtres humains se réinventent face à l’adversité. C’est aussi un geste profondément politique, non pas dans son discours explicite, mais dans son choix de donner la parole — ou plutôt, la présence — à une voix rarement entendue.

Le Prix du meilleur portrait décerné au film apparaît alors comme une évidence. Car ce que Sarbil réussit ici dépasse le simple exercice de style : il crée une rencontre. Une rencontre entre un cinéaste et son sujet, entre une œuvre et son public, entre le bruit du monde et le silence intérieur.

Et dans ce silence, paradoxalement, résonne quelque chose d’essentiel : une humanité nue, fragile, mais irréductiblement vivante.

Dès ce fin de semaine, le FIFA se poursuit en ligne.

LENA GHIO   

ROME, In Caesar's Footsteps @ Palais des Congrès Montreal

INFORMATIONS

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There is something faintly audacious about attempting to resurrect a civilization as vast, contradictory, and mythologized as ancient Rome inside a headset. Yet ROME, in the footsteps of Caesar, the new VR experience produced in Montreal by Studio Shaman, embraces that ambition with a confidence that is at once uneven and, at its best, genuinely transporting. What emerges is not a perfect simulation, but a strikingly evocative one—an experience that succeeds less through narrative subtlety than through the overwhelming visual authority of its world.

From the outset, the production frames itself through the voice and perspective of Julius Caesar, positioning the viewer not merely as an observer but as a kind of temporal confidant. The conceit is effective. Caesar, suspended in a surreal liminal space of marble and mist, becomes both guide and ghost, ushering participants through the rise and imminent collapse of the Republic in 44 BCE. The framing device is theatrical, even operatic, and it prepares the viewer for what the experience does best: spectacle.

And spectacle, here, is rendered with remarkable conviction. The recreation of the Roman Forum—that dense nexus of political, religious, and commercial life—is a triumph of spatial storytelling. One does not simply see the Forum; one feels its scale, its congestion, its architectural ambition. Columns tower with persuasive weight, marble gleams under an Italian sun that feels almost tactile, and the geometry of power—basilicas, temples, and speaking platforms—reveals itself intuitively while the interiors—rich with draped textiles, gilded ornament, and carefully staged opulence—extend that same authority inward, evoking the cultivated luxury of elite Roman life, from senatorial halls to the intimate grandeur of Caesar’s own tent.

It is in these moments that the experience achieves something rare in VR: a sense of historical proximity. The grandeur and splendor of Roman architecture, often flattened in textbooks into diagrams and ruins, is here restored to its original theatricality. The interiors, in particular, are revelatory. Lavish domestic spaces—suggestive of elite domus—unfold in saturated color and intricate detail, reminding us that Roman power was not only exercised in public but performed in private, through luxury, ornament, and control of space.

The highlight, perhaps, is the vantage point offered inside the Circus Maximus. To witness the arena from Caesar’s loge is to understand, viscerally, the politics of spectacle in ancient Rome. The sheer scale of the structure, combined with the implied roar of the crowd, conveys more about Roman mass culture than any lecture could. It is a moment of alignment between historical insight and sensory immersion, and it lingers.

Equally compelling, though more easily overlooked, is a quieter scene set within a Roman fast-food establishment—a thermopolium. These spaces, only recently brought vividly to public attention through excavations in Pompeii, offer a glimpse into everyday life that feels refreshingly unheroic. Archaeologists have uncovered vividly painted counters and food containers that suggest a bustling street-food culture, challenging long-held assumptions about Roman dining habits. For a visual reference, this reconstruction of a Pompeian food counter is particularly illuminating: . That the VR experience includes such a moment—small, almost incidental—speaks to its broader commitment to situating grandeur alongside the ordinary.


Yet for all its visual sophistication, ROME, in the footsteps of Caesar reveals its limitations in its human dimension. The virtual characters, who populate the experience and occasionally invite interaction, are its weakest element. Their movements lack fluidity, their expressions feel constrained, and their presence rarely achieves the illusion of lived reality. In a medium that thrives on immersion, this stiffness becomes difficult to ignore. The figures seem less like inhabitants of a living world than like animated annotations within it.

