Tuesday, April 22, 2025

Le Festival Accès Asie célèbre sa 30e édition Du 1er au 31 mai 2025 à Montréal

Festival Accès Asie

Le Festival Accès Asie célèbre sa 30e édition 
Du 1er au 31 mai 2025 à Montréal

DÉVOILEMENT DE LA PROGRAMMATION


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Depuis 30 ans, le Festival Accès Asie célèbre la richesse et la diversité des expressions artistiques issues des communautés asiatiques et de leurs dialogues avec d’autres traditions culturelles. Interdisciplinaire et inclusif, il offre une plateforme essentielle aux artistes de la diaspora, favorisant les échanges et les collaborations à travers une programmation qui reflète la vitalité de la scène artistique contemporaine. En tissant des liens entre différentes générations et disciplines, le festival s’impose comme un espace de découverte et de transmission, mettant en lumière des parcours singuliers et des créations audacieuses.

Pour célébrer ses 30 ans, cette édition spéciale, présentée tout au long du Mois du patrimoine asiatique au Canada, rend hommage à trois décennies d’engagement et d’innovation artistique, marquées par une volonté constante de faire rayonner les voix asiatiques dans toute leur pluralité. À travers une programmation riche et diversifiée, elle témoigne de l’impact du festival sur le paysage culturel et de son rôle dans l’émergence de nouvelles perspectives. Plus qu’un événement, le Festival Accès Asie est une invitation à explorer des récits, des esthétiques et des sensibilités qui contribuent à façonner une scène artistique ouverte et en perpétuelle évolution.

Le Festival Accès Asie ouvrira les festivités de son 30e anniversaire le 1er mai à 17h lors d’un Cocktail d’ouverture au Conseil des arts de Montréal. Animée par l’artiste Big Daddy Queen Power, cette soirée inaugurale sera placée sous le signe de la transmission et de la célébration des cultures. Le public aura le privilège d’assister aux performances de Nina Segalowitz, chanteuse et joueuse de tambour à main inuvialuit/chipewyan, ainsi que de l’artiste de cirque japonais Ryunosuke. Pour compléter cette soirée festive, la DJ Maya Tayara proposera une sélection musicale vibrante et entraînante, invitant chacun à célébrer ensemble le lancement de cette édition exceptionnelle.

Du 24 avril au 29 mai, dans le hall du Gesù, le Festival Accès Asie, en collaboration avec le Gesù – Centre de créativité, présente l’artiste tamoule Brintha Koneshachandra et son exposition நாம் : Le divin peut-il parler ? Fragments et échos des voix tamoules d’Eelam dévoilés. À travers un corpus d’œuvres picturales et textuelles inspirées des rêves éveillés du peuple tamoul d’Eelam, l’artiste interroge les notions d’insularité, de féminité et de solidarité. Le vernissage se tiendra le 4 mai à 15h au Gesù - Hall, offrant au public une occasion privilégiée de rencontrer l’artiste et d’explorer son univers lors d’une visite guidée.

En co-présentation avec OBORO, l’artiste Charlie Khalil Prince, en collaboration avec le cinéaste Karim Ghorayeb, dévoilera son exposition to a still moment repeated du 3 mai au 14 juin à OBORO. Inspirée par son grand-père Samir Tabet, cette installation immersive, ancrée au Liban, explore le saut comme métaphore de la résilience humaine. L’inauguration de l’exposition se tiendra le 3 mai à 15h à OBORO, offrant au public une occasion unique d’échanger avec l’artiste et de plonger dans son univers. UneConférence avec Charlie Khalil Prince et Karim Ghorayeb aura également lieu le 17 mai à 14h, suivie d’une visite guidée de l’exposition par l’artiste lui-même.



En collaboration avec OBORO, le Festival Accès Asie présente 30 ans d’Asie sans Frontières - champs des miroirs, une exposition commissariée par Khosro Berahmandi et Sarah-Yang Baud, prenant place du 3 mai au 14 juin à OBORO. Cette rétrospective visuelle met en lumière trois décennies d’histoire du festival à travers une approche multidisciplinaire. Archives photographiques et projection vidéo immersive viendront illustrer son évolution, ses moments forts et ses réussites marquantes. Une invitation à un voyage visuel et historique, célébrant l’héritage et l’impact du festival au fil des ans.

