Tuesday, July 1, 2025

LUMIÈRE, L’AVENTURE CONTINUE de Thierry Frémaux au Cinéma cette semaine

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LUMIÈRE, L’AVENTURE CONTINUE

Par-delà le temps, un émerveillement intact

Il y a des films qui vous captivent par leur récit, d’autres par leurs performances d’acteurs ou leur virtuosité technique. Et puis, il y a Lumière, l’aventure continue !, qui touche à autre chose : la mémoire collective, la beauté du geste inaugural, l’humanité partagée. Dans ce second volet de son hommage passionné aux frères Lumière, Thierry Frémaux réussit à nouveau l’impossible : rendre vivant un cinéma vieux de 130 ans, sans le figer dans la vitrine du musée.


PHOTO FOURNIE PAR AXIA FILMS // Extrait de Lumière, l’aventure continue !, de Thierry Frémaux

Le film est constitué exclusivement de vues tournées entre 1895 et 1905 – 120 courts films de 50 secondes chacun, restaurés avec un soin presque amoureux. Il ne s’agit pas ici d’un montage historique figé, mais d’un voyage fluide, curieusement moderne, qui nous invite à redécouvrir un monde encore jeune du regard. En choisissant des films moins connus, parfois même oubliés, Frémaux propose une plongée poétique dans le quotidien de la fin du XIXe siècle, avec son lot d’instants drôles, émouvants, cocasses, voire troublants.

PHOTO FOURNIE PAR AXIA FILMS // Extrait de Lumière, l’aventure continue !, de Thierry Frémaux

La narration de Frémaux, toujours présente mais jamais pesante, accompagne ces images comme une main tendue au spectateur. Il ne commente pas pour expliquer, mais pour transmettre son émerveillement. Et on le comprend. Comment ne pas frissonner devant l’innocence d’un enfant regardant la caméra, ou la lumière rasante d’une fin d’après-midi filmée à Alger en 1900 ? Il y a là une sensation rare : celle de contempler à la fois l’origine et l’aboutissement du cinéma, comme si tout – déjà – était là. Le mouvement, le cadre, le rythme, l’intuition du hors-champ.

PHOTO FOURNIE PAR AXIA FILMS // Extrait de Lumière, l’aventure continue !, de Thierry Frémaux

Le film agit comme une machine à remonter le temps, mais pas au sens spectaculaire. C’est une traversée intimiste, presque tactile. Le grain de l’image restaurée, la gestuelle des corps, les décors urbains d’une Europe disparue : tout éveille en nous une forme de nostalgie douce, d’autant plus bouleversante que ces gens filmés, comme le disait Agnès Varda, « ce ne sont pas nos ancêtres… c’est nous ». Ce sont les gestes universels, les regards vers l’objectif, les instants volés à l’éternité qui nous ramènent à cette vérité simple et bouleversante : le cinéma est un miroir vivant de l’humanité.

Avec Lumière, l’aventure continue !, Thierry Frémaux poursuit bien plus qu’un travail de conservation. Il perpétue un acte de foi dans le pouvoir du cinéma : celui de rassembler, d’émerveiller, de transmettre. À l’heure des plateformes et des écrans solitaires, il nous rappelle que la plus grande invention des frères Lumière n’était pas technique, mais philosophique : le plaisir d’être ensemble dans une salle, face à un écran, pour voir le monde.

Un film précieux, modeste et gigantesque à la fois. À voir en salle, bien sûr.

LENA GHIO   

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