This shortcoming is particularly evident in moments that aim for dramatic weight, such as scenes set in Curia of Pompey, the site of Caesar’s assassination. The architecture convinces; the atmosphere holds. But the characters—senators, conspirators—fail to embody the tension the setting demands. The result is a curious imbalance: one believes in the room, but not entirely in the people within it.

The interactive elements, too, feel more obligatory than essential. Gesture-based manipulation of objects is technically impressive, but it rarely deepens the experience in meaningful ways. One senses that the production is aware of contemporary expectations around interactivity and has responded accordingly, without fully integrating those mechanics into its storytelling. The experience would lose little, and perhaps gain coherence, if it leaned more decisively into its strengths as a guided, cinematic journey.

Where the production shows notable restraint—and wisdom—is in its approach to movement. Rather than requiring participants to physically “walk” through each environment, transitions are largely handled through technological shifts: dissolves, repositioning, and controlled perspective changes. In an era when VR often overestimates users’ tolerance for simulated locomotion, this choice feels humane. It minimizes the risk of disorientation or dizziness, allowing the viewer to remain focused on the environments themselves. The result is a smoother, more accessible experience that prioritizes clarity over novelty.

What ultimately defines ROME, in the footsteps of Caesar is its ability to reconstitute a world that has long existed in fragments. Ancient Rome, as most encounter it, is a city of ruins and reconstructions, of scholarly conjecture and cinematic exaggeration. Here, it is something else: a coherent, navigable space that can be apprehended in 45 minutes. The compression is necessarily reductive—no experience could encompass the full complexity of Rome—but it is also clarifying. By moving from the founding myths of the city to the brink of imperial transformation, the production offers a distilled narrative that is both educational and emotionally resonant.

There is, too, a subtle poignancy in experiencing this world through Caesar’s perspective. His presence, hovering between triumph and mortality, lends the journey a sense of inevitability. The viewer is not merely touring Rome; they are witnessing a civilization at a turning point, aware—if only dimly—of what is about to be lost and transformed.

The experience is not without flaws. Its characters lack vitality, its interactivity feels underdeveloped, and its narrative occasionally leans toward the didactic. Yet these shortcomings do not diminish its central achievement. When it turns its attention to architecture, to space, to the material culture of power and daily life, it becomes something quietly extraordinary.

In the end, ROME, in the footsteps of Caesar is less about Caesar himself than about the world he inhabited and helped reshape. It is an invitation to see Rome not as ruin, but as presence—to stand, however briefly, within its grandeur and its contradictions. Imperfect though it may be, it is an experience that lingers, and one that is easy to recommend to anyone curious about the ancient world, or about the evolving possibilities of virtual reality as a medium for historical imagination.

INFORMATIONS

For a better understanding of the structures then and now:

Part 1: https://www.youtube.com/watch?v=eHCYYW2hLmY

LENA GHIO   

🌼 Plural dévoile ses visites guidées et ses ateliers


La Fondation AGAC est fière de dévoiler aujourd'hui les visites guidées et les ateliers du Forum Plural, qui se tiendront pendant la foire, au Pavillon du Grand Quai du Port de Montréal.

Six visites guidées seront présentées à la foire du 10 au 12 avril prochain. Ces activités, menées par des artistes, commissaires et travailleuses culturelles du milieu de l'art contemporain canadien, mettent à l'honneur la pluralité des voix et des talents de la foire à travers des visites commentées dynamiques et engageantes. Ce sera l'occasion d'en découvrir davantage sur les artistes et les pratiques exposé·e·s à Plural !
Crédit : Jean-Michael Seminaro
En complément des conférences et des visites, le Forum propose également une série de trois ateliers. Conçus par et pour la communauté artistique montréalaise, ces ateliers visent à outiller et à former les professionnel·le·s et professionnel·le·s en devenir du secteur dans leur développement de carrière, et à les engager dans des discussions qui voyageront au-delà de la foire.
La Fondation AGAC tient à souligner sa profonde gratitude envers son bienfaiteur présentateur, la Fondation de la Famille Claudine et Stephen Bronfman, pour son soutien précieux et indispensable à la réalisation du Forum Plural.
L'entrée à la foire donne accès à l'ensemble des activités du Forum qui se déroulent pendant la période de validité de votre billet. Veuillez cependant noter que les ateliers sont ouverts à un nombre limité de participant·e·s.
Achetez vos billets pour Plural !