Du 3 mai au 6 mai, en co-présentation avec Tangente, le Festival Accès Asie propose un programme double de danse à l’Édifice Wilder – Espace Vert. La soirée débutera avec l’artiste autochtone Samantha Sutherland qui présentera slip away, un solo poignant qui explore les sentiments de deuil et d’espoir face à la disparition de la langue ktunaxa. Ensuite, Charo Foo Tai Wei invitera à explorer les blessures intérieures en quête de guérison dans sa pièce Yearning. Une discussion avec les artistes suivra la représentation du 5 mai, offrant un moment d’échange privilégié avec le public.

Le 8 mai à 20h, la 5e édition d’Arts CanAsie en mouvement sera diffusée en direct sur Facebook et YouTube. Cette vitrine multidisciplinaire pancanadienne, portée par le Réseau artistique CanAsie, célèbre la diversité des artistes de la diaspora asiatique à travers le pays. L’événement sera diffusé simultanément dans plusieurs villes, dont Montréal, Toronto, Winnipeg, Calgary et Edmonton. Le Festival Accès Asie mettra à l’honneur la musicienne chinoise Zizhou Wang, offrant au public une performance unique à découvrir en ligne.

Le 9 mai à La Sala Rossa de 20h30 à 2h, le festival donne carte blanche à Bahay Collective. Niveau 30 : Bahay remix est une soirée unique entre culture, musique et vidéo, célébrant les 30 ans du festival aux rythmes des DJ sets de Mando, NG, Baby Bimbo, Nether et DJ Apollo. En plus de la musique, l’événement proposera une captation vidéo en direct, intitulée 30 vidéos pour 30 ans, offrant un aperçu exclusif des coulisses et du cœur de la fête. Les vidéos seront publiées tout au long du mois de mai, offrant un aperçu de ce que signifie être un.e Canadien.ne d’origine asiatique, à travers le regard de Bahay Collective.

En 2025, l’artiste kimura byol lemoine a été sélectionné·e dans le cadre d’un appel à projets pour Intervalles, un programme de résidence de production courte et de diffusion en médias numériques, organisé conjointement par OBORO et le Festival Accès Asie, partenaires de création depuis 1999. Dans cette démarche artistique, kimura byol lemoine explore les réalités diasporiques, tant nationales qu’internationales, à travers la création d’une vidéo mosaïque de 100 canaux. Ce projet intègre illustrations, sons, zines et portraits photographiques de gestes représentant des expériences de déplacement, formant ainsi un “poja-gi” vidéographique, tissage d’histoires et de mouvements issus de la diaspora. Le public est invité à découvrir l’œuvre POJA GI et à échanger avec l’artiste lors d’une présentation le 10 mai à 14h, à OBORO.

Le 11 mai à 14h, Valise Théâtre s’installera à la Maison de la culture Plateau-Mont-Royal pour présenter la pièce de marionnettes Gruffalo. Les familles sont invitées à plonger dans cet univers enchanteur et à prolonger l’expérience après la représentation grâce à un atelier de création de marionnettes animé par les artistes Mojtaba Moaf et Ghazaleh Moradiyan. Une occasion unique pour petits et grands de donner vie à leurs propres personnages et de laisser libre cours à leur imagination !



Dans un format décontracté de 5 à 7, le public est invité le 14 mai, à l’Usine C pour une discussion en français, organisée en collaboration avec l’Usine C, dans la continuité du spectacle JASMINE TOWN de Yang Zhen (présenté en mars dernier à Usine C). Identités en mouvement - Table ronde Festival Accès Asie x USINE C réunit trois représentantes du milieu culturel issues de la diaspora asiatique locale, Tau S Bui, Kim Sanh-Châu et Claudia Chan Tak. Autour de la table, elles partageront leurs expériences, aussi bien familiales que sociales et professionnelles. En apprenant à se connaître, elles échangeront sur leurs parcours et leur rapport à l’identité, notamment dans les arts vivants et visuels.



Le danseur et chorégraphe libanais Jassem Hindi, basé en Norvège, animera une Conférence le 15 mai à 18h au Gesù - Salle d'Auteuil sur les inspirations de sa pièce Laundry of Legend II. Cette rencontre sera consacrée à L'Apocalypse arabe, œuvre majeure de la poétesse et artiste Etel Adnan. Jassem Hindi y explorera la façon dont ce poème a été perçu comme un manifeste politique et artistique, ainsi que sa démarche pour transposer les références et réponses de la culture occidentale vers les pratiques imaginatives de l’Asie de l’Ouest.