L’exercice de la critique

12 h 15

En français


Atelier

Quels sont les outils de la critique et comment procède-t-elle ? Cette rencontre propose d’exposer le travail de la critique déployée sur le terrain, dans sa rencontre avec les œuvres. Connue d’abord par les mots d’un discours, la critique se joue pourtant aussi ailleurs dans les étapes en amont, également cruciales à sa pratique. À partir d’échanges avec le public, l'atelier cherchera à révéler ces aspects méconnus, lesquels assurent peut-être à notre époque la légitimité et la pertinence de la critique.

Animation :
• Marie-Ève Charron, critique d’art et commissaire indépendante 

Presenté par Esse arts+opinions

Réservez votre place

ANTICIPATION: A Speculative Visit with the Curator

12 h 15

En anglais



 

Visite guidée

Prenez part aux spéculations lors d’une visite de l’exposition collective ANTICIPATION, présentée au 2e étage du Grand Quai au Pavillon, par la commissaire Sophie Latouche. L’exposition explore le pouvoir prémonitoire des œuvres, envisageant l’avenir à travers la revalorisation de matériaux, la réactivation d’images et d’objets archives, l’utopie et des pratiques processuelles inscrites dans la durée. La commissaire présentera les œuvres et partagera sa démarche curatoriale.

Médiation :
• Sophie Latouche, commissaire de l'exposition

Présentée par l'AGAC

Regarder autrement : pratiques artistiques et collectionnement à travers une perspective féministe

15 h

En français



 

Visite guidée

Ce parcours de médiation propose d’explorer les pratiques artistiques et le collectionnement à travers une perspective féministe, envisagée comme un outil critique plutôt que comme une simple posture identitaire. À travers une sélection d’œuvres et de galeries, la visite abordera des enjeux liés à la subjectivité, à l’identité, à la transmission, au travail invisible et à la réécriture des récits de l’art. Elle mettra également en lumière les mécanismes de pouvoir et de visibilité qui structurent le marché de l’art.

Médiation :
• Erika Del Vecchio, commissaire et consultante en art contemporain

Présentée par The Brand is Female

SéminArts pour les 18-30 ans : 
atelier d’initiation au collectionnement de l’art contemporain et son marché


11 h 15

En français



 

Atelier

Qui sont les principaux acteurs de l’écosystème de l’art contemporain et du marché de l’art ? Quel rôle jouent les foires dans la circulation des œuvres ?

Apprenez-en davantage sur le monde de l’art — ses mécanismes, ses acteurs et son marché — dans cet atelier d’initiation présenté par SéminArts, un programme éducatif du Musée d’art contemporain de Montréal. L’activité sera suivie d’une visite de la foire et d’échanges avec différents acteurs de l’écosystème de l’art contemporain, dont deux galeristes et un membre de l’équipe de l’AGAC.

Animation :
• Yann Pocreau, artiste

Présenté par le MAC

Réservez votre place

Tendre le fil : un parcours des installations 

12 h

En français



 

Visite guidée

Laissez-vous guider parmi les installations qui traversent et transforment l’espace de la foire. Par leur échelle étendue ou leur nature hybride, ces œuvres se déploient au-delà des kiosques et s’inscrivent au sein de l’architecture. La visite commentée propose de tendre des fils entre les pratiques artistiques, de faire émerger des échos sensibles et de tisser ensemble des récits, ouvrant vers d’autres formes de relation entre les œuvres, le lieu et le public.