Le 16 mai au Gesù - Amphithéâtre à 20h, co-présenté avec le Centre Kabir et le Gesù – Centre de créativité, le public est invité à découvrir les Soeurs Sarod, une soirée musicale enchantée avec Troilee Dutta et Moisilee Dutta, accompagné par le joueur du tabla, Indranil Mallick. Ensemble, ces trois musicien·nes transporteront le public dans un voyage à travers le monde riche de la musique classique indienne.

Le 18 mai à La Cabane, le collectif Super Boat People est de retour pour proposer deux Ateliers de cuisine cambodgienne et laotienne : le premier à 10h et le second à 16h. Ces ateliers seront co-animés par Rémy Chhem et Chanthavilack Pankham (Alpha), et seront suivis d’un repas collectif. Une belle occasion de plonger dans ces deux univers culinaires encore peu connus.

Le 20 mai, à 19h, à la Cité-des-Hospitalières - Rangshala Studio, le festival et la compagnie Teesri Duniya Theatre présentent une Lecture théâtrale de Dhara’s Revenge écrite par Rahul Varma et mise en scène par Lib Spry. Cette lecture comique en anglais mettra en scène 8 interprètes pour une soirée remplie de scandales et d’émotions. 



A la suite de sa conférence, l’artiste Jassem Hindi, accompagné de ses danseurs Justin de Luna, Clara Furey et Simon Portigal, seront en scène le 23 mai à 21h et le 24 mai à 16h, à Espace libre. Présentée pour la deuxième fois à Montréal, la pièce Laundry of Legend II s’inspire de L'Apocalypse arabe, un poème d’adieu de la défunte poétesse libanaise Etel Adnan. L’œuvre se présente comme un oracle temporel, nourri par la mort et transformé par les corps dansants, offrant une expérience artistique puissante et émouvante.

Le 25 mai à 15h, à la Place des Arts - Salon Urbain, Festival Champa et Festival Accès Asie invite à un Atelier de professionnalisation. À travers une discussion ouverte entre trois professionnel·les/artistes du milieu – Charo Foo Tai Wei, Khosro Berahmandi et Sarah-Yang Baud –, le public découvrira les expériences professionnelles et artistiques des intervenants·es, en abordant la portée humaine du métier d’artiste, la manière de construire sa direction artistique, comment intégrer sa vie personnelle à son travail lorsque l'art fait partie intégrante de la vie, et comment trouver un équilibre entre ces différents aspects.

Puis, le festival et CanAsian Dance présenteront Mélange Mystique, une résidence de création unique réunissant deux artistes : Allegra Hu et Simran Sachar, issus·es de disciplines de danse différentes. Pendant une semaine, ces danseur·ses exploreront ensemble de nouvelles formes d’expression et d’échange en studio. Cette immersion créative aboutira à une présentation informelle suivie d’une discussion avec le public le 29 mai à 17h, à Anti-Space (318-5425 Casgrain).

Le 30 mai à 18h, 19h45 et 21h30, le Cinéma Moderne accueillera la 2e édition d’Asiate en court, une compétition de courts métrages commissariée par Laurence Ly et Dédé Chen. Cet événement met en lumière les voix d’artistes d’origine asiatique et vise à encourager et promouvoir leurs visions dans leur parcours artistique à Montréal, au Québec et au Canada. Parmi les participants, certains auront la chance de remporter le Grand Prix du meilleur court métrage d’origine asiatique, ainsi que des prix Coup de cœur canadien et québécois, des mentions honorables et un prix de diffusion, grâce à l’appui de nombreux partenaires de l’événement.


Enfin, pour clôre cette 30e édition, le Festival Accès Asie présentera sa Fête de clôture aux Jardins Gamelin le 31 mai de 17h à 22h. Cette soirée, en partenariat avec l'événement C'est ma toune de l'artiste Mystique et le Quartier des spectacles, mettra à l’honneur le waacking. La soirée débutera par un atelier ouvert à tous.tes, gratuit et de tous les niveaux, pour découvrir ce style expressif et puissant avec la danseuse Simziez, venant tout droit de Vancouver. En deuxième partie de soirée, Drama, Komodo, La Nuit, Simziez, Tales et To Channel se retrouveront pour une exhibition battle de waacking exceptionnelle. L'événement sera animé par Doni-B, et l’ambiance musicale sera assurée par la DJ Fly Lady Di avec ses mix énergiques, plongeant la foule dans une atmosphère disco et festive. 

Bande-annonce – 30e édition

Toutes les informations sur la programmation sur accesasie.com


À propos du Festival Accès Asie - Soulignant le mois du patrimoine asiatique en mai à Tiohtiá:ke-Mooniyang-Montréal, le Festival Accès Asie est un festival artistique, interdisciplinaire, rassembleur, engagé et festif, qui dure un mois. Il amplifie les voix et les pratiques des artistes originaires du continent asiatique et de sa diaspora à travers une grande variété de champs de pratiques, incluant les arts de la scène, les arts visuels et médiatiques, les arts littéraires, les arts interdisciplinaires et les arts culinaires.

À propos du Réseau artistique CanAsie - Le Réseau artistique CanAsie souhaite relier les artistes canado-asiatiques et l’industrie culturelle afin d’accroître l’équité et la représentation dans le domaine des arts. C'est un espace permettant aux artistes de se rassembler, d’échanger et de créer.

Mot du directeur artistique du Festival Accès Asie - Ziya Tabassian


CALENDRIER DES ACTIVITÉS

• 24 avril au 28 mai [gratuit] | நாம் : Le divin peut-il parler ?  | Vernissage 4 mai, 15h, Brintha Koneshachandra | Arts visuels | Gesù - Hall

• 1er mai, 17h [gratuit] | Cocktail d’ouverture | Conseil des arts de Montréal

• 3 au 6 mai [15-32$] |Programme double : slip away & Yearning | Danse | Samantha Sutherland et Charo Foo Tai Wei | Tangente - Espace Vert

• 3 mai au 14 juin [gratuit] | to a still moment repeated | Vernissage 3 mai, 15h | Arts médiatiques | Charlie Khalil Prince OBORO

• 3 mai au 14 juin [gratuit] |  30 ans d’Asie sans frontière | Arts visuels | Vernissage 3 mai, 15h | Festival Accès Asie | OBORO

• 8 mai, 20h [gratuit] | CanAsian Arts On the Move | Pluridisciplinaire | En ligne

• 9 mai, 20h30 [22-30$] | Niveau 30 : Bahay remix | Musique – DJ | Bahay Collective | Sala Rossa

• 10 mai, 14h [gratuit] | POJA GI | Arts médiatiques | kimura byol lemoine | OBORO

•  11 mai, 14h [gratuit] | Gruffalo (spectacle et atelier) | Théâtre de marionnettes | Valise théâtre | Maison de la culture du Plateau Mont-Royal

• 14 mai, 17h [gratuit] | Identités en mouvement | Discussion | Tau S Bui, Kim Sanh-Châu et Claudia Chan Tak | Usine C

• 15 mai, 16h [gratuit] | Conférence sur Etel Adnan | Jassem Hindi | Gesù - Salle d'Auteuil

• 16 mai, 20h [30$] | Les Sœurs Sarod | Musique | Sarod Sisters | Gesù – Amphithéâtre

• 17 mai, 14h [gratuit] | Conférence et visite commentée to a still moment repeated | Charlie Khalil Prince | OBORO

• 18 mai, 11h et 16h [60$] | Atelier de cuisine laotienne et cambodgienne | Arts culinaires | Super Boat People | La Cabane

 20 mai, 19h [15$] | Staged Reading of Dhara’s Revenge | Théâtre | Teesri Duniya Theatre | Cité-des-Hospitalières, Rangshala studio

• 23 et 24 mai [35$] | Laundry of Legends II | Danse | Jassem Hindi | Espace Libre 

• 25 mai, 15h [gratuit] | Atelier de professionnalisation | Charo Foo Tai Wei, Khosro Berahmandi et Sarah-Yang Baud | Place-des-Arts - Salon Urbain

• 29 mai, 17h [prix libre] | Mélange Mystique | Danse | Allegra Hu et Simran Sachar | Anti-space

• 30 mai, 18h, 19h45, 21h30 [16$] | Asiate en court, 2e édition | Cinéma | Cinéma Moderne

• 31 mai, 17h [gratuit] | Fête de clôture - spécial waacking | Danse et DJ | Atelier et exhibition battle | Jardins Gamelin

 