Médiation :
• Léa Lanthier-Lapierre, travailleuse culturelle

Présentée par l'AGAC

Ahchietehk: Braiding Traditions and Contemporary Practices in the Realm of Indigenous Art Historicity

15 h

En anglais



 

Visite guidée

Les artistes autochtones contemporain·e·s, avec leurs créations, s’émancipent des stéréotypes liés à la représentation de « l’Indien figé dans le temps ». À travers leurs œuvres, nous pouvons observer la coexistence du passé, du présent et du futur. Michèle St-Amand vous invite à circuler à travers les temporalités en sélectionnant quelques œuvres d’artistes autochtones. Ainsi, le public sera invité à contempler l’entrelacement des traditions et des pratiques contemporaines en art autochtone. D’ailleurs, étant donné la non-rupture avec le passé, est-ce que « contemporain » est une expression juste ? Nous y réfléchirons ensemble.

Michèle St-Amand souhaite remercier Andrée Levesque Sioui pour son chaleureux partage de savoirs de la langue wendat. Tiawenhk inenh Andrée!

Médiation :
• Michèle St-Amand, commissaire et candidate à la maîtrise en histoire de l’art, UQAM

Présentée par l'AGAC

Mode d’emploi : comment fixer un prix à ses œuvres quand on débute

11 h 15

En français





 

Atelier

Cet atelier vous permettra de développer une stratégie de tarification solide pour vos œuvres et s'adresse principalement aux artistes en début de carrière. Nous verrons comment calculer un prix juste qui reflète la valeur de votre travail, comment vous positionner sur le marché et comment éviter les pièges courants de la sous-évaluation ou de la surévaluation. Nous explorerons également différentes études de cas pour mieux comprendre les facteurs qui influencent le prix d'une œuvre et comment communiquer vos tarifs avec confiance.

Animation :
• Lise Fraïssé, chargée de la programmation, artch
• Sarah Kitzy Gineau Delyon, directrice générale et artistique, artch

Présenté par artch

Réservez votre place

ANTICIPATION : visite et spéculations avec la commissaire

12 h

En français





 

Visite guidée

Prenez part aux spéculations lors d’une visite de l’exposition collective ANTICIPATION, présentée au 2e étage du Grand Quai au Pavillon, par la commissaire Sophie Latouche. L’exposition explore le pouvoir prémonitoire des œuvres, envisageant l’avenir à travers la revalorisation de matériaux, la réactivation d’images et d’objets archives, l’utopie et des pratiques processuelles inscrites dans la durée. La commissaire présentera les œuvres et partagera sa démarche curatoriale.

Médiation :
• Sophie Latouche, commissaire de l'exposition

Présentée par l'AGAC

Weaving the Thread: A Walk Through the Installations

15 h

En anglais



 

Visite guidée

Laissez-vous guider parmi les installations qui traversent et transforment l’espace de la foire. Par leur échelle étendue ou leur nature hybride, ces œuvres se déploient au-delà des kiosques et s’inscrivent au sein de l’architecture. La visite commentée propose de tendre des fils entre les pratiques artistiques, de faire émerger des échos sensibles et de tisser ensemble des récits, ouvrant vers d’autres formes de relation entre les œuvres, le lieu et le public.

Médiation :
• Léa Lanthier-Lapierre, travailleuse culturelle

Présentée par l'AGAC

Réservez votre billet aujourd'hui !
Nouveauté ! Une interprétation en langue des signes québécoise (LSQ) ou en langue des signes américaine (ASL) est offerte sur réservation pour les visites guidées et les ateliers, selon la langue dans laquelle se déroule l’activité. Bien que nous fassions notre possible pour répondre aux demandes, la disponibilité des interprètes ne peut être garantie. Pour en faire la demande, merci de nous écrire à info@agac.ca avant le 1er avril.
Vous cherchez un moment calme pour visiter la foire ? Nous offrons une Heure tranquille, le dimanche 12 avril de 10h à 11h, dédiée aux personnes de la diversité capacitaire, telles que les personnes en situation de handicap, à mobilité réduite, vivant avec une douleur chronique, une perte d'audition ou encore les personnes neurodivergentes, qui peuvent se sentir surstimulées par la foule et le bruit.

Un·e interprète ASL et un·e interprète LSQ seront disponibles pour assister toute personne souhaitant communiquer avec les exposants, au besoin.

La Fondation AGAC tient à remercier chaleureusement Projet Casa pour son généreux soutien à ses initiatives d’accessibilité.
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Réservation requise au info@agac.ca