Mondes et merveilles : le voyage surréaliste d'Alan Glass • MBAMTL > 28 septembre 2025

Vue de l’exposition Mondes et merveilles : le voyage surréaliste d’Alan Glass. © Succession Alan Glass, 2025. Photo MBAM, Julie Ciot

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Le surréalisme, né des cendres du Dadaïsme et nourri des théories freudiennes, s’affirme dans l’entre-deux-guerres comme une quête effrénée de l’inconscient. Héritier du chaos de 1914-1918, il rejette frontalement la logique bourgeoise et les carcans rationnels. Sous l’impulsion d’André Breton, qui publie en 1924 le Manifeste du surréalisme, le mouvement se veut libération psychique et artistique. Les rêves, l’absurde, l’automatisme deviennent les armes d’une subversion poétique. Peintres, écrivains, cinéastes s’y engagent avec ferveur, transcendant les disciplines pour mieux bousculer le réel. Le surréalisme, ainsi, se fait miroir brisé d’un monde en crise, et chantre visionnaire de l’imaginaire sans frontières.

Alan Glass dans son atelier de la rue Tabasco, à Mexico, en 2006. Photo Daniel de Laborde
Le dialogue entre le surréalisme européen et les cultures mexicaines marque l’un des chapitres les plus féconds de l’histoire de l’art moderne. Fascinés par le syncrétisme mexicain, les surréalistes y découvrent un imaginaire où l’inconscient s’exprime sans censure, à travers mythes, rituels et visions. Le "rêve mexicain", comme le nommera Breton, devient un catalyseur artistique. Frida Kahlo, bien que réticente à l’étiquette, incarne ce lien par ses œuvres viscérales, tandis que Leonora Carrington y forge une mythologie personnelle, nourrie de symboles préhispaniques. Le Mexique, creuset de révolutions et de spiritualité, devient ainsi une terre d’élection pour un surréalisme réinventé.

Artiste inclassable et alchimiste du quotidien, Alan Glass (1932–2023) transfigure objets trouvés et images sacrées en mondes miniatures d’une poésie fulgurante. Élève d’Alfred Pellan, il séjourne ensuite en Europe où il côtoie les figures du surréalisme, avant d’ancrer son œuvre au Mexique. Mondes et merveilles, première rétrospective canadienne consacrée à ce Montréalais de naissance et Mexicain d’adoption, révèle l’éclat onirique d’une œuvre nourrie par le surréalisme, la mémoire et l’émerveillement.

Dès l’ouverture de l’exposition, les dessins au stylo bille témoignent de l’empreinte de l’automatisme, cher à Borduas, contemporain d’Alan Glass. Dans ces tracés fins et minutieux, déjà, affleure une sensibilité singulière où l’on devine l’éveil d’un imaginaire surréaliste. Une salle entière consacrée aux Déesses dévoile une série d’œuvres aux teintes pâles et évanescentes, empreintes d’un symbolisme subtil. Ici, la peinture devient un vecteur d’élévation, nourrie des doctrines ésotériques et d’une quête de lumière intérieure. À mesure que l’on avance, l’exposition devient un parcours initiatique. Les célèbres boîtes de Glass, véritables microcosmes oniriques, parlent un langage muet mais universel. Objets sacrés ou banals, collectés au fil du temps, y forment des assemblages mystérieux, presque magiques. Chaque pièce semble vibrer, chargée d’une aura spirituelle. Plus qu’un simple hommage, Mondes et merveilles révèle un artiste chamane, guidé par l’émerveillement et la recherche d’une vérité enfouie dans les plis du réel.

VIDÉOS : 




CRÉDITS Une exposition organisée par le Museo del Palacio de Bellas Artes, Mexico, en collaboration avec le Musée des beaux-arts de Montréal.  
COMMISSARIAT Le commissariat est assuré par Abigail Susik et Kristoffer Noheden, commissaires invités, Xavier de la Riva, ancien conservateur en chef du Museo del Palacio de Bellas Artes, Mexico, Joshua Sánchez, conservateur en chef du Museo del Palacio de Bellas Artes, et Elisabeth Otto, conservatrice adjointe de l'art québécois et canadien, MBAM.  
PUBLICATION L'exposition est accompagnée d'une publication publiée par les Éditions scientifiques du MBAM. Vendu en exclusivité à la Boutique-Librairie du Musée, cet ouvrage illustré en édition bilingue (français et anglais) réunit des essais signés Kristoffer Noheden, Elisabeth Otto, Xavier de la Riva, Joshua Sánchez et Abigail Susik, qui permettent d'en apprendre davantage sur l'œuvre et le lieu de création de cet artiste considéré comme l'un des derniers ambassadeurs du mouvement surréaliste.

LENA GHIO   

Alan Glass (1932-2023), Sans titre, 1968. MBAM, don de Guy Fournier. © Succession Alan Glass, 2025. Photo MBAM, Jean-François Brière


Thursday, April 17, 2025

EXPOSITION À NE PAS MANQUER À L'AFFICHE JUSQU'AU 4 MAI 2025

Mes œuvres préférées de cette artiste pluridisciplinaire se trouvaient à la fin de l’exposition. Elles me touchent particulièrement, car elles éveillent en moi un sentiment de magie. En haut: Artiste Ardente / huile sur toile / 1983

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Travailler la matière /
huile sur toile /
1990-1991


Joyce Wieland : à cœur battant – Une rétrospective qui remue l’âme et éveille les consciences

Il est des expositions qui effleurent l’œil, caressent la mémoire. Et il en est d’autres, plus rares, qui traversent le cœur et réveillent la conscience. Joyce Wieland : À cœur battant, présentée au Musée des beaux-arts de Montréal, appartient sans conteste à cette seconde catégorie. Plus qu’un hommage, c’est un sursaut. Une piqûre de rappel nécessaire à une époque qui a trop vite oublié la portée subversive et lumineuse de cette artiste immense.

Wieland, c’est une voix. Une voix de femme, d’abord, dans un siècle qui les a trop souvent réduites au silence. Une voix d’artiste libre, féministe, écologiste, mordante et poétique, qui a osé infiltrer les langages dominants – ceux du cinéma, de la peinture, du textile, de la satire politique – pour mieux les renverser de l’intérieur. En redonnant vie à plus de cent œuvres protéiformes, cette rétrospective ravive le feu d’une créatrice qui a fait de la tendresse une arme et de l’humour, un scalpel.

L'exposition aurait pu, sans peine, verser dans la nostalgie polie ou l'hommage consensuel. Mais non. Malgré quelques manques regrettables – l'absence de certains films clés, des prises de position édulcorées – elle réussit l'essentiel : nous rappeler que l’art peut être plus qu’un miroir, qu’il peut être un tremblement. À travers « La fibre politique », section aussi audacieuse que poignante, Wieland revient hanter le présent. Elle parle du Canada, oui, mais surtout de tous les lieux en nous qui luttent encore pour se libérer. Elle évoque l’arrogance impériale, la violence symbolique du nationalisme, l’utopie d’un Nord qui s’appartient, les visages oubliés de la révolte.

Comment ne pas être ému en découvrant ces œuvres textiles, cousues comme des cris d’amour et de colère à la fois ? Comment ne pas frissonner devant cette vidéo de Pierre Vallières, tronquée mais toujours vibrante, où la mémoire militante affleure malgré les silences imposés ? Joyce Wieland ne choisissait pas entre l’esthétique et le politique : elle les mariait dans un rituel de guérilla créative. Elle tordait les symboles, chantait les contradictions, sculptait dans le kitsch la possibilité d’un sens.

Oui, cette rétrospective aurait pu être plus radicale. Oui, elle aurait gagné à réintégrer Rat Life and Diet in North America, ce pamphlet cinématographique hilarant et accablant. Mais même dans ses silences, l’œuvre de Wieland crie encore. Elle nous regarde, elle nous juge parfois, elle nous espère surtout. Car le combat qu’elle menait – pour la justice, pour l’autonomie, pour l’imagination – n’a jamais été aussi actuel.

À cœur battant, le titre semble doux. Mais il bat fort. Il bat vrai. Il nous invite à sentir, à penser, à résister. En sortant de l’exposition, on ne peut s’empêcher de penser : Et si nous étions, nous aussi, un peu Wieland ?

Alors, allez-y. Vous avez jusqu'au 4 mai pour vous laissez traverser. Et surtout, écoutez battre ce cœur.

Un catalogue merveilleux accompagne l'exposition. 

Commissaires : Anne Grace, du MBAM, et Georgiana Uhlyarik, du Musée des beaux-arts de l’Ontario.

LENA GHIO   

Caribou de Tundra / tissu, fil, bourre / 1977-